« Amour Secret » de Victor Hugo

Amour

Amour Secret

Ô toi d’où me vient ma pensée,
Sois fière devant le Seigneur !
Relève ta tête abaissée,
Ô toi d’où me vient mon bonheur !

Quand je traverse cette lieue
Qui nous sépare, au sein des nuits,
Ta patrie étoilée et bleue
Rayonne à mes yeux éblouis.

C’est l’heure où cent lampes en flammes
Brillent aux célestes plafonds ;
L’heure où les astres et les âmes
Échangent des regards profonds.

Je sonde alors ta destinée,
Je songe à toi, qui viens des cieux,
A toi, grande âme emprisonnée,
A toi, grand cœur mystérieux !

Noble femme, reine asservie,
Je rêve à ce sort envieux
Qui met tant d’ombre dans ta vie,
Tant de lumière dans tes yeux

Moi, je te connais tout entière
Et je te contemple à genoux ;
Mais autour de tant de lumière
Pourquoi tant d’ombre, ô sort jaloux ?

Dieu lui donna tout, hors l’aumône
Qu’il fait à tous dans sa bonté ;
Le ciel qui lui devait un trône
Lui refusa la liberté.

Oui, ton aile, que le bocage,
Que l’air joyeux réclame en vain,
Se brise aux barreaux d’une cage,
Pauvre grande âme, oiseau divin !
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« à aimer quelqu’un…… » de Pierre-Fernand Crasset Mauviel

Portrait en noir et blanc d'une jeune femme

À aimer quelqu’un

à aimer quelqu’un en secret
Voilà le passe-temps discret
Du chançard, direz-vous, en chœur
Hélas, mes amis, pour mon cœur
Un dilemme, parfois, des regrets

Car l’Amour fait fi des décrets
Tout cœur à ce jeu se soumet
Sans penser, presque sans rancœur
à aimer quelqu’un (en secret )

Souhaitant un pardon discret
Faites grâce à ce Pierre Crasset
Porté par l’élan de son cœur
Sa conduite, il le sait, écœure
Car toujours, il est encor prêt
à aimer quelqu’un (en secret )

Pierre-Fernand Crasset Mauviel

« Un Secret » – Félix Arvers

Un Secret

Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,
Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.

Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.
Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,
N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.

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