« Till the end » par Nora Gaspard

Boudoir

Till the End

J’aime regarder ton corps nu, ton sexe timide parfois. J’aime le reflet de la lumière sur ta peau, la fragilité qu’on devine sous la carcasse d’acier, j’aime le doux de tes reins et ta pudeur, qui affleure entre deux audaces. 

Par-dessus tout, j’aime jouir de toi. De ta bouche entre mes lèvres, et langue délicate qui sillonne ma chair. De tes doigts qui s’agitent au velours de mon ventre. 

J’aime attendre. Comme maintenant. J’attends. Je te lis des histoires, des fantaisies érotiques, de belles lettres ou de putrides pamphlets, j’y mets toute mon âme, l’emphase de l’amante, la tendresse de la vierge, la folie de l’épouse. Je te murmure les mots crus au creux de l’oreille. Bande, mon amour, bande.  Et je regarde ta chair grandir comme une fleur s’ouvre. Le sang qui afflue, gonfle ta queue, redresse la hampe. Le gland qui rougit, entre la peau fine et plissée de ton sexe entier. Il prend son temps, le bougre, et cela m’émeut chaque jour un peu plus. Te souviens-tu de notre folie dévorante, les débuts de l’amour, et la vie pour décor ? Rien ne nous arrêtait. Ta vigueur douce, mon appétit de plaisir, le vin, la bonne chère, la certitude. Chaque jouissance était une évidence, un ballet joyeux dans la forêt, un tango enflammé sous la lune. 

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« Aux Murs » de Nora Gaspard

Chateaux et Murs

Tu es là. Tu es toujours là. Je regarde par la fenêtre, et l’eau me raconte toi. Comment tu glisses sur ma peau, les nuits d’étoiles, comment tu rêves et tu oublies, comment le ciel te rend si belle quand il fait nuit.

Tu coules dans mes veines. Tu berces mes nuits. Tu es la maman, caressante au petit matin, et la putain magnifique que je piétine en tous sens, quand je glisse dans tes plis, marquant ton corps de la pointe du talon, insatiable et violente.

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« Les Stupra » par Arthur Rimbaud

Femme Sexy

Les Stupra

Les anciens animaux saillissaient, même en course,
Avec des glands bardés de sang et d’excrément.
Nos pères étalaient leur membre fièrement
Par le pli de la gaine et le grain de la bourse.

Au moyen âge pour la femelle, ange ou pource,
Il fallait un gaillard de solide grément ;
Même un Kléber, d’après la culotte qui ment
Peut-être un peu, n’a pas dû manquer de ressource. Continuer la lecture de « « Les Stupra » par Arthur Rimbaud »

« La Boulangère » Guillaume Apollinaire

Boulangère

La Boulangère

 

Boulangère jadis qui respiriez l’amour
Peloteuse de couilles
Vous souvient-il des années et des jours
Remplis par ma gidouille

Mon jeune braquemart allait aux galions
Que recelaient vos fesses
C’était mon vit mortaise et votre cul tenon
Jointés avec adresses

Le foutre ruisselait par la boulangerie
Où vous étiez captive
Et j’eusse en vain cherché dans la rue des Martyrs
Fesses plus bandatives

Guillaume Apollinaire.

Boulangère
Detail: Sexiest Cherry Pie par CutiePiesNYC

« Tes mains d’horloger » par Clémence Crozet

Mains

Tes mains d’horloger

Longues et fines, intensément suggestives.
Je les regarde avec envie, les désire avec force.
J’écoute leurs mouvements,
les épie dans le moindre détail.

J’imagine les caresses qu’elles pourraient me faire,
le plaisir qu’elles pourraient me donner.
C’est affreux le supplice que tes mains me font subir,
à rester sages, presque à m’ignorer.

Je rêve de toucher, sucer chacune de tes phalanges.
De les soumettre à mon plaisir,
de les guider sur mon corps,
les perdre dans mon écrin. Continuer la lecture de « « Tes mains d’horloger » par Clémence Crozet »

« Sapho » par Alphonse de Lamartine

Sapho se précipitant à la mer

Sapho

L’aurore se levait, la mer battait la plage ;
Ainsi parla Sapho debout sur le rivage,
Et près d’elle, à genoux, les filles de Lesbos
Se penchaient sur l’abîme et contemplaient les flots :

Fatal rocher, profond abîme !
Je vous aborde sans effroi !
Vous allez à Vénus dérober sa victime :
J’ai méconnu l’amour, l’amour punit mon crime.
Ô Neptune ! tes flots seront plus doux pour moi !
Vois-tu de quelles fleurs j’ai couronné ma tête ?
Vois : ce front, si longtemps chargé de mon ennui,
Orné pour mon trépas comme pour une fête,
Du bandeau solennel étincelle aujourd’hui !

On dit que dans ton sein… mais je ne puis le croire !
On échappe au courroux de l’implacable Amour ;
On dit que, par tes soins, si l’on renaît au jour,
D’une flamme insensée on y perd la mémoire !
Mais de l’abîme, ô dieu ! quel que soit le secours,
Garde-toi, garde-toi de préserver mes jours !
Je ne viens pas chercher dans tes ondes propices
Un oubli passager, vain remède à mes maux !
J’y viens, j’y viens trouver le calme des tombeaux !
Reçois, ô roi des mers, mes joyeux sacrifices !
Et vous, pourquoi ces pleurs ? pourquoi ces vains sanglots ?
Chantez, chantez un hymne, ô vierges de Lesbos !
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Le somme d’Estelle de Giovanni Pontano

Sommeil

Le somme d’Estelle

Seins, Chérie, de toi-même – et tétons – dénudés,
Prenant ma main, tu l’as portée à ta poitrine,
À ma bouche abouchant tes lèvres, tendrement,
Sur mes genoux assise – ô mon fardeau d’amour ! –
M’accolant, de sommeil léger bientôt gagnée,
Contre mon sein tu es, languide, retombée,
Après de longs soupirs fermant tes yeux lassés,
Tandis qu’en ta torpeur s’immisçait le repos.

Empressé, je t’apporte un filet mince d’air,
T’éventant doucement d’une paume efficace.
J’allège ton sommeil en chantant ; mon chant parle
Des amours de Sarnis, des doux secrets de Faune : Continuer la lecture de « Le somme d’Estelle de Giovanni Pontano »

« Choses écrites à Créteil » de Victor Hugo

Choses écrites à Créteil

Sachez qu’hier, de ma lucarne,
J’ai vu, j’ai couvert de clins d’yeux
Une fille qui dans la Marne
Lavait des torchons radieux.

Près d’un vieux pont, dans les saulées,
Elle lavait, allait, venait ;
L’aube et la brise étaient mêlées
À la grâce de son bonnet.

Je la voyais de loin. Sa mante
L’entourait de plis palpitants.
Aux folles broussailles qu’augmente
L’intempérance du printemps,

Aux buissons que le vent soulève,
Que juin et mai, frais barbouilleurs,
Foulant la cuve de la sève,
Couvrent d’une écume de fleurs, Continuer la lecture de « « Choses écrites à Créteil » de Victor Hugo »