« Nuit d’été » par Émile NELLIGAN

« Nuit d’été » par Émile NELLIGAN

Nuit d’été

Le violon, d’un chant très profond de tristesse,
Remplit la douce nuit, se mêle aux sons des cors,
Les sylphes vont pleurant comme une âme en détresse,
Et les coeurs des arbres ont des plaintes de morts. (suite…)

« Bestiaire » de Pierre Louÿs

« Bestiaire » de Pierre Louÿs

Bestiaire

I


Je n’aime pas à voir la princesse autrichienne
Qui fait raidir le vit de son grand lévrier,
Puis se courbe sous lui pour lui servir de chienne
Avant que l’empereur songe à la marier.

*

Je n’aime pas qu’Alice en rut lève son linge
Montre son clitoris dardé, rouge et durci,
Long comme un vit de chien, droit comme un vit de singe,
Et soupire : « Ah ! ma gousse ! un coup de langue ici ! »

*

Je n’aime pas à voir qu’une fille de ferme
Fourre un vit de cheval au con d’une jument
Et racle avec la main tout le surplus du sperme
Pour se lécher la patte au soleil, goulûment. (suite…)

Pierre Louÿs : Extraits sur le thème Parures

Pierre Louÿs : Extraits sur le thème Parures

Extraits sur le thème Parures

I


Je n’aime pas à voir la nouvelle tenue
De la jeune lady qui vient au bal masqué
Une cuisse en culotte et l’autre toute nue
Jusqu’au milieu du con, Madame, c’est risqué.

*

Je n’aime pas à voir l’indolente Charlotte
Qui passe en travesti dans un bal familier,
Disant qu’elle a percé le fond de sa culotte
Pour se faire enculer sans se déshabiller. (suite…)

« Chanson de Fortunio » d’Alfred de Musset

« Chanson de Fortunio » d’Alfred de Musset

Chanson de Fortunio d’Alfred de Musset

Si vous croyez que je vais dire
Qui j’ose aimer,
Je ne saurais, pour un empire,
Vous la nommer.

Nous allons chanter à la ronde,
Si vous voulez,
Que je l’adore et qu’elle est blonde
Comme les blés. (suite…)

« Pour de meilleurs choix » par Sam

« Pour de meilleurs choix » par Sam

Pour de meilleurs choix

Oui je t’aime et rêve de toi…
Oui j’aimerais être près de toi…
En te serrant dans mes bras…
Te couvrant de baisers… « Là »…

Oh !…des « là » un peu partout…
Sur les joues… les lèvres… le cou…
Pour rêver les yeux fermés…
À ce qui peut commencer.

(suite…)

Poème de Victor Hugo : « Au bord de la mer »

Poème de Victor Hugo : « Au bord de la mer »

Au bord de la mer

Vois, ce spectacle est beau. – Ce paysage immense
Qui toujours devant nous finit et recommence ;
Ces blés, ces eaux, ces prés, ce bois charmant aux yeux ;
Ce chaume où l’on entend rire un groupe joyeux ;
L’océan qui s’ajoute à la plaine où nous sommes ;
Ce golfe, fait par Dieu, puis refait par les hommes,
Montrant la double main empreinte en ses contours,
Et des amas de rocs sous des monceaux de tours ;
Ces landes, ces forêts, ces crêtes déchirées ;
Ces antres à fleur d’eau qui boivent les marées ;
Cette montagne, au front de nuages couvert,
Qui dans un de ses plis porte un beau vallon vert,
Comme un enfant des fleurs dans un pan de sa robe ;
La ville que la brume à demi nous dérobe,
Avec ses mille toits bourdonnants et pressés ;
Ce bruit de pas sans nombre et de rameaux froissés,
De voix et de chansons qui par moments s’élève ;
Ces lames que la mer amincit sur la grève,
Où les longs cheveux verts des sombres goëmons
Tremblent dans l’eau moirée avec l’ombre des monts ;
Cet oiseau qui voyage et cet oiseau qui joue ;
Ici cette charrue, et là-bas cette proue,
Traçant en même temps chacune leur sillon ;
Ces arbres et ces mâts, jouets de l’aquilon ;
Et là-bas, par-delà les collines lointaines,
Ces horizons remplis de formes incertaines ;
Tout ce que nous voyons, brumeux ou transparent,
Flottant dans les clartés, dans les ombres errant,
Fuyant, debout, penché, fourmillant, solitaire,
Vagues, rochers, gazons, – regarde, c’est la terre ! (suite…)

