« L'Amour à Mort » – Anonyme

L’amour à mort

Amour du Sud, tu souffles sans relâche
Sur mes assauts, doux pleurs cristallins,
Amour violent, dis-moi ce qui te fâche,
Pourquoi ces humeurs du soir au matin?

Sur mes assauts, doux pleurs cristallins,
Les arcs-en-ciel de nos amours s’effacent.
Pourquoi ces humeurs du soir au matin?
Sur ma harpe, ton cœur a laissé sa trace…

Les arcs-en-ciel de nos amours s’effacent.
Ô vent d’Autan, pourquoi me faire si mal?
Sur ma harpe, ton cœur a laissé sa trace…
Serais-tu complice de ton frère Mistral?

Ô vent d’Autan, pourquoi me faire si mal?
Arrête! Tu détruis tout sur ton passage,
Serais-tu complice de ton frère Mistral?
Chaudes sont mes larmes au paysage…

Arrête! Tu détruis tout sur ton passage,
En caresses brûlantes et passionnées.
Chaudes sont mes larmes au paysage,
Ô vent, tes hommages ont un goût salé.

 

En caresses brûlantes et passionnées,
Mes cordes d’argent, au ciel tu arraches,
Ô vent, tes hommages ont un goût salé.
Amour du Sud, tu souffles sans relâche…

Anonyme

L'Amour à Mort
@DELI-CLIENT-SL@ - MÊME LA MORT NE PEUT RIEN CONTRE L'AMOUR ...By ELIKA

« Chanson de l'Alouette » de Bernart de Ventadour

Chanson de l’Alouette

Quand vois l’alouette mouvoir
De joie ses ailes face au soleil,
Que s’oublie et se laisse choir
Par la douceur qu’au cœur lui va,
Las! si grand envie me vient
De tous ceux dont je vois la joie,
Et c’est merveille qu’à l’instant
Le cœur de désir ne me fonde.

Hélas ! tant en croyais savoir
En amour, et si peu en sais.
Car j’aime sans y rien pouvoir
Celle dont jamais rien n’aurai.
Elle a tout mon cœur, et m’a tout,
Et moi-même, et le monde entier,
Et ces vols ne m’ont rien laissé
Que désir et cœur assoiffé.

Or ne sais plus me gouverner
Et ne puis plus m’appartenir
Car ne me laisse en ses yeux voir
En ce miroir qui tant me plaît.
Miroir, pour m’être miré en toi,
Suis mort à force de soupirs,
Et perdu comme perdu s’est
Le beau Narcisse en la fontaine.

Des dames, je me désespère;
Jamais plus ne m’y fierai,
Autant d’elles j’avais d’estime
Autant je les mépriserai.
Pas une ne vient me secourir
Près de celle qui me détruit,
Car bien sais que sont toutes ainsi.

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« Au moins toi, claire et heureuse fontaine » de Maurice Scève

Au moins toi, claire et heureuse fontaine,
Et vous, ô eaux fraîches et argentines,
Quand celle en vous – de tout vice lointaine –
Se vient laver ses deux mains ivoirines,
Ses deux soleils, ses lèvres corallines,
De Dieu créées pour ce monde honorer,
Devriez garder pour plus vous décorer
L’image d’elle en vos liqueurs profondes.
Car plus souvent je viendrais adorer
Le saint miroir de vos sacrées ondes.

Maurice Scève

« Délie »

Fontaine d'Amour
Sans titre Par Alain Bachellier

« Blessé d'une plaie inhumaine » de Philippe Desportes

Blessé d’une plaie inhumaine

Personnel of the Royal Canadian Army Medical Corps checking the condition of a wounded Canadian soldier being evacuated to a Field Surgical Unit. / Le personnel du Corps de santé royal canadien examine un soldat canadien blessé que l'on transporte à une U Par BiblioArchives / LibraryArchives
Personnel of the Royal Canadian Army Medical Corps checking the condition of a wounded Canadian soldier being evacuated to a Field Surgical Unit. / Le personnel du Corps de santé royal canadien examine un soldat canadien blessé que l’on transporte à une U Par BiblioArchives / LibraryArchives

Blessé d’une plaie inhumaine,
Loin de tout espoir de secours,
Je m’avance à ma mort prochaine,
Plus chargé d’ennuis que de jours.

