« Hommage à M. de Lamartine » de Charles Lassailly

Hommage à M. de Lamartine

Alphonse de Lamartine
Mâcon (Saône-et-Loire) Par sybarite48

Dieu merci, je me sens âme assez forte en moi,
Pour dire hardiment, selon toute ma foi,
Ce que j’ai sur le coeur, contre ces pamphlétaires
Qui de volcans boueux fécondent les cratères,
Jettent au vent l’honneur des réputations,
Et mentent à la muse, ainsi qu’aux nations.

Aboyeurs de places publiques,
Brocanteurs de sales reliques,
Que vous nommez la liberté ;
Arrière, arrière les Pilates,
Les donneurs de louanges plates
Au monstre popularité !

La satire, en ses anathèmes,
N’a pas besoin d’impurs blasphèmes,
Coupables indignations,
Allez dans la voie ; elle est ample
Mais vous souillez le seuil du temple,
Vendeurs de profanations.

Je descends vers vous, moi, poète,
Armé de la verge qui fouette
Les hypocrites de vertu ;
Et sous de luisantes écailles,
Je fouillerai dans vos entrailles…
Et je crierai : Toi, que veux-tu,

Toi qui renias un beau rôle ;
Qui ne sais pas que la parole
Ne doit jamais homicider :
Toi qui deviens un mauvais ange ;
Et sur des colonnes de fange,
Sembles à l’aise t’accouder !

Toi qui gagnes un vil pécule
À trafiquer le ridicule,
À mâcher toujours du venin ;
Et sous le luxe de tes rimes,
Glisses des mots, qui sont des crimes ;
Oui, toi, versificateur nain,

Oui, que veux-tu ? jugeons tes comptes.
Montre-moi le tarif des hontes,
Que darde ton vers avili !
Pourquoi des peuples qu’on égare
Façonner, menteur et barbare,
Ces haines qui prennent le pli ?… Continuer la lecture de « « Hommage à M. de Lamartine » de Charles Lassailly »

« Sur le Livre des Amours de Pierre de Ronsard » de José-Maria de Heredia

Livre en cœur

Sur le Livre des Amours de Pierre de Ronsard

Jadis plus d’un amant, aux jardins de Bourgueil,
A gravé plus d’un nom dans l’écorce qu’il ouvre,
Et plus d’un coeur, sous l’or des hauts plafonds du Louvre,
A l’éclair d’un sourire a tressailli d’orgueil.

Qu’importe ? Rien n’a dit leur ivresse ou leur deuil.
Ils gisent tout entiers entre quatre ais de rouvre
Et nul n’a disputé, sous l’herbe qui les couvre,
Leur inerte poussière à l’oubli du cercueil. Continuer la lecture de « « Sur le Livre des Amours de Pierre de Ronsard » de José-Maria de Heredia »