« À Propos d’Horace » de Victor Hugo

« À Propos d’Horace » de Victor Hugo

A propos d’Horace

Marchands de grec ! marchands de latin ! cuistres ! dogues! 
Philistins ! magisters ! je vous hais, pédagogues ! 
Car, dans votre aplomb grave, infaillible, hébété, 
Vous niez l’idéal, la grâce et la beauté ! 
Car vos textes, vos lois, vos règles sont fossiles ! 
Car, avec l’air profond, vous êtes imbéciles ! 
Car vous enseignez tout, et vous ignorez tout ! 
Car vous êtes mauvais et méchants ! — Mon sang bout 
Rien qu’à songer au temps où, rêveuse bourrique, 
Grand diable de seize ans, j’étais en rhétorique ! 
Que d’ennuis ! de fureurs ! de bêtises ! — gredins ! — 
Que de froids châtiments et que de chocs soudains ! 
«Dimanche en retenue et cinq cents vers d’Horace !» 
Je regardais le monstre aux ongles noirs de crasse, 
Et je balbutiais : «Monsieur… — Pas de raisons ! 
Vingt fois l’ode à Panclus et l’épître aux Pisons !» 
Or j’avais justement, ce jour là, — douce idée 
Qui me faisait rêver d’Armide et d’Haydée, — 
Un rendez-vous avec la fille du portier. 
Grand Dieu ! perdre un tel jour ! le perdre tout entier ! 
Je devais, en parlant d’amour, extase pure ! 
En l’enivrant avec le ciel et la nature, 
La mener, si le temps n’était pas trop mauvais, 
Manger de la galette aux buttes Saint-Gervais ! 
Rêve heureux ! je voyais, dans ma colère bleue, 
Tout cet Éden, congé, les lilas, la banlieue, 
Et j’entendais, parmi le thym et le muguet, 
Les vagues violons de la mère Saguet ! 
O douleur ! furieux, je montais à ma chambre, 
Fournaise au mois de juin, et glacière en décembre ; 
Et, là, je m’écriais : 

(suite…)

« Amour Secret » de Victor Hugo

« Amour Secret » de Victor Hugo

Amour Secret

Ô toi d’où me vient ma pensée,
Sois fière devant le Seigneur !
Relève ta tête abaissée,
Ô toi d’où me vient mon bonheur !

Quand je traverse cette lieue
Qui nous sépare, au sein des nuits,
Ta patrie étoilée et bleue
Rayonne à mes yeux éblouis.

C’est l’heure où cent lampes en flammes
Brillent aux célestes plafonds ;
L’heure où les astres et les âmes
Échangent des regards profonds.

Je sonde alors ta destinée,
Je songe à toi, qui viens des cieux,
A toi, grande âme emprisonnée,
A toi, grand cœur mystérieux !

Noble femme, reine asservie,
Je rêve à ce sort envieux
Qui met tant d’ombre dans ta vie,
Tant de lumière dans tes yeux

Moi, je te connais tout entière
Et je te contemple à genoux ;
Mais autour de tant de lumière
Pourquoi tant d’ombre, ô sort jaloux ?

Dieu lui donna tout, hors l’aumône
Qu’il fait à tous dans sa bonté ;
Le ciel qui lui devait un trône
Lui refusa la liberté.

Oui, ton aile, que le bocage,
Que l’air joyeux réclame en vain,
Se brise aux barreaux d’une cage,
Pauvre grande âme, oiseau divin ! (suite…)

« De Toi à moi » par Dentelle, poète amateur

« De Toi à moi » par Dentelle, poète amateur

De Toi à moi

C’est par ce temps glacé
Que je voudrais déposer
Sur ta bouche un baiser
Histoire de te goûter. (suite…)

« Ballet de madame, de petites nymphes qui mènent l’amour prisonnier. Au roi » de François de Malherbe

« Ballet de madame, de petites nymphes qui mènent l’amour prisonnier. Au roi » de François de Malherbe

Ballet de madame, de petites nymphes qui mènent l’amour prisonnier. Au roi

Dame Helen Mirren

Dame Helen Mirren Par Sougata Ghosh

A la fin tant d’amants dont les âmes blessées
Languissent nuit et jour,
Verront sur leur auteur leurs peines renversées,
Et seront consolés aux dépens de l’Amour.

Ce public ennemi, cette peste du monde,
Que l’erreur des humains
Fait le maître absolu de la terre et de l’onde,
Se treuve à la merci de nos petites mains.

Nous le vous amenons dépouillé de ses armes
O roi, l’astre des rois,
Quittez votre bonté, moquez-vous de ses larmes,
Et lui faites sentir la rigueur de vos lois. (suite…)

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