« L’Aube ensevelie » par Alain Grandbois

L’AUBE ENSEVELIE

Plus bas encore mon amour taisons-nous
Ce fruit ouvert dans le soleil
Tes yeux comme l’haleine de l’aurore
Comme le sel des buissons révélateurs

Taisons-nous taisons-nous il y a quelque part
Un coeur qui pleure sur un coeur
Pour la dernière aventure
Pour le déchirement total

Taisons-nous rien ne peut recommencer
Il faut oublier les lampes les heures sacrées
Il faut oublier les faux feux du jour
Notre délice nous foudroie

Plus bas encore mon amour
Ah plus bas mon cher amour
Ces choses doivent être murmurées
Comme entre deux mourants

Bientôt nous ne voudrons plus distinguer
La frange des rides sur nos fronts
Ah regardons bondir les étoiles
Aux justes secrets de nos doigts

Regardons ce que refuse
L’or détruit du souvenir
La belle chambre insolite
Et ses bras d’éclairs sourds

Taisons-nous oublions tout
Noyons les mots magiques
Préparons nos tendres cendres
Pour le grand silence inexorable

Alain GRANDBOIS

Aube
Aube d’Avril par Korrigan

0 réponse sur “« L’Aube ensevelie » par Alain Grandbois”

Laisser un commentaire