Épigramme d'Adaeus

Épigramme

Un Joli Garçon
Un Joli Garçon Par pedroliveira

Quand tu vois un joli garçon,
Surtout ne fais pas de façon,
Attaques-le sans attendre,
Dans son bel endroit le plus tendre,
Et ne lui manque pas de respect,
Mets donc ta main sur son hochet.

Adaeus

« Caligula – Ier chant » de Gérard de Nerval

Caligula – Ier chant

L’hiver s’enfuit ; le printemps embaumé
Revient suivi des Amours et de Flore ;
Aime demain qui n’a jamais aimé,
Qui fut amant, demain le soit encore !

Hiver était le seul maître des temps,
Lorsque Vénus sortit du sein de l’onde ;
Son premier souffle enfanta le printemps,
Et le printemps fit éclore le monde.

L’été brûlant a ses grasses moissons,
Le riche automne a ses treilles encloses,
L’hiver frileux son manteau de glaçons,
Mais le printemps a l’amour et les roses.

L’hiver s’enfuit, le printemps embaumé
Revient suivi des Amours et de Flore ;
Aime demain qui n’a jamais aimé,
Qui fut amant, demain le soit encore !

Gérard de Nerval
« Odelettes »

Caligula
Calígula, Musée du Louvre. Par Sebastià Giralt

« Sur la rive d'un fleuve une nymphe éplorée » de Joachim du Bellay

Sur la rive d’un fleuve une nymphe éplorée

Sur la rive d’un fleuve une nymphe éplorée,
Croisant les bras au ciel avec mille sanglots,
Accordait cette plainte au murmure des flots,
Outrageant son beau teint et sa tresse dorée :

Las, où est maintenant cette face honorée,
Où est cette grandeur et cet antique los,
Où tout l’heur et l’honneur du monde fut enclos,
Quand des hommes j’étais et des dieux adorée ?

N’était-ce pas assez que le discord mutin
M’eût fait de tout le monde un publique butin,
Si cet hydre nouveau, digne de cent Hercules,

Foisonnant en sept chefs de vices monstrueux
Ne m’engendrait encore à ces bords tortueux
Tant de cruels Nérons et tant de Caligules ?

Joachim du Bellay
« Les antiquités de Rome »

Au delà de l'Amour
Misterio Profanado

Poème d'amour Antique (-1290 – -1070 avant JC)

Sept jours, que je n’ai vu la sœur 1 ;
La maladie s’est insinuée en moi.
Mon corps est devenu lourd,
Et j’ai perdu toute conscience
Quand viennent à moi les chefs-médecins,
Je ne puis être calmé de leurs remèdes ;
Les ritualistes, l’issue n’est pas de leurs côtés :
On ne peut discerner ma maladie.
Mais qu’on me dise : le voici ! voilà qui me ferait revivre ;
Qu’on prononce son nom, voilà qui me relèverait.
L’allée et venue de ses messagers,
Voilà qui ferait revivre mon cœur.
La soeur m’est plus bénéfique qu’aucun remède,
Elle m’est plus efficace que la somme médicale
Mon salut : qu’elle entre de l’extérieur ;
Que je l’aperçoive, et je retrouverais la santé.
Qu’elle ouvre les yeux et mon corps rajeunirait,
Qu’elle parle, et je retrouverai la force.
Si je l’enlaçais, elle détournerait le mal de moi,
Mais voici sept jours qu’elle m’a quitté !

Anonyme

1 Le terme de Sœur dans l’Égypte ancienne, désigne l’épouse.

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The Sphinx and the Pyramid of Kephren par Saf’ (Safia Osman)

« Vénus Rustique » – Guy de Maupassant

Vénus Rustique

Les Dieux sont éternels. Il en naît parmi nous
Autant qu’il en naissait dans l’antique Italie,
Mais on ne reste plus des siècles à genoux,
Et, sitôt qu’ils sont morts, le peuple les oublie.
Il en naîtra toujours, et les derniers venus
Régneront malgré tout sur la foule incrédule :
Tous les héros sont faits de la race d’Hercule,
La vieille terre enfante encore des Vénus.

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