« Nuit d’été » par Émile NELLIGAN

« Nuit d’été » par Émile NELLIGAN

Nuit d’été

Le violon, d’un chant très profond de tristesse,
Remplit la douce nuit, se mêle aux sons des cors,
Les sylphes vont pleurant comme une âme en détresse,
Et les coeurs des arbres ont des plaintes de morts. (suite…)

Poème de Victor Hugo : « Au bord de la mer »

Poème de Victor Hugo : « Au bord de la mer »

Au bord de la mer

Vois, ce spectacle est beau. – Ce paysage immense
Qui toujours devant nous finit et recommence ;
Ces blés, ces eaux, ces prés, ce bois charmant aux yeux ;
Ce chaume où l’on entend rire un groupe joyeux ;
L’océan qui s’ajoute à la plaine où nous sommes ;
Ce golfe, fait par Dieu, puis refait par les hommes,
Montrant la double main empreinte en ses contours,
Et des amas de rocs sous des monceaux de tours ;
Ces landes, ces forêts, ces crêtes déchirées ;
Ces antres à fleur d’eau qui boivent les marées ;
Cette montagne, au front de nuages couvert,
Qui dans un de ses plis porte un beau vallon vert,
Comme un enfant des fleurs dans un pan de sa robe ;
La ville que la brume à demi nous dérobe,
Avec ses mille toits bourdonnants et pressés ;
Ce bruit de pas sans nombre et de rameaux froissés,
De voix et de chansons qui par moments s’élève ;
Ces lames que la mer amincit sur la grève,
Où les longs cheveux verts des sombres goëmons
Tremblent dans l’eau moirée avec l’ombre des monts ;
Cet oiseau qui voyage et cet oiseau qui joue ;
Ici cette charrue, et là-bas cette proue,
Traçant en même temps chacune leur sillon ;
Ces arbres et ces mâts, jouets de l’aquilon ;
Et là-bas, par-delà les collines lointaines,
Ces horizons remplis de formes incertaines ;
Tout ce que nous voyons, brumeux ou transparent,
Flottant dans les clartés, dans les ombres errant,
Fuyant, debout, penché, fourmillant, solitaire,
Vagues, rochers, gazons, – regarde, c’est la terre ! (suite…)

« À Propos d’Horace » de Victor Hugo

« À Propos d’Horace » de Victor Hugo

A propos d’Horace

Marchands de grec ! marchands de latin ! cuistres ! dogues! 
Philistins ! magisters ! je vous hais, pédagogues ! 
Car, dans votre aplomb grave, infaillible, hébété, 
Vous niez l’idéal, la grâce et la beauté ! 
Car vos textes, vos lois, vos règles sont fossiles ! 
Car, avec l’air profond, vous êtes imbéciles ! 
Car vous enseignez tout, et vous ignorez tout ! 
Car vous êtes mauvais et méchants ! — Mon sang bout 
Rien qu’à songer au temps où, rêveuse bourrique, 
Grand diable de seize ans, j’étais en rhétorique ! 
Que d’ennuis ! de fureurs ! de bêtises ! — gredins ! — 
Que de froids châtiments et que de chocs soudains ! 
«Dimanche en retenue et cinq cents vers d’Horace !» 
Je regardais le monstre aux ongles noirs de crasse, 
Et je balbutiais : «Monsieur… — Pas de raisons ! 
Vingt fois l’ode à Panclus et l’épître aux Pisons !» 
Or j’avais justement, ce jour là, — douce idée 
Qui me faisait rêver d’Armide et d’Haydée, — 
Un rendez-vous avec la fille du portier. 
Grand Dieu ! perdre un tel jour ! le perdre tout entier ! 
Je devais, en parlant d’amour, extase pure ! 
En l’enivrant avec le ciel et la nature, 
La mener, si le temps n’était pas trop mauvais, 
Manger de la galette aux buttes Saint-Gervais ! 
Rêve heureux ! je voyais, dans ma colère bleue, 
Tout cet Éden, congé, les lilas, la banlieue, 
Et j’entendais, parmi le thym et le muguet, 
Les vagues violons de la mère Saguet ! 
O douleur ! furieux, je montais à ma chambre, 
Fournaise au mois de juin, et glacière en décembre ; 
Et, là, je m’écriais : 

(suite…)

“Satin” par une poétesse amateur : Dentelle

“Satin” par une poétesse amateur : Dentelle

Satin

Poème érotique

 

Corps élancé sous une nuisette de satin,
(suite…)

« Réveil érotique » par Fleurbleu74

« Réveil érotique » par Fleurbleu74

Réveil érotique

Je pense à toi mon amour adoré….
Toi qui dans ton sommeil est encore plongé….
Je m’imagine collé tout contre toi…..
Nos deux corps enlacés sous les draps…..
Du bout de mon nez je caresse ton épaule…
Ma main sur ta peau qui te frôle….
Je sens ton corps ondulé…. (suite…)

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