« Le véritable amant » de Simon Boucoing

Le véritable amant

Les bons amants deux cœurs en un assemblent,
Penser, vouloir, mettent en un désir,
Un chemin vont, jamais ne se dessemblent ;
Ce que l’un veut, l’autre l’a à plaisir.
Point ne les vient jalousie saisir
En vrai amour, car de mal n’ont envie
Amour est bonne ; jaloux ont male vie.

En telle amour l’un l’autre ne mécroit,
Jamais entre eux n’a aucun contredit,
Ce que l’un dit, pour vrai l’autre le croit ;
Nul refus n’a entre eux, en fait ni dit ;
L’un pense bien que l’autre n’a rien dit
Que vérité, et que point ne ferait
Aucune chose que faire ne devrait.

Si par fortune adversité advient
À celle dame qui en amour le tient,
Ou si malade soudainement devient
De meilleur cœur il l’aime et l’entretient ;
La douleur d’elle en son cœur il soutient.
Plus l’aimera ainsi par vérité,
Qu’il ne fera en sa prospérité.

Et si, par mort, l’un d’eux est départi,
Le survivant jà autre n’aimera,
Ni ne prendra jamais autre parti
Car en son cœur l’amour de l’autre aura ;
Comment haïr l’ami soudain pourra
Ce qu’il aimait de coeur si doucement !
Possible n’est de le faire aucunement.

Voyez la teurtre*, qui tant ce fait escorte ;
Quand l’une d’elles sa compagne tôt perd,
La survivante toujours sur branche morte
Prendra repos en grand regret expert.
Chacun connaît que c’est un fait apert
Car sa nature à telle amour ouverte
Qu’el’ ne s’assied plus dessus branche verte.

Simon Boucoing

(*) Tourterelle

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Les Amants Par xo-mox

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