Épigramme d'Adaeus

Épigramme

Un Joli Garçon
Un Joli Garçon Par pedroliveira

Quand tu vois un joli garçon,
Surtout ne fais pas de façon,
Attaques-le sans attendre,
Dans son bel endroit le plus tendre,
Et ne lui manque pas de respect,
Mets donc ta main sur son hochet.

Adaeus

VIII de Vincent Muselli

VIII

Combien de fois j’ai subi vos courroux,
Combien de fois bravé vos regards sombres,
Mais, en marchant, Madame, auprès de vous,
Combien de fois j’ai mêlé nos deux ombres !

Vincent Muselli
« Épigrammes »

 

« Épigramme » de François de Maucroix

Épigramme

— Mon Iris est une merveille !
Que son téton est blanc ! Que sa bouche est vermeille !
Bienheureux qui la touchera !
Bienheureux qui la baisera !
— Plus heureux encore qui la…
— Doucement, s’il vous plaît, hola !

François de Maucroix
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the anatomy of imperfection Par sternenrauschen

« Épigramme » de François de Maynard

Épigramme

Lors qu’Anthoinette eut veu que, malgré son désir,
Son drolle à [fo]utre en cul prenoit tout son plaisir,
Et que son c[on] vivoit oysif et solitaire :
– Que fais-tu, luy dit-elle, ô perfide assassin !
J’ay plus besoin d’un V[it] que non point d’un clistere ;
Je demande un [fou]teur, non pas un Medecin.

François de Maynard
1610

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Medieval Scene with Scooter Par ~Oryctes~

« Épigramme » d'Alexis Piron

Épigramme

Un laboureur des confins de la Bresse,
Paisiblement s’ébattait d’une ânesse.
On en fit bruit. D’abord le compagnon
Envoie après traiter en Avignon
De cette affaire. Au retour de notre homme :
Eh bien ! dit-il, à combien les pardons ?
Nous faudra-t-il, cousin, aller à Rome ?
– Non, j’ai tout fait pour quatre ducatons,
Reprit l’agent, y compris le voyage ;
Et le légat1 même, sans tracasser,
Pour environ trois écus davantage,
T’aurait, parbleu, permis de l’épouser.

Alexis Piron
« Œuvres badines »

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1Homme de Loi

« Épigramme » de Laus de Boissy

Épigramme

Un Florentin auprès de sa maîtresse,
Un certain jour, par goût de changement,
Pour attaquer la forteresse,
S’apprêtait à poser le mineur par devant.

La donzelle surprise, arrête court mon homme ;
Quoi ! (dit-elle) par-là ! mon cher, y pensez-vous ?
Ah ! (reprit-il) rassurez-vous ;
Plus d’un chemin conduit à Rome.

Laus de Boissy

Épigramme d'agneau, par @rgs

« La Jongleuse » de Pierre Louÿs

La Jongleuse

Quand la première aube se mêla aux lueurs affaiblies des flambeaux, je fis entrer dans l’orgie une joueuse de flûte vicieuse et agile, qui tremblait un peu, ayant froid.

Louez la petite fille aux paupières bleues, aux cheveux courts, aux seins aigus, vêtue seulement d’une ceinture, d’où pendaient des rubans jaunes et des tiges d’iris noirs.

Louez-la ! car elle fut adroite et fit des tours difficiles. Elle jonglait avec des cerceaux, sans rien casser dans la salle, et se glissait au travers comme une sauterelle.

Parfois elle faisait la roue sur les mains et sur les pieds. Ou bien les deux bras en l’air et les genoux écartés elle se courbait à la renverse et touchait la terre en riant.

Pierre Louÿs

 

La Jongleuse
PhotonQ-Aura de Feu Par PhOtOnQuAnTiQuE

« Intimités » de Pierre Louÿs

Intimités

Pourquoi je suis devenue lesbienne, ô, tu le demandes ? mais quelle joueuse de flûte ne l’est pas un peu ? Je suis pauvre ; je n’ai pas de lit ; je couche chez celle qui veut de moi et je la remercie avec ce que j’ai.

Toutes petites nous dansons déjà nues ; quelles danses, tu le sais, ma chérie : les douze désirs d’Aphrodite. Nous nous regardons les unes les autres, nous comparons nos nudités, et nous les trouvons si jolies.

Pendant la longue nuit nous nous sommes échauffées pour le plaisir des spectateurs ; mais notre ardeur n’est pas feinte et nous la sentons si bien que parfois, derrière les portes, l’une de nous entraîne sa voisine qui consent.

Comment donc aimerions-nous l’homme, qui est grossier avec nous ? Il nous saisit comme des filles et nous laisse avant la joie. Toi, tu es femme, tu sais ce que je sens. Tu t’y prends comme pour toi-même.

Pierre Louÿs

Intimités
La tentation d'Adam...

« De soi-même » de Clément Marot

De soi-même

Plus ne suis ce que j’ai été,
Et ne le saurais jamais être.
Mon beau printemps et mon été
Ont fait le saut par la fenêtre.
Amour, tu as été mon maître,
Je t’ai servi sur tous les Dieux.
Ah si je pouvais deux fois naître,
Comme je te servirais mieux !

Clément Marot

De Soi-même
transcεndεntal dεgrεε assıgnatıon . .