Sonnet Astronomique
Alors que finissait la journée estivale,
Nous marchions, toi pendue à mon bras, moi rêvant
À ces mondes lointains dont je parle souvent.
Aussi regardais tu chaque étoile en rivale.
Au retour, à l’endroit où la côte dévale,
Tes genoux ont fléchi sous le charme énervant
De la soirée et des senteurs qu’avait le vent.
Vénus,
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Sonnet
« Où es-tu ? », disait-elle, errant sur le rivage
Où des saules trempaient leurs feuillages tremblants ;
Et des larmes d’argent coulaient dans ses doigts blancs
Quand elle s’arrêtait, les mains sur son visage.
Et lui, errant aussi sur un sable sauvage
Où des joncs exhalaient de longs soupirs dolents,
Sous la mort du soleil,
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Madame, je vous donne un oiseau pour étrenne
Sonnet
Madame, je vous donne un oiseau pour étrenne
Duquel on ne saurait estimer la valeur ;
S’il vous vient quelque ennui, maladie ou douleur,
Il vous rendra soudain à votre aise et bien saine.
Il n’est mal d’estomac, colique ni migraine
Qu’il ne puisse guérir, mais sur tout
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Sonnet
Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,
Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.
Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.
Et j’aurai jusqu’au bout
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Sonnet de Philis
L’amour ne brûle plus, ou bien il brûle en vain ;
Son carquois est perdu, ses flèches sont froissées,
Il a ses dards rompus, leurs pointes émoussées,
Et son arc sans vertu demeure dans sa main.
Ou, sans plus être Archer d’un métier incertain,
Il se laisse emporter à plus hautes pensées,
Ou ses
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L’Amour plein de fausseté…
L’Amour, plein de fausseté,
Prend le miel, laisse la cire,
Et pèle pour lui la poire.
Ecoutez !
Pour qu’il soit doux comme lyre
Il suffit de le couper.
Bien fait pacte avec le Diable,
Qui fraye avec fausse-Amour,
Verge il donne pour le battre.
Ecoutez !
Tel sans rien sentir se gratte
Qui enfin s’écorche vif.
L’amour est
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Adieu aux Muses
Je veulx prendre congé de ces belles sorcieres,
Du troupeau mensonger de ces Muses qui m’ont
Trop longtemps retenu dessous leur double mont
A boire le chrystal de leurs froides rivieres.
J’ay perdu, malheureux, six années entières
A façonner des vers, vers ingrats qui me font,
Au plus verd de mon age, en mes
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Pour nous endormir, ainsi que des chattes
Nous nous étendrons sur de fraîches nattes ;
Nous oublirons tout, – même le soleil !
Germain Nouveau
Ô belle Noémie, approche, embrasse-moi
Ô belle Noémie, approche, embrasse-moi,
Et ne m’allègue plus ma sainte ardeur éprise,
Disant que je m’en aille à Théophile exquise
A qui j’offris mes vœux premièrement qu’à toi.
Je me fâche vraiment de ce double renvoi
Qui fraude les loyers de ma brave entreprise :
Le grand Prince use ainsi d’une
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Au Ciel de voz beautez l’Amour me deifie,
Presse-moy, serre-moy, tiens-moy, joinct-moy, mon cœur :
Car ja desja je sens une douce liqueur,
Qui donne ensemblement et la mort et la vie.
Sois plus prompte au combat, je trespasse d’envie,
Je ne veux amortir ta prochaine chaleur ;
Là donc d’un bonds mignon incite ton ardeur,
Et d’un
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