« Till the end » par Nora Gaspard

Boudoir

Till the End

J’aime regarder ton corps nu, ton sexe timide parfois. J’aime le reflet de la lumière sur ta peau, la fragilité qu’on devine sous la carcasse d’acier, j’aime le doux de tes reins et ta pudeur, qui affleure entre deux audaces. 

Par-dessus tout, j’aime jouir de toi. De ta bouche entre mes lèvres, et langue délicate qui sillonne ma chair. De tes doigts qui s’agitent au velours de mon ventre. 

J’aime attendre. Comme maintenant. J’attends. Je te lis des histoires, des fantaisies érotiques, de belles lettres ou de putrides pamphlets, j’y mets toute mon âme, l’emphase de l’amante, la tendresse de la vierge, la folie de l’épouse. Je te murmure les mots crus au creux de l’oreille. Bande, mon amour, bande.  Et je regarde ta chair grandir comme une fleur s’ouvre. Le sang qui afflue, gonfle ta queue, redresse la hampe. Le gland qui rougit, entre la peau fine et plissée de ton sexe entier. Il prend son temps, le bougre, et cela m’émeut chaque jour un peu plus. Te souviens-tu de notre folie dévorante, les débuts de l’amour, et la vie pour décor ? Rien ne nous arrêtait. Ta vigueur douce, mon appétit de plaisir, le vin, la bonne chère, la certitude. Chaque jouissance était une évidence, un ballet joyeux dans la forêt, un tango enflammé sous la lune. 

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« Tu me veux sensuelle » par Les Mots de la Passion

Tu me veux sensuelle

Tu me veux sensuelle, et je me veux à toi
Je serai ta rebelle, pour ce que tu voudras
Je m’en irai au ciel, comme tu m’enverras
Je servirai mon miel, comme tu le prendras

Tu me veux très jolie, et je me veux à toi
Je serai ta folie, pour ce que tu voudras
Je t’offrirai mes cris, quand tu me délieras
Je serai en transe, quand tu me lâcheras

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« Au Peuple » de Victor Hugo

La Liberté guidant le Peuple de Delacroix

Au Peuple

Il te ressemble ; il est terrible et pacifique.
Il est sous l’infini le niveau magnifique ;
Il a le mouvement, il a l’immensité.
Apaisé d’un rayon et d’un souffle agité,
Tantôt c’est l’harmonie et tantôt le cri rauque.
Les monstres sont à l’aise en sa profondeur glauque ;
La trombe y germe ; il a des gouffres inconnus
D’où ceux qui l’ont bravé ne sont pas revenus ;
Sur son énormité le colosse chavire ;
Comme toi le despote il brise le navire ; Continuer la lecture de « « Au Peuple » de Victor Hugo »

« Le Loup et l’agneau » de Jean de la Fontaine

Le Loup et l'agneau

Le Loup et l’agneau

Fable de La Fontaine

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.
Un agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.
Un loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
« Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? Continuer la lecture de « « Le Loup et l’agneau » de Jean de la Fontaine »

« Aux Murs » de Nora Gaspard

Chateaux et Murs

Tu es là. Tu es toujours là. Je regarde par la fenêtre, et l’eau me raconte toi. Comment tu glisses sur ma peau, les nuits d’étoiles, comment tu rêves et tu oublies, comment le ciel te rend si belle quand il fait nuit.

Tu coules dans mes veines. Tu berces mes nuits. Tu es la maman, caressante au petit matin, et la putain magnifique que je piétine en tous sens, quand je glisse dans tes plis, marquant ton corps de la pointe du talon, insatiable et violente.

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« Le sang de poule chasse les fantômes » par Nora Gaspard

Poule dnas un bureau

Le sang de poule chasse les fantômes

Il y a ces spectacles, ces films, ces soirées, qui te secouent du dedans, réclament des mots, provoquent des réactions, de ces épidermiques hystéries, tu ne sais pas vraiment pourquoi, un peu de toi vient de s’effondrer.

Il faut sortir d’ici. Vite. Sourire un peu, être polie, ne pas partir trop vite pour ne pas donner l’alarme, mais dehors, respirer, la nuit pluvieuse et l’obscurité. Si je fumais, je pense que j’en grillerais deux trois, comme pour me rassurer, ce n’est pas la peur qui me tuera.

Alors je suis allée voir, logique, je prépare un festival sur l’amour et le sexe, je dois voir ça. Sauf que je ne vais pas voir tout ce qui aborde l’érotisme de près ou de loin. Mais il y a de ces instincts, la petite voix qui dit Vazy. On s’en fout que t’aimes pas les gens, que c’est vendredi tu es fatiguée, il y a tant à préparer pour le Love & Sex Festival… Vazy. Alors.

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Vers le Cloître par Émile Verhaeren

Abbaye du Mont Saint Michel, le cloître.

Vers le cloître

Émile Verhaeren

Je rêve une existence en un cloître de fer,
Brûlée au jeûne et sèche et râpée aux cilices,
Où l’on abolirait, en de muets supplices,
Par seule ardeur de l’âme, enfin, toute la chair.

Sauvage horreur de soi si mornement sentie !
Quand notre corps nous boude et que nos nerfs, la nuit,
Jettent sur nos vouloirs leur cagoule d’ennui,
Ou brusquement nous arrachent à l’inertie.

Dites, ces pleurs, ces cris et cette peur du soir !
Dites, ces plombs de maladie en tous les membres,
Et la lourde torpeur des morbides novembres,
Et le dégoût de se toucher et de se voir ?

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