« La Forêt de Tristesse » de Jacques Milet

« La Forêt de Tristesse » de Jacques Milet

La Forêt de Tristesse

C’est icy la forest d’ennuy,
Ou arbre nesung1 fruict ne porte
Et n’y peut vivre en paix nulluy,
Tout est layt et de fausse sorte.
Tout ainsi qu’elle se comporte,
Melancolie en est la dame,
Et n’est creature si forte
Qui contre elle droit y reclame.

Elle se tient icy bien pres
En ung chastel moult orgueilleux,
Et le voit on tantost après
Que l’on sault des pas2 perilleux :
Il a nom Melancolieux
Par son droit nom ainsi qu’on dit,
Et siet sur ung roch merveilleux
En pays desert et maudit
(suite…)

« La main » par Alain Verdure

« La main » par Alain Verdure

La main

La main tout doucement, se pose sur un genou,
Elle reste là, figée, n’ose pas d’avantage,
Se permettre autre chose serait un rêve fou,
Pourtant tant de trésors et tant d’autres rivages. (suite…)

« Je mets mon vit contre ta joue » de Georges Bataille

« Je mets mon vit contre ta joue » de Georges Bataille

« Je mets mon vit contre ta joue »

Je mets mon vit contre ta joue
le bout frôle ton oreille
lèche mes bourses lentement
ta langue est douce comme l’eau

ta langue est crue comme une bouchère
elle est rouge comme un gigot
sa pointe est un coucou criant,
mon vit sanglote de salive (suite…)

« Réveil érotique » par Fleurbleu74

« Réveil érotique » par Fleurbleu74

Réveil érotique

Je pense à toi mon amour adoré….
Toi qui dans ton sommeil est encore plongé….
Je m’imagine collé tout contre toi…..
Nos deux corps enlacés sous les draps…..
Du bout de mon nez je caresse ton épaule…
Ma main sur ta peau qui te frôle….
Je sens ton corps ondulé…. (suite…)

« Vers gnomiques » de Marguerite Yourcenar

« Vers gnomiques » de Marguerite Yourcenar

Vers gnomiques

Je t’ai vu grandir comme un arbre,
Inénarrable éternité ;
Je t’ai vu durcir comme un marbre,
Indicible réalité. (suite…)

« Ceux qui nous attendaient » de Marguerite Yourcenar

« Ceux qui nous attendaient » de Marguerite Yourcenar

Ceux qui nous attendaient

Ceux qui nous attendaient, se sont lassés d’attendre,
Et sont morts sans savoir que nous allions venir,
Ont refermé leurs bras qu’ils ne peuvent plus tendre,
Nous léguant un remords au lieu d’un souvenir. (suite…)

« Ariane » de Marie Krysinska

« Ariane » de Marie Krysinska

À Jean Moréas.

Trêve aux plaintes, assez de sanglots;
Ce triste cœur est dévasté de larmes;
Et devenu pareil à un champ de combat,
Où la trahison de l’amant –
Sous son glaive aux éclairs meurtriers –
Coucha toutes les jeunes et puissantes joies
Mortes, baignées dans leur sang.
Et parmi tes roches plus clémentes
Que l’âme criminelle de Thésée,
Sur ton sol muet, ô farouche Naxos!
Ariane s’endort;
Tandis que sur la mer complice,
A l’horizon s’effacent
Les voiles blanches des trirèmes.
Elle dort. Les mélancoliques roses
Nées sous les pleurs,
Font albatréen son beau visage.
Et sur ses bras nus, aux joyaux barbares,
Frémissent les papillons d’ombre saphirine,
Que projettent les sapins
Dans le soir tombant. –
Le ciel a revêtu ses plus riches armures
D’or et de bronze.

(suite…)

« Le Présent » par Sixtine

« Le Présent » par Sixtine

Le Présent

Ton corps, qui crève d’envie de posséder le mien,
Guide mes doigts aux plus intimes caresses
Comme un hommage à nos délires abéliens,
Avant que tu ne deviennes l’homme-forteresse.

Ma main s’envole et se pose sur ma bouche ;
Elle effleure mes lèvres qui connaissent ton goût,
Elle devient Toi que plus rien n’effarouche,
Lorsque ton désir l’emporte, et se fait si doux.
(suite…)

« Nuit Blanche » de Jacques Hiers

« Nuit Blanche » de Jacques Hiers

Nuit Blanche

Nuit blanche dans tes draps
Où ton corps se déhanche,
Nuit blanche dans tes bras
Avec nos avalanches
De baisers en flocons,
La lune sur tes hanches
Fait comme un gros ballon
Qui, tout en moi déclenche
Des hordes de frissons…
Nuit blanche entre Toi et moi,
Les crissis de tes soies
En nos étreintes franches,
Et ton souffle et ta voix
Mourant sur mon épaule,
Tes cheveux blonds me frôlent
En filaments de joie,
Quand sur moi tu te penches
Et voiles mes regards,
Ton cri au fond du soir
Quand ta chair s’est donnée,
Nos âmes sont miroirs
En vibrantes Psychés ;
Il se fait tôt ou tard,
Personne ne le sait,
La nuit ou le matin
Cernent là nos regards
Aux cernes