Poème sensuel de Charles Baudelaire

Boudoir

J’aime le souvenir de ces époques nues,
Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues.
Alors l’homme et la femme en leur agilité
Jouissaient sans mensonge et sans anxiété,
Et, le ciel amoureux leur caressant l’échine,
Exerçaient la santé de leur noble machine.
Cybèle alors, fertile en produits généreux,
Ne trouvait point ses fils un poids trop onéreux,
Mais, louve au cœur gonflé de tendresses communes,
Abreuvait l’univers à ses tétines brunes.
L’homme, élégant, robuste et fort, avait le droit
D’être fier des beautés qui le nommaient leur roi ;
Fruits purs de tout outrage et vierges de gerçures,
Dont la chair lisse et ferme appelait les morsures !

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« La Guerre » de Louise-Victorine Ackermann

La Guerre

I

Du fer, du feu, du sang ! C’est elle ! c’est la Guerre
Debout, le bras levé, superbe en sa colère,
Animant le combat d’un geste souverain.
Aux éclats de sa voix s’ébranlent les armées ;
Autour d’elle traçant des lignes enflammées,
Les canons ont ouvert leurs entrailles d’airain.

Partout chars, cavaliers, chevaux, masse mouvante !
En ce flux et reflux, sur cette mer vivante,
A son appel ardent l’épouvante s’abat.
Sous sa main qui frémit, en ses desseins féroces,
Pour aider et fournir aux massacres atroces
Toute matière est arme, et tout homme soldat.

Puis, quand elle a repu ses yeux et ses oreilles
De spectacles navrants, de rumeurs sans pareilles,
Quand un peuple agonise en son tombeau couché,
Pâle sous ses lauriers, l’âme d’orgueil remplie,
Devant l’œuvre achevée et la tâche accomplie,
Triomphante elle crie à la Mort: « Bien fauché ! »

Oui, bien fauché ! Vraiment la récolte est superbe ;
Pas un sillon qui n’ait des cadavres pour gerbe !
Les plus beaux, les plus forts sont les premiers frappés.
Sur son sein dévasté qui saigne et qui frissonne
L’Humanité, semblable au champ que l’on moissonne,
Contemple avec douleur tous ces épis coupés.

Hélas ! au gré du vent et sous sa douce haleine
Ils ondulaient au loin, des coteaux à la plaine,
Sur la tige encor verte attendant leur saison.
Le soleil leur versait ses rayons magnifiques ;
Riches de leur trésor, sous les cieux pacifiques,
Ils auraient pu mûrir pour une autre moisson.

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Kiwibook, la librairie en ligne qui vous offre des livres gratuits

Livres d'occasion

Bonjour !

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui je ne vais pas vous parler poèmes, et vous proposer un poème d’amour tiré d’un auteur classique renommé ou d’un poète amateur, mais je voudrais vous proposer de parler de Kiwibook !

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« Le Diable Ermite » par Émile Zola

Diable Ermite

Le Diable Ermite

J’estime qu’un conte badin,
En hiver, par un temps de pluie,
Lorsqu’on se chauffe et qu’on s’ennuie,
Est un remède souverain
Pour chasser la mélancolie.
Le corps perdu dans le duvet,
Et les deux pieds sur un chenet,
On regarde briller la flamme ;
Et, par le doux conte bercé,
On entend chanter dans son âme
Quelque souvenir effacé
Ou quelque rêve caressé.
— Hélas ! chère et tendre madame,
Puisque d’éternelles amours
N’ont duré que quinze grands jours ;
Puisque d’hier le gai sourire
A fait place au long bâillement ;
Et que votre cœur qui soupire,

Toujours trompé, toujours trompant,
En est déjà, pour se distraire,
A regretter quelque misère,
A souhaiter quelque tourment :
Approchez-vous du feu, ma mie ;
Au bruit du vent et de la pluie,
Écoutez ce récit galant ;
Et, dans un sourire peut-être,
Nous verrons nos baisers renaître,
Nos amoureux baisers d’antan.
Un saint ermite de Boccace
But et mangea si bien un jour,
Qu’il en resta mort sur la place.
De tous les moines d’alentour,
Notre frère, défunt Pancrace
Était certes le plus fleuri,
Le plus rond, le plus rebondi.
Sur sa vermeille et large face,
Grosses lèvres, regards brillants,
On lisait que l’excellent père
Ne boudait pas contre son verre,
Moins encor contre les seins blancs
D’une mignonne de seize ans.

Las ! l’honneur de la confrérie,
Là gloire et la fleur du courent

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« Till the end » par Nora Gaspard

Boudoir

Till the End

J’aime regarder ton corps nu, ton sexe timide parfois. J’aime le reflet de la lumière sur ta peau, la fragilité qu’on devine sous la carcasse d’acier, j’aime le doux de tes reins et ta pudeur, qui affleure entre deux audaces. 

Par-dessus tout, j’aime jouir de toi. De ta bouche entre mes lèvres, et langue délicate qui sillonne ma chair. De tes doigts qui s’agitent au velours de mon ventre. 

J’aime attendre. Comme maintenant. J’attends. Je te lis des histoires, des fantaisies érotiques, de belles lettres ou de putrides pamphlets, j’y mets toute mon âme, l’emphase de l’amante, la tendresse de la vierge, la folie de l’épouse. Je te murmure les mots crus au creux de l’oreille. Bande, mon amour, bande.  Et je regarde ta chair grandir comme une fleur s’ouvre. Le sang qui afflue, gonfle ta queue, redresse la hampe. Le gland qui rougit, entre la peau fine et plissée de ton sexe entier. Il prend son temps, le bougre, et cela m’émeut chaque jour un peu plus. Te souviens-tu de notre folie dévorante, les débuts de l’amour, et la vie pour décor ? Rien ne nous arrêtait. Ta vigueur douce, mon appétit de plaisir, le vin, la bonne chère, la certitude. Chaque jouissance était une évidence, un ballet joyeux dans la forêt, un tango enflammé sous la lune. 

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« Tu me veux sensuelle » par Les Mots de la Passion

Tu me veux sensuelle

Tu me veux sensuelle, et je me veux à toi
Je serai ta rebelle, pour ce que tu voudras
Je m’en irai au ciel, comme tu m’enverras
Je servirai mon miel, comme tu le prendras

Tu me veux très jolie, et je me veux à toi
Je serai ta folie, pour ce que tu voudras
Je t’offrirai mes cris, quand tu me délieras
Je serai en transe, quand tu me lâcheras

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« Au Peuple » de Victor Hugo

La Liberté guidant le Peuple de Delacroix

Au Peuple

Il te ressemble ; il est terrible et pacifique.
Il est sous l’infini le niveau magnifique ;
Il a le mouvement, il a l’immensité.
Apaisé d’un rayon et d’un souffle agité,
Tantôt c’est l’harmonie et tantôt le cri rauque.
Les monstres sont à l’aise en sa profondeur glauque ;
La trombe y germe ; il a des gouffres inconnus
D’où ceux qui l’ont bravé ne sont pas revenus ;
Sur son énormité le colosse chavire ;
Comme toi le despote il brise le navire ; Continuer la lecture de « « Au Peuple » de Victor Hugo »

« Le Loup et l’agneau » de Jean de la Fontaine

Le Loup et l'agneau

Le Loup et l’agneau

Fable de La Fontaine

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.
Un agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.
Un loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
« Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? Continuer la lecture de « « Le Loup et l’agneau » de Jean de la Fontaine »