« Ballet de madame, de petites nymphes qui mènent l’amour prisonnier. Au roi » de François de Malherbe

Ballet de madame, de petites nymphes qui mènent l’amour prisonnier. Au roi

Dame Helen Mirren
Dame Helen Mirren Par Sougata Ghosh

A la fin tant d’amants dont les âmes blessées
Languissent nuit et jour,
Verront sur leur auteur leurs peines renversées,
Et seront consolés aux dépens de l’Amour.

Ce public ennemi, cette peste du monde,
Que l’erreur des humains
Fait le maître absolu de la terre et de l’onde,
Se treuve à la merci de nos petites mains.

Nous le vous amenons dépouillé de ses armes
O roi, l’astre des rois,
Quittez votre bonté, moquez-vous de ses larmes,
Et lui faites sentir la rigueur de vos lois. Continuer la lecture de « « Ballet de madame, de petites nymphes qui mènent l’amour prisonnier. Au roi » de François de Malherbe »

« Sur la rive d'un fleuve une nymphe éplorée » de Joachim du Bellay

Sur la rive d’un fleuve une nymphe éplorée

Sur la rive d’un fleuve une nymphe éplorée,
Croisant les bras au ciel avec mille sanglots,
Accordait cette plainte au murmure des flots,
Outrageant son beau teint et sa tresse dorée :

Las, où est maintenant cette face honorée,
Où est cette grandeur et cet antique los,
Où tout l’heur et l’honneur du monde fut enclos,
Quand des hommes j’étais et des dieux adorée ?

N’était-ce pas assez que le discord mutin
M’eût fait de tout le monde un publique butin,
Si cet hydre nouveau, digne de cent Hercules,

Foisonnant en sept chefs de vices monstrueux
Ne m’engendrait encore à ces bords tortueux
Tant de cruels Nérons et tant de Caligules ?

Joachim du Bellay
« Les antiquités de Rome »

Au delà de l'Amour
Misterio Profanado

« Que me fuis-tu ? Mille Nymphes me cherchent » de Marc Claude de Buttet

Que me fuis-tu ? Mille Nymphes me cherchent 
Les Muses m’ont apporté leurs presens,
J’ay de Venus les verds myrtes plaisans,
J’ay de Phebus les lauriers qui ne sechent.

Cruelle, au moins si tels biens ne t’allechent,
Si mon amour, si mes soucis pesans,
Pren, pren pitié de ces miens jeunes ans,
Qui comme l’herbe au soleil se dessechent.

Mais que me vaut tant estre de dueil plein ?
Si mon erreur ne prophetise en vain,
Si d’Apollon sont les fureurs certeines,

Un jour viendra qu’apres mon mal passé
Sur ton giron doucement renversé,
Tes doux baisers me pairont de mes peines.

Marc Claude de Buttet
« L’Amalthée »

 

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water nymphe par AlicePopkorn – on retreat