Celle qui me brûle en sa glace,
Mon doux fiel, mon mal et mon bien,
Voyant ma mort peinte en ma face,
Feint hélas ! n’y connaître rien.

Comme un roc à l’onde marine
Elle est dure aux flots de mes pleurs :
Et clôt, de peur d’être bénine,
L’oreille au son de mes douleurs

D’autant qu’elle poursuit ma vie,
D’ennuis mon service payant,
Je la dirai mon ennemie,
Mais je l’adore en me hayant.
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« Dessein de quitter une dame qui ne le contentait que de promesse » de François de Malherbe

Dessein de quitter une dame qui ne le contentait que de promesse

[singlepic id=29 w=320 h=240 float=right]Beauté, mon beau souci, de qui l’âme incertaine
A, comme l’océan, son flux et son reflux,
Pensez de vous résoudre à soulager ma peine,
Ou je me vais résoudre à ne la souffrir plus.

Vos yeux ont des appas que j’aime et que je prise.
Et qui peuvent beaucoup dessus ma liberté :
Mais pour me retenir, s’ils font cas de ma prise,
Il leur faut de l’amour autant que de beauté.

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« Ton Souvenir est comme un livre… » – Albert Samain

Ton Souvenir est comme un livre…

Doux Souvenir
En Doux Souvenirs …. In quiet memory … Ray charles  » …  » Sorry seems to be the hardest word  » Par gmayster01 on & off …

Ton Souvenir est comme un livre bien aimé,
Qu’on lit sans cesse, et qui jamais n’est refermé,
Un livre où l’on vit mieux sa vie, et qui vous hante
D’un rêve nostalgique, où l’âme se tourmente.

Je voudrais, convoitant l’impossible en mes vœux,
Enfermer dans un vers l’odeur de tes cheveux ;
Ciseler avec l’art patient des orfèvres
Une phrase infléchie au contour de tes lèvres ;

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« Mes Petites amoureuses » – Arthur Rimbaud

Mes Petites amoureuses

Un hydrolat lacrymal lave
Les cieux vert-chou :
Sous l’arbre tendronnier qui bave,
Vos caoutchoucs

Blancs de lunes particulières
Aux pialats ronds,
Entrechoquez vos genouillères
Mes laiderons !

Nous nous aimions à cette époque,
Bleu laideron !
On mangeait des œufs à la coque
Et du mouron !

Un soir, tu me sacras poète,
Blond laideron :
Descends ici, que je te fouette
En mon giron ;

J’ai dégueulé ta bandoline,
Noir laideron ;
Tu couperais ma mandoline
Au fil du front

Pouah ! mes salives desséchées,
Roux laideron,
Infectent encor les tranchées
De ton sein rond !

0 mes petites amoureuses,
Que je vous hais !
Plaquez de fouffes douloureuses
Vos tétons laids !

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« Le Sombre Mai » de Paul Claudel

Le Sombre Mai

Sombre Mai
Escalier, bois et boulons Par MaxLeMans

Les princesses au yeux de chevreuil passaient
À cheval sur les chemins entre les bois.
Dans les forêts sombres chassaient
Les meutes aux sourds abois.
Dans les branches s’étaient pris leurs cheveux fins,
Des feuilles étaient collées sur leurs visages.
Elles écartaient les branches avec leurs mains,
elles regardaient autour avec des yeux sauvages.
Reines des bois où chante l’oiseau du hêtre Continuer la lecture de « « Le Sombre Mai » de Paul Claudel »

« La nuit m’est courte, et le jour trop me dure » – Joachim du Bellay

Shéhérazade

La nuit m’est courte, et le jour trop me dure

La nuit m’est courte, et le jour trop me dure,
Je fuis l’amour, et le suis à la trace,
Cruel me suis, et requiers votre grâce,
Je prends plaisir au tourment, que j’endure.

Je vois mon bien, et mon mal je procure,
Désir m’enflamme, et crainte me rend glace,
Je veux courir, et jamais ne déplace,
L’obscur m’est clair, et la lumière obscure.

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