Poème de Marianne Van Hirtum

« Vous avez des plumes sur la tête.
Un air d’arrogance suprême,
convenu par ce signe de votre œil,
que projette le profil aquilin de notre nez.

Il ne se peut pas que je vous approche de trop près,
en vertu d’un secret plus intérieur à ce qui fut formulé jamais.

Et vous avez des dents parfaites !

Vous opposez à ce qui ne peut le voir,
un mur aveugle, fortifié de près.

Je vous ai donné le baiser le plus minuscule
en réponse à votre morsure à l’extrême bord de la langue.

Combien de temps m’avez-vous aimée ?
Tous ces jours-ci, il a plu tant de pensées sublimes
Dans la campagne souveraine. »

 Marianne Van Hirtum
La Nuit mathématique

My censorship

Laisser un commentaire