« Les Stupra » par Arthur Rimbaud

Femme Sexy

Les Stupra

Les anciens animaux saillissaient, même en course,
Avec des glands bardés de sang et d’excrément.
Nos pères étalaient leur membre fièrement
Par le pli de la gaine et le grain de la bourse.

Au moyen âge pour la femelle, ange ou pource,
Il fallait un gaillard de solide grément ;
Même un Kléber, d’après la culotte qui ment
Peut-être un peu, n’a pas dû manquer de ressource. Continuer la lecture de « « Les Stupra » par Arthur Rimbaud »

« Le Désespoir » par Alphonse de Lamartine

Précilia

Le désespoir

Lorsque du Créateur la parole féconde,
Dans une heure fatale, eut enfanté le monde
Des germes du chaos,
De son oeuvre imparfaite il détourna sa face,
Et d’un pied dédaigneux le lançant dans l’espace,
Rentra dans son repos.

Va, dit-il, je te livre à ta propre misère ;
Trop indigne à mes yeux d’amour ou de colère,
Tu n’es rien devant moi.
Roule au gré du hasard dans les déserts du vide ;
Qu’à jamais loin de moi le destin soit ton guide,
Et le Malheur ton roi.

Il dit. Comme un vautour qui plonge sur sa proie,
Le Malheur, à ces mots, pousse, en signe de joie,
Un long gémissement ;
Et pressant l’univers dans sa serre cruelle,
Embrasse pour jamais de sa rage éternelle
L’éternel aliment.

Le mal dès lors régna dans son immense empire ;
Dès lors tout ce qui pense et tout ce qui respire
Commença de souffrir ;
Et la terre, et le ciel, et l’âme, et la matière,
Tout gémit : et la voix de la nature entière
Ne fut qu’un long soupir.

Levez donc vos regards vers les célestes plaines,
Cherchez Dieu dans son oeuvre, invoquez dans vos peines
Ce grand consolateur,
Malheureux ! sa bonté de son oeuvre est absente,
Vous cherchez votre appui ? l’univers vous présente
Votre persécuteur.

De quel nom te nommer, ô fatale puissance ?
Qu’on t’appelle destin, nature, providence,
Inconcevable loi !
Qu’on tremble sous ta main, ou bien qu’on la blasphème,
Soumis ou révolté, qu’on te craigne ou qu’on t’aime,
Toujours, c’est toujours toi !

Hélas ! ainsi que vous j’invoquai l’espérance ;
Mon esprit abusé but avec complaisance
Son philtre empoisonneur ;
C’est elle qui, poussant nos pas dans les abîmes,
De festons et de fleurs couronne les victimes
Qu’elle livre au Malheur. Continuer la lecture de « « Le Désespoir » par Alphonse de Lamartine »

« La Boulangère » Guillaume Apollinaire

Boulangère

La Boulangère

 

Boulangère jadis qui respiriez l’amour
Peloteuse de couilles
Vous souvient-il des années et des jours
Remplis par ma gidouille

Mon jeune braquemart allait aux galions
Que recelaient vos fesses
C’était mon vit mortaise et votre cul tenon
Jointés avec adresses

Le foutre ruisselait par la boulangerie
Où vous étiez captive
Et j’eusse en vain cherché dans la rue des Martyrs
Fesses plus bandatives

Guillaume Apollinaire.

Boulangère
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« Tes mains d’horloger » par Clémence Crozet

Mains

Tes mains d’horloger

Longues et fines, intensément suggestives.
Je les regarde avec envie, les désire avec force.
J’écoute leurs mouvements,
les épie dans le moindre détail.

J’imagine les caresses qu’elles pourraient me faire,
le plaisir qu’elles pourraient me donner.
C’est affreux le supplice que tes mains me font subir,
à rester sages, presque à m’ignorer.

Je rêve de toucher, sucer chacune de tes phalanges.
De les soumettre à mon plaisir,
de les guider sur mon corps,
les perdre dans mon écrin. Continuer la lecture de « « Tes mains d’horloger » par Clémence Crozet »

« Sapho » par Alphonse de Lamartine

Sapho se précipitant à la mer

Sapho

L’aurore se levait, la mer battait la plage ;
Ainsi parla Sapho debout sur le rivage,
Et près d’elle, à genoux, les filles de Lesbos
Se penchaient sur l’abîme et contemplaient les flots :

Fatal rocher, profond abîme !
Je vous aborde sans effroi !
Vous allez à Vénus dérober sa victime :
J’ai méconnu l’amour, l’amour punit mon crime.
Ô Neptune ! tes flots seront plus doux pour moi !
Vois-tu de quelles fleurs j’ai couronné ma tête ?
Vois : ce front, si longtemps chargé de mon ennui,
Orné pour mon trépas comme pour une fête,
Du bandeau solennel étincelle aujourd’hui !

On dit que dans ton sein… mais je ne puis le croire !
On échappe au courroux de l’implacable Amour ;
On dit que, par tes soins, si l’on renaît au jour,
D’une flamme insensée on y perd la mémoire !
Mais de l’abîme, ô dieu ! quel que soit le secours,
Garde-toi, garde-toi de préserver mes jours !
Je ne viens pas chercher dans tes ondes propices
Un oubli passager, vain remède à mes maux !
J’y viens, j’y viens trouver le calme des tombeaux !
Reçois, ô roi des mers, mes joyeux sacrifices !
Et vous, pourquoi ces pleurs ? pourquoi ces vains sanglots ?
Chantez, chantez un hymne, ô vierges de Lesbos !
Continuer la lecture de « « Sapho » par Alphonse de Lamartine »

« Ah ! vous voulez la lune » de Victor Hugo

Lune

Ah ! vous voulez la lune ?

Ah ! vous voulez la lune ? Où ? dans le fond du puits ?
Non ; dans le ciel. Eh bien, essayons. Je ne puis.
Et c’est ainsi toujours. Chers petits, il vous passe
Par l’esprit de vouloir la lune, et dans l’espace
J’étends mes mains, tâchant de prendre au vol Phoebé.
L’adorable hasard d’être aïeul est tombé
Sur ma tête, et m’a fait une douce fêlure. Continuer la lecture de « « Ah ! vous voulez la lune » de Victor Hugo »

Le somme d’Estelle de Giovanni Pontano

Sommeil

Le somme d’Estelle

Seins, Chérie, de toi-même – et tétons – dénudés,
Prenant ma main, tu l’as portée à ta poitrine,
À ma bouche abouchant tes lèvres, tendrement,
Sur mes genoux assise – ô mon fardeau d’amour ! –
M’accolant, de sommeil léger bientôt gagnée,
Contre mon sein tu es, languide, retombée,
Après de longs soupirs fermant tes yeux lassés,
Tandis qu’en ta torpeur s’immisçait le repos.

Empressé, je t’apporte un filet mince d’air,
T’éventant doucement d’une paume efficace.
J’allège ton sommeil en chantant ; mon chant parle
Des amours de Sarnis, des doux secrets de Faune : Continuer la lecture de « Le somme d’Estelle de Giovanni Pontano »