« Amour de jeune fille » de Sophie d'Arbouville

Amour de jeune fille

Ma mère, quel beau jour ! tout brille, tout rayonne.
Dans les airs, l’oiseau chante et l’insecte bourdonne ;
Les ruisseaux argentés roulent sur les cailloux,
Les fleurs donnent au ciel leur parfum le plus doux.
Le lis s’est entr’ouvert ; la goutte de rosée,
Sur les feuilles des bois par la nuit déposée,
S’enfuyant à l’aspect du soleil et du jour,
Chancelle et tombe enfin comme des pleurs d’amour.
Les fils blancs et légers de la vierge Marie,
Comme un voile d’argent, volent sur la prairie :
Frêle tissu, pour qui mon souffle est l’aquilon,
Et que brise en passant l’aile d’un papillon.
Sous le poids de ses fruits le grenadier se penche,
Dans l’air, un chant d’oiseau nous vient de chaque branche ;
Jusqu’au soir, dans les cieux, le soleil brillera :
Ce jour est un beau jour !… Oh ! bien sûr, il viendra ! Continuer la lecture de « « Amour de jeune fille » de Sophie d'Arbouville »

« La Souris métamorphosée en fille » de Jean de la Fontaine

La Souris métamorphosée en fille

Une Souris tomba du bec d’un Chat-Huant :
Je ne l’eusse pas ramassée ;
Mais un Bramin le fit ; je le crois aisément :
Chaque pays a sa pensée.
La Souris était fort froissée :
De cette sorte de prochain
Nous nous soucions peu : mais le peuple bramin
Le traite en frère ; ils ont en tête
Que notre âme au sortir d’un Roi, Continuer la lecture de « « La Souris métamorphosée en fille » de Jean de la Fontaine »

« Aurélie » par Yves Alba

Aurélie

Aurélie
Aurélie – Steve.© – par Steve C

Aurélie, Aurélie
La jeunesse est une fleur fragile
Elle enivre, elle enflamme, elle séduit
Puis, un jour, elle s’échappe sans bruit.
Son éclat s’estompe peu à peu
Mais toujours on en reste amoureux
Aurélie, Aurélie
Ton histoire tu la redis encore
Dans ce bar, bien minable décor,
Où tu pleures le printemps de ta vie.
Tu racontes, et ton cœur se souvient
D’une fille aux chaussons de satin…

Voilà le grand rideau qui se lève,
L’orchestre commence.
Irréelle, comme sortie d’un rêve,
Tu apparais, tu danses.
Ton corps qui s’élance comme une aile
Pour cueillir des fragments de ciel
Et, depuis les loges au parterre, ils sont venus pour te voi
Toi la danseuse étoile qui brillera dans leur cœur ce soir.
Ils sont debout, ils t’acclament
Tu donnes à la danse une âme

Aurélie, Aurélie
Il faut bien laisser faire la vie
Tes regrets rendent triste un souvenir joli.
L’automne a des couleurs
Que le printemps envie
Et s’il a moins de fleurs
Chacune est fort jolie.

Aurélie, Aurélie
Il est tard, mais tu vas boire encore
Quelques verres, car tu sais qu’à l’aurore
Le présent se sera endormi
C’est alors que tu retrouveras
Les lumières, la scène de l’Opéra.

Le temps ne peut plus te faire outrage
Car tu t’es enfuie de sa cage
Ton sommeil se rit bien de lui.

Aurélie, rêve !

Yves Alba

« J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline » de Victor Hugo

J’ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline

J’ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline.
Dans l’âpre escarpement qui sur le flot s’incline,
Que l’aigle connaît seul et seul peut approcher,
Paisible, elle croissait aux fentes du rocher.
L’ombre baignait les flancs du morne promontoire ;
Je voyais, comme on dresse au lieu d’une victoire
Un grand arc de triomphe éclatant et vermeil,
À l’endroit où s’était englouti le soleil,
La sombre nuit bâtir un porche de nuées.
Des voiles s’enfuyaient, au loin diminuées ;
Quelques toits, s’éclairant au fond d’un entonnoir,
Semblaient craindre de luire et de se laisser voir.
J’ai cueilli cette fleur pour toi, ma bien-aimée. Continuer la lecture de « « J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline » de Victor Hugo »

« Éloge de la jeune fille » de Victor Segalen

 Éloge de la jeune fille

Magistrats ! dévouez aux épouses vos arcs triomphaux. Enjambez
les routes avec la louange des veuves obstinées. Usez du ciment,
du faux marbre et de la boue séchée pour dresser les mérites de
ces dames respectables, – c’est votre emploi.

Je garde le mien qui est d’offrir à une autre un léger tribut de
paroles, une arche de buée dans les yeux, un palais trouble
dansant au son du cœur et de la mer.

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« Une Jeune fille » – Victor Hugo

Une jeune fille

Une Jeune Fille
Jeune fille vert amande Par Fabienne Félix

J’aime. Ô vents, chassez l’hiver.
Les plaines sont embaumées.
L’oiseau semble, aux bois d’Aser,
Une âme dans les ramées.

L’amante court vers l’amant ;
Il me chante et je le chante.
Oh ! comme on dort mollement
Sous une branche penchante !

Je m’éveille en le chantant ;
En me chantant il s’éveille ;
L’aurore croit qu’elle entend
Deux bourdonnements d’abeille.

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