« Quand tu me vois baiser tes bras » de Théophile de Viau

Quand tu me vois baiser tes bras
Stances
Quand tu me vois baiser tes bras,
Que tu poses nus sur tes draps,
Bien plus blancs que le linge même,
Quand tu sens ma brûlante main
Se pourmener dessus ton sein,
Tu sens bien, Cloris, que je t’aime.
Comme un dévot devers les cieux,
Mes yeux tournés devers tes yeux,
A

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Poème de Béatrice de Die

Il me faut chanter ici ce que je ne voudrais point chanter
Car j’ai fort à me plaindre de celui dont je suis l’amie
Je l’aime plus que tout au monde
Mais rien ne trouve grâce auprès de lui
Ni Merci, ni Courtoisie, ni ma beauté, ni mon esprit,
Je suis trompée et trahie comme

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Aperçu Image de « Mon Cœur soupire » de Bernart de Ventadour
21 fév 2012

« Mon Cœur soupire » de Bernart de Ventadour

Cet amour me blesse le cœur
D’une saveur si gente et douce
Que si cent fois par jour je meurs
Cent fois la joie me ressuscite.

« Le beau souleil, le jour saint Valentin » de Charles d’Orléans

Le beau souleil, le jour saint Valentin
Le beau souleil, le jour saint Valentin,
Qui apportoit sa chandelle alumee,
N’a pas longtemps entra un bien matin
Priveement en ma chambre fermee.
Celle clarté qu’il avoit apportee,
Si m’esveilla du somme de soussy
Ou j’avoye toute la nuit dormy
Sur le dur lit d’ennuieuse pensee.
Ce jour aussi, pour partir

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« De soi-même » de Clément Marot

De soi-même
Plus ne suis ce que j’ai été,
Et ne le saurais jamais être.
Mon beau printemps et mon été
Ont fait le saut par la fenêtre.
Amour, tu as été mon maître,
Je t’ai servi sur tous les Dieux.
Ah si je pouvais deux fois naître,
Comme je te servirais mieux !
Clément Marot
transcεndεntal dεgrεε assıgnatıon .

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« Ballade à s’Amie » de François Villon

Ballade à s’Amie
Fausse beauté qui tant me coûte cher,
Rude en effet, hypocrite douleur,
Amour dure plus que fer à mâcher,
Nommer que puis, de ma défaçon seur1,
Cherme félon, la mort d’un pauvre coeur,
Orgueil mussé qui gens met au mourir,
Yeux sans pitié, ne veut Droit de Rigueur,
Sans empirer, un pauvre secourir ?
Mieux m’eût

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« Rondeau » de François Villon

Rondeau
Mort, j’appelle de ta rigueur,
Qui m’as ma maîtresse ravie,
Et n’es pas encore assouvie
Si tu ne me tiens en langueur :
Onc puis n’eus force ni vigueur ;
Mais que te nuisoit-elle en vie,
Mort ?
Deux étions et n’avions qu’un cœur ;
S’il est mort, force est que dévie1,
Voire, ou que je vive sans vie
Comme

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« Épigramme d’un Impuissant » de Théophile de Viau

Épigramme d’un Impuissant
Un gros abbé se laissait en sa couche
Tâter le vit aux mains d’une nonnain,
Mais son engin demeurait sous sa main
Sans se mouvoir tout ainsi qu’une souche ;
Cette nonnain qui n’avait point de trêve,
Voyant son vit demeurer ainsi plat,
Lui dit : Monsieur dites Magnificat,
Quand on le dit tout le

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« À Meline » de Jean-Antoine de Baïf

À Meline
Mais à qui mieux pourroy-je presenter
Ces petits chants, qu’à toy, douce Meline,
Mon Eraton, qui la fureur divine
Souflas en moy, qui me les fit chanter ?
Tu m’i verras une foix enchanter
De ta rigueur le souci qui me mine
Une autre fois en ta douceur benine
Tu me verras gayement contenter.
Icy lisant, l’amour

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« La Rose » de Jean-Antoine de Baïf

La rose
Durant cette saison belle
Du renouveau gracieux,
Lorsque tout se renouvelle
Plein d’amour delicieux,
Ny par la peinte prérie,
Ny sus la haye fleurie,
Ny dans le plus beau jardin,
Je ne voy fleur si exquise
Que plus qu’elle je ne prise
La rose au parfum divin.

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