« Renoncement » de François Mauriac

Renoncement

Au clair de la lune...
Au clair de la lune…

Mon corps était léger au jour naissant des rues,
Berger de sa douleur dans ce Paris dormant.
Il restait pur après la pureté perdue :
Qui souille le printemps ?

Qui souille le printemps ? Mais tout souille l’automne,
Et mes jeunes péchés ne furent-ils plus purs
Que ce renoncement du vieux pauvre au cœur dur,
Qui refuse l’aumône ?

Je t’ai dit non, à toi, plaintive, qui m’aimas,
Qui ne voulus sourire et ne me fis pas signe,
Mais dans la nuit, à son odeur de réséda
Je connaissais ma vigne.

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