« À Madame G. » par Alfred de Musset

Précilia

À Madame G. (Sonnet)

Bonjour Madame
Bonjour Madame Par originalgrammatique

C’est mon avis qu’en route on s’expose à la pluie,
Au vent, à la poussière, et qu’on peut, le matin,
S’éveiller chiffonnée avec un mauvais teint,
Et qu’à la longue, en poste, un tête-à-tête ennuie.

C’est mon avis qu’au monde il n’est pire folie
Que d’embarquer l’amour pour un pays lointain.
Quoi qu’en dise Héloïse ou madame Cottin,
Dans un miroir d’auberge on n’est jamais jolie. Continuer la lecture de « « À Madame G. » par Alfred de Musset »

« À Julie » par Alfred de Musset

À Julie

Julie
Julie Par JustProd

On me demande, par les rues,
Pourquoi je vais bayant aux grues,
Fumant mon cigare au soleil,
A quoi se passe ma jeunesse,
Et depuis trois ans de paresse
Ce qu’ont fait mes nuits sans sommeil.

Donne-moi tes lèvres, Julie ;
Les folles nuits qui t’ont pâlie
Ont séché leur corail luisant.
Parfume-les de ton haleine ;
Donne-les-moi, mon Africaine,
Tes belles lèvres de pur sang. Continuer la lecture de « « À Julie » par Alfred de Musset »

« Idylle » par Alfred de Musset

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Idylle

À quoi passer la nuit quand on soupe en carême ?
Ainsi, le verre en main, raisonnaient deux amis.
Quels entretiens choisir, honnêtes et permis,
Mais gais, tels qu’un vieux vin les conseille et les aime ?

RODOLPHE

Parlons de nos amours ; la joie et la beauté
Sont mes dieux les plus chers, après la liberté.
Ébauchons, en trinquant, une joyeuse idylle.
Par les bois et les prés, les bergers de Virgile
Fêtaient la poésie à toute heure, en tout lieu ;
Ainsi chante au soleil la cigale-dorée.
D’une voix plus modeste, au hasard inspirée,
Nous, comme le grillon, chantons au coin du feu.

ALBERT

Faisons ce qui te plaît. Parfois, en cette vie,
Une chanson nous berce et nous aide à souffrir,
Et, si nous offensons l’antique poésie,
Son ombre même est douce à qui la sait chérir. Continuer la lecture de « « Idylle » par Alfred de Musset »

Citation d'Alfred de Musset

« Je sais que je t’aime. Je suis perdu, vois-tu, je suis noyé, inondé d’amour ;
Je ne sais plus si je vis, si je mange, si je respire, si je parle ;
Je sais que je t’aime. »

Alfred de Musset

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« La Nuit d'Octobre » : La Muse par Alfred de Musset

La Nuit d’Octobre

Extrait

LA MUSE

Muse
 » Your silent eyes convince me i’m marooned … We are safe inside this azure blue lagoon  » Par gmayster01 on & off …

Poète, c’est assez. Auprès d’une infidèle,
Quand ton illusion n’aurait duré qu’un jour,
N’outrage pas ce jour lorsque tu parles d’elle ;
Si tu veux être aimé, respecte ton amour.
Si l’effort est trop grand pour la faiblesse humaine
De pardonner les maux qui nous viennent d’autrui,
Épargne-toi du moins le tourment de la haine ;
À défaut du pardon, laisse venir l’oubli.
Les morts dorment en paix dans le sein de la terre :
Ainsi doivent dormir nos sentiments éteints.
Ces reliques du cœur ont aussi leur poussière ;
Sur leurs restes sacrés ne portons pas les mains.
Pourquoi, dans ce récit d’une vive souffrance,
Ne veux-tu voir qu’un rêve et qu’un amour trompé ?
Est-ce donc sans motif qu’agit la Providence
Et crois-tu donc distrait le Dieu qui t’a frappé ?
Le coup dont tu te plains t’a préservé peut-être,
Enfant ; car c’est par là que ton cœur s’est ouvert.
L’homme est un apprenti, la douleur est son maître,
Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert.
C’est une dure loi, mais une loi suprême,
Vieille comme le monde et la fatalité,
Qu’il nous faut du malheur recevoir le baptême,
Et qu’à ce triste prix tout doit être acheté.
Les moissons pour mûrir ont besoin de rosée ;
Pour vivre et pour sentir l’homme a besoin des pleurs ;
La joie a pour symbole une plante brisée,
Humide encor de pluie et couverte de fleurs.
Ne te disais-tu pas guéri de ta folie ?
N’es-tu pas jeune, heureux, partout le bienvenu ?
Et ces plaisirs légers qui font aimer la vie,
Si tu n’avais pleuré, quel cas en ferais-tu ?
Lorsqu’au déclin du jour, assis sur la bruyère,
Avec un vieil ami tu bois en liberté,
Dis-moi, d’aussi bon cœur lèverais-tu ton verre,
Si tu n’avais senti le prix de la gaîté ?
Aimerais-tu les fleurs, les prés et la verdure,
Les sonnets de Pétrarque et le chant des oiseaux,
Michel-Ange et les arts, Shakspeare et la nature,
Si tu n’y retrouvais quelques anciens sanglots ?
Comprendrais-tu des cieux l’ineffable harmonie,
Le silence des nuits, le murmure des flots,
Si quelque part là-bas la fièvre et l’insomnie
Ne t’avaient fait songer à l’éternel repos ?
N’as-tu pas maintenant une belle maîtresse ?
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« La Nuit d'Octobre » : Le Poète – Alfred de Musset

La Nuit d’Octobre

Extrait

LE POÈTE

Poète
Le Jour ni l’Heure 8760 : le poète Attilio Bertolucci, 1911-2000, photographie d’un panneau à son effigie dans le village de Casarola, commune de Monchio delle Corti, dans l’Appenin de Parme, Émilie-Romagne, lundi 31 octobre 2011, 16:46:46 Par Renaud Camus

Honte à toi qui la première
M’as appris la trahison,
Et d’horreur et de colère
M’as fait perdre la raison !
Honte à toi, femme à l’oeil sombre,
Dont les funestes amours
Ont enseveli dans l’ombre
Mon printemps et mes beaux jours !
C’est ta voix, c’est ton sourire,
C’est ton regard corrupteur,
Qui m’ont appris à maudire
Jusqu’au semblant du bonheur ;
C’est ta jeunesse et tes charmes
Qui m’ont fait désespérer,
Et si je doute des larmes,
C’est que je t’ai vu pleurer.
Honte à toi, j’étais encore
Aussi simple qu’un enfant ;
Comme une fleur à l’aurore,
Mon cœur s’ouvrait en t’aimant.
Certes, ce coeur sans défense
Put sans peine être abusé ;
Mais lui laisser l’innocence
Était encor plus aisé. Continuer la lecture de « « La Nuit d'Octobre » : Le Poète – Alfred de Musset »