« À celle qui est voilée » de Victor Hugo

À celle qui est voilée

[singlepic id=137 w=240 h=320 mode=web20 float=right]Tu me parles du fond d’un rêve
Comme une âme parle aux vivants.
Comme l’écume de la grève,
Ta robe flotte dans les vents.

Je suis l’algue des flots sans nombre,
Le captif du destin vainqueur ;
Je suis celui que toute l’ombre
Couvre sans éteindre son coeur.

Mon esprit ressemble à cette île,
Et mon sort à cet océan ;
Et je suis l’habitant tranquille
De la foudre et de l’ouragan. Continuer la lecture de « « À celle qui est voilée » de Victor Hugo »

« Pour la Saint-Valentin (Amour caché Amour dévoilé) » de Gérard Sandifort

Jeune femme brune

Pour la Saint-Valentin (Amour caché Amour dévoilé)

Amour Caché
Baiser (caché) près de place Bastille Par Julie70

Semé par toi, femme,
Quand l’amour nous réunit,
Ce germe en mon âme a toujours grandi.
J’aime imaginer,
Qu’il aurait donné le jour,
À l’arbre sacré qui nourrit l’amour.

C’est à chaque branche
Qu’en secret je vais puiser,
Des fruits qui étanchent, ma soif de t’aimer.
J’aime cet Eden
Ou parfois plein d’allégresse,
Tu brodes à ma peine, des perles de tendresse. Continuer la lecture de « « Pour la Saint-Valentin (Amour caché Amour dévoilé) » de Gérard Sandifort »

« Le poëme de la femme » de Théophile Gautier

Le poëme de la femme

Marbre de Paros

Marbre de Paros
Museu d’Olímpia. Estàtua de la Victòria de Peònios. Par Pilar Torres

Un jour, au doux rêveur qui l’aime,
En train de montrer ses trésors,
Elle voulut lire un poème,
Le poème de son beau corps.

D’abord, superbe et triomphante
Elle vint en grand apparat,
Traînant avec des airs d’infante
Un flot de velours nacarat :

Telle qu’au rebord de sa loge
Elle brille aux Italiens,
Ecoutant passer son éloge
Dans les chants des musiciens.

Ensuite, en sa verve d’artiste,
Laissant tomber l’épais velours,
Dans un nuage de batiste
Elle ébaucha ses fiers contours.

Glissant de l’épaule à la hanche,
La chemise aux plis nonchalants,
Comme une tourterelle blanche
Vint s’abattre sur ses pieds blancs.

Pour Apelle ou pour Cléoméne,
Elle semblait, marbre de chair,
En Vénus Anadyomène
Poser nue au bord de la mer.

De grosses perles de Venise
Roulaient au lieu de gouttes d’eau,
Grains laiteux qu’un rayon irise,
Sur le frais satin de sa peau.

Oh ! quelles ravissantes choses,
Dans sa divine nudité,
Avec les strophes de ses poses,
Chantait cet hymne de beauté !

Comme les flots baisant le sable
Sous la lune aux tremblants rayons,
Sa grâce était intarissable
En molles ondulations.

Mais bientôt, lasse d’art antique,
De Phidias et de Vénus,
Dans une autre stance plastique
Elle groupe ses charmes nus. Continuer la lecture de « « Le poëme de la femme » de Théophile Gautier »

« Certe, elle n’était pas femme et charmante en vain » de Victor Hugo

Amour Industriel

Certe, elle n’était pas femme et charmante en vain

Certe, elle n’était pas femme et charmante en vain,
Mais le terrestre en elle avait un air divin.
Des flammes frissonnaient sur mes lèvres hardies ;
Elle acceptait l’amour et tous ses incendies,
Rêvait au tutoiement, se risquait pas à pas,
Ne se refusait point et ne se livrait pas ;
Sa tendre obéissance était haute et sereine ;
Elle savait se faire esclave et rester reine,
Suprême grâce ! et quoi de plus inattendu
Que d’avoir tout donné sans avoir rien perdu !
Elle était nue avec un abandon sublime
Et, couchée en un lit, semblait sur une cime. Continuer la lecture de « « Certe, elle n’était pas femme et charmante en vain » de Victor Hugo »