Nouvelle érotique « Mots Croisés » par un poète amateur

crop faceless woman sitting gracefully in car passenger seat

MOTS CROISÉS

Installé à ma place réservée du T.G.V., côté fenêtre, j’attendais le départ de la rame. Je prends toujours, lorsque cela est possible, une réservation près de la baie vitrée. J’adore regarder les paysages qui défilent. Contrairement à ce que l’on pourrait croire et malgré la vitesse du train, le voyageur a le temps d’admirer à travers le double vitrage sécurité, la vue qui s’offre à son regard. C’est aussi l’emplacement idéal, la fenêtre, pour ne pas être dérangé et pour avoir les yeux occupés. On évite d’observer la personne assise sur le siège attenant au votre, ou à lorgner le titre du livre qu’elle lit, ou les images de la revue qu’elle a grand ouverte sur ses genoux, ou son ordinateur portable. La fenêtre, dans un train, vous permet d’éviter  les autres, de vous isoler, de rêver, d’être à l’extérieur.

La canicule inondait d’une chaleur étouffante la ville ce jour d’été. Le train, malgré la climatisation, était particulièrement chaud. La plupart des voyageurs en tenue légère suffoquaient dans l’air moite. Je m’étais habillé d’une chemisette et d’un bermuda.

Le train patientait à quai en gare de Paris Montparnasse. Dans quelques minutes, il s’ébranlerait pour la destination de Nantes. De mon sac à dos, je sortis un magazine de mots croisés et je commençai à remplir les cases lorsqu’elle est arrivée.

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« Till the end » par Nora Gaspard

Boudoir

Till the End

J’aime regarder ton corps nu, ton sexe timide parfois. J’aime le reflet de la lumière sur ta peau, la fragilité qu’on devine sous la carcasse d’acier, j’aime le doux de tes reins et ta pudeur, qui affleure entre deux audaces. 

Par-dessus tout, j’aime jouir de toi. De ta bouche entre mes lèvres, et langue délicate qui sillonne ma chair. De tes doigts qui s’agitent au velours de mon ventre. 

J’aime attendre. Comme maintenant. J’attends. Je te lis des histoires, des fantaisies érotiques, de belles lettres ou de putrides pamphlets, j’y mets toute mon âme, l’emphase de l’amante, la tendresse de la vierge, la folie de l’épouse. Je te murmure les mots crus au creux de l’oreille. Bande, mon amour, bande.  Et je regarde ta chair grandir comme une fleur s’ouvre. Le sang qui afflue, gonfle ta queue, redresse la hampe. Le gland qui rougit, entre la peau fine et plissée de ton sexe entier. Il prend son temps, le bougre, et cela m’émeut chaque jour un peu plus. Te souviens-tu de notre folie dévorante, les débuts de l’amour, et la vie pour décor ? Rien ne nous arrêtait. Ta vigueur douce, mon appétit de plaisir, le vin, la bonne chère, la certitude. Chaque jouissance était une évidence, un ballet joyeux dans la forêt, un tango enflammé sous la lune. 

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Vas unguentatum de Paul Verlaine

Vas unguentatum

Paul Verlaine

Admire la brèche moirée
Et le ton rose-blanc qu’y met
La trace encor de mon entrée
Au paradis de Mahomet.

Vois, avec un plaisir d’artiste,
Ô mon vieux regard fatigué
D’ordinaire à bon droit si triste,
Ce spectacle opulent et gai,

Dans un mol écrin de peluche
Noire aux reflets de cuivre roux
Qui serpente comme une ruche,
D’un bijou, le dieu des bijoux,

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« Héloïse », Nouvelle érotique

Portrait d'une jeune femme dans la rue

Héloïse

Par un dimanche printanier, je me promenai sur les quais de la Seine. L’air doux réchauffait mon corps encore frigorifié par l’hiver finissant. Je m’éveillai aux promesses de la belle saison. Les oiseaux tentaient de couvrir le bruit des automobiles. Sur les arbres les premiers bourgeons s’ouvraient et se forgeaient un chemin vers la lumière.

Mes yeux vagabondaient sur les étals des bouquinistes. Les livres, les revues attiraient mes rêves littéraires. Je regardai et souriais devant les antiphonaires vendus comme rareté depuis tant d’années. Pièges à touristes et gogos qui achètent ces documents croyant faire la bonne affaire alors que ceux-ci étaient fabriqués quelques mois avant et vieillis pour l’occasion…

La France est un pays très spécialisé dans l’antiquité. Pas une ville, un village où prolifèrent des antiquaires, des vides greniers, des brocantes… Continuer la lecture de « « Héloïse », Nouvelle érotique »

« L’atelier du Peintre », Nouvelle érotique

young woman in brown apron sketching on white cardboard

L’atelier du Peintre

Notre groupe avançait  sur le sentier balisé jaune et rouge. Nous étions partis de la gare de Saint Cloud dans la matinée avec nos sacs à dos et nos chaussures de randonnée dans un joyeux tintamarre. Pensez-donc ! Une vingtaine de randonneurs, je devrais dire de randonneuses car hormis notre guide nous étions toutes des femmes. Ça jacassait, rigolait.

Le Parc de St Cloud et sa forêt sous un soleil printanier resplendissait de lumière. La rosée matinale mouillait nos souliers et les jambes de celles qui étaient en shorts. La température réchauffait les bois et nos corps d’une tiède chaleur. L’après-midi promettait d’être chaud. Je ne croyais pas si bien dire, mais pouvais-je savoir ?

J’étais vêtu d’un pantalon court qui laissait nues mes longues jambes fines et galbées. Elles ne laissaient indifférent aucun des passants, et ils étaient nombreux ce dimanche dans le parc. Le haut du corps recouvert d’un maillot à l’effigie de notre association, moulait ma poitrine généreuse. La quarantaine montrait son nez mais je restais encore très avenante. Notre guide, le seul homme du groupe, me lorgnait et restait le plus souvent près de moi. Je m’amusais à voir son visage dont les joues s’empourpraient lorsqu’il regardait mes seins qui ballottaient sous le tissu léger. Les pointes de mes mamelons semblaient vouloir percer le tissu et mes aréoles dessinaient leurs cercles, cela captivait son regard. Mes jambes lisses et douces aux cuisses fermes l’excitaient. Je sentais son désir et devinais ses mains avides de saisir mes seins, sa bouche assoiffée de la mienne et son sexe qui devait se raidir.

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Nouvelle érotique : Cabine d’essayage

Cabine d'essayage

Cabine d’essayage

Martine utilisait l’escalator qui mène aux étages desservant les plates formes du complexe marchand de la Défense. A ces niveaux se trouvaient des magasins de prêt à porter haut de gamme. Elle se rendait dans une de ces boutiques de luxe. La période des soldes battait son plein. Martine cherchait une robe légère et courte qui mettrait en valeur son corps et ses jambes. Une robe au décolleté avantageux pour sa poitrine. Un peu provocatrice, elle aimait montrer son anatomie, enfin juste ce qu’il fallait pour allumer le feu à la libido des hommes. Elle aguichait, sans chercher à provoquer. Elle souhaitait simplement attirer le regard, créer l’envie. Il se dégageait de sa personne quelque chose d’érotique, de charnel. Elle savait le pouvoir qu’elle exerçait sur les humains et les hommes en particulier. Elle riait du tourment qu’elle lisait dans les yeux éperdus du passant, s’amusait de l’agitation qu’elle suscitait. Continuer la lecture de « Nouvelle érotique : Cabine d’essayage »