« Je ne chanterai pas très haut ni très longtemps » par Odilon-Jean Périer

Je ne chanterai pas très haut ni très longtemps

Chanter
Absolute Beginners Chanter class par Scots Music

Je ne chanterai pas très haut ni très longtemps.
C’est à mon plaisir seul, à vous que je m’attends
Égalité du coeur, honnête poésie.
Je n’ai rien de meilleur que cette humeur unie,
J’éprouve la couleur le grain de mon papier
Et l’incertain trésor que j’y viens gaspiller.

Toute pleine de moi, page sans bornes, vive
Étendue où respire une blanche captive,
Mon amour est sur toi comme un ciel éclairé.
Je me retrouve ici seul et désaltéré.
J’ai placé mon bonheur dans un calme langage :
J’aime, et jusqu’aux détours, la route où je m’engage.

Il est sur la cité cinq heures du matin
Dont les vapeurs de l’aube ont brouillé le dessin.
Déjà le boulanger quitte son four sonore,
La nuit aux marronniers, pâle, repose encore,
L’espace doucement a reçu les oiseaux
Et la sirène crie au milieu des bateaux. Continuer la lecture de « « Je ne chanterai pas très haut ni très longtemps » par Odilon-Jean Périer »

« Christian » de William Cliff

Christian par Asim Bharwani
Christian par Asim Bharwani

Christian

parfois il s’en venait de ses doigts maladroits
me chercher dans le noir il poussait ses doigts rudes
maltraités de travail griffés d’égratignures
il venait me cherchait pour que je l’aime un peu

alors je l’embrassais ma bouche sur la sienne
déposait les baisers les plus doux je prenais
contre mon corps son corps si lisse et si tranquille
je prenais dans ma bouche ses seins et son sexe

mais bientôt la fatigue vainquit notre étreinte
nous tombions endormis sans que nous ayons pris
jouissance nous tombions au sommeil du monde
où les amants ensemble gisent séparés

pendant six ans il revint dormir près de moi
ensuite il s’éloigna glacial comme une étoile

William Cliff

« Cantiques » par Émile Verhaeren

Cantiques

I

Cantique des Cantiques
« Cantique des Cantiques » par Paul Landowski Par couscouschocolat

Je voudrais posséder pour dire tes splendeurs,
Le plain-chant triomphal des vagues sur les sables,
Ou les poumons géants des vents intarissables ;

Je voudrais dominer les lourds échos grondeurs,
Qui jettent, dans la nuit des paroles étranges,
Pour les faire crier et clamer tes louanges ;

Je voudrais que la mer tout entière chantât,
Et comme un poids le monde élevât sa marée,
Pour te dire superbe et te dresser sacrée ;

Je voudrais que ton nom dans le ciel éclatât,
Comme un feu voyageur et roulât, d’astre en astre,
Avec des bruits d’orage et des heurts de désastre. Continuer la lecture de « « Cantiques » par Émile Verhaeren »

« Les fleurs du clair accueil au long de la muraille » d'Émile Verhaeren

Les fleurs du clair accueil au long de la muraille

Les fleurs du clair accueil au long de la muraille
Ne nous attendent plus quand nous rentrons chez nous,
Et nos étangs soyeux dont l’eau plane s’éraille
Ne se prolongent plus sous les cieux purs et doux.

Tous les oiseaux ont fui nos plaines monotones
Et les pâles brouillards flottent sur les marais.
O ces deux cris : automne, hiver ! hiver, automne !
Entends-tu le bois mort qui choit dans la forêt ? Continuer la lecture de « « Les fleurs du clair accueil au long de la muraille » d'Émile Verhaeren »