« Je ne refuse point qu’en si belle jeunesse » de Philippe Desportes

« Je ne refuse point qu’en si belle jeunesse » de Philippe Desportes

 

Je ne refuse point qu’en si belle jeunesse

Je ne refuse point qu’en si belle jeunesse 
De mille et mille amants vous soyez la maîtresse, 
Que vous n’aimiez partout, et que, sans perdre temps, 
Des plus douces faveurs ne les rendiez contents : 
La beauté florissante est trop soudain séchée 
Pour s’en ôter l’usage, et la tenir cachée.
Mais je crève de rage et supporte au-dedans 
Des glaçons trop serrés et des feux trop ardents, 
Quand en dépit de moi vous faites que je sache 
Le mal qui n’est point mal lorsque bien on le cache. (suite…)

« Voyant ces monts de veue ainsi loingtaine » de Mellin de Saint-Gelais

« Voyant ces monts de veue ainsi loingtaine » de Mellin de Saint-Gelais

 

Voyant ces monts de veue ainsi loingtaine

Voyant ces monts de veue ainsi lointaine
Je les compare à mon long desplaisir.
Haut est leur chef, et hault est mon desir,
Leur pied est ferme et ma foy est certaine. (suite…)

« Bien que par le pesché, dont nostre premier pere » de Guillaume de Salluste Du Bartas

« Bien que par le pesché, dont nostre premier pere » de Guillaume de Salluste Du Bartas

 

Bien que par le pesché, dont nostre premier pere

… Bien que par le pesché, dont nostre premier pere
Nous a bannis du ciel, la terre dégenere
De son lustre premier, portant de son seigneur
Sur le front engravé l’éternel deshonneur ;
Que son aage decline avec l’aage du monde ;
Que sa fecondité la rende moins feconde,
Semblable à celle-là dont le corps est cassé
Des tourmens de Lucine, et dont le front lassé
D’avoir de ses enfans peuplé presque une ville,
Espuisé de vertu, devient en fin sterile : (suite…)

« Éloge à la Lune » de Guillaume de Salluste Du Bartas

« Éloge à la Lune » de Guillaume de Salluste Du Bartas

 

Éloge à la lune

Ô le second honneur des celestes chandelles,
Asseuré calendrier des fastes eternelles,
Princesse de la mer, flambeau guide-passant,
Conduy-somme, aime-paix, que diray-je, ô croissant,
De ton front inconstant, qui fait que je balance
Tantost ça tantost là d’une vaine inconstance,
Si par l’oeil toutesfois l’humain entendement
De corps tant esloignez peut faire jugement,
J’estime que ton corps est rond comme une bale,
Dont la superficie en tous lieux presque égale
Comme un miroir poli, or dessus or dessous,
Rejette la clarté du soleil, ton espoux. (suite…)

« Il n’est donc plus d’espoir, et ma plainte perdue » par André Chénier

« Il n’est donc plus d’espoir, et ma plainte perdue » par André Chénier

 

Il n’est donc plus d’espoir, et ma plainte perdue

Il n’est donc plus d’espoir, et ma plainte perdue 
A son esprit distrait n’est pas mème rendue ! 
Couchons-nous sur sa porte. Ici, jusques au jour 
Elle entendra les pleurs d’un malheureux amour. 
Mais, non… Fuyons… Une autre avec plaisir tentée 
Prendra soin d’accueillir ma flamme rebutée, 
Et de mes longs tourments pour consoler mon coeur…
Mais plutôt renonçons à ce sexe trompeur.  (suite…)

« Le Serment » de Marceline Desbordes-Valmore

« Le Serment » de Marceline Desbordes-Valmore

 

Le Serment

Idole de ma vie, 
Mon tourment, mon plaisir,
Dis-moi si ton envie
S’accorde à mon désir ?
Comme je t’aime en mes beaux jours,
Je veux t’aimer toujours. (suite…)

♪ « Bon conseil aux amants » de Victor Hugo

♪ « Bon conseil aux amants » de Victor Hugo

 

Bon conseil aux amants

L’amour fut de tout temps un bien rude Ananké. 
Si l’on ne veut pas être à la porte flanqué, 
Dès qu’on aime une belle, on s’observe, on se scrute ; 
On met le naturel de côté ; bête brute, 
On se fait ange ; on est le nain Micromégas ; 
Surtout on ne fait point chez elle de dégâts ; 
On se tait, on attend, jamais on ne s’ennuie, 
On trouve bon le givre et la bise et la pluie, 
On n’a ni faim, ni soif, on est de droit transi ; 
Un coup de dent de trop vous perd. Oyez ceci : (suite…)

« Vos beaux yeux » de Pierre de Corneille

« Vos beaux yeux » de Pierre de Corneille

 

Vos beaux yeux

Chanson.

Vos beaux yeux sur ma franchise 
N’adressent pas bien leurs coups, 
Tête chauve et barbe grise 
Ne sont pas viande pour vous ; 
Quand j’aurais l’heure de vous plaire, 
Ce serait perdre du temps ; 
Iris, que pourriez-vous faire 
D’un galant de cinquante ans ? (suite…)

« L’Amour de la Patrie » de Paul Verlaine

« L’Amour de la Patrie » de Paul Verlaine

 

L’amour de la Patrie

L’amour de la Patrie est le premier amour 
Et le dernier amour après l’amour de Dieu. 
C’est un feu qui s’allume alors que luit le jour 
Où notre regard luit comme un céleste feu ;

C’est le jour baptismal aux paupières divines 
De l’enfant, la rumeur de l’aurore aux oreilles 
Frais écloses, c’est l’air emplissant les poitrines 
En fleur, l’air printanier rempli d’odeurs vermeilles. (suite…)

« Chanson pour elles » de Paul Verlaine

« Chanson pour elles » de Paul Verlaine

 

Chanson pour elles

Ils me disent que tu es blonde 
Et que toute blonde est perfide, 
Même ils ajoutent ” comme l’onde “.
Je me ris de leur discours vide !
Tes yeux sont les plus beaux du monde 
Et de ton sein je suis avide. (suite…)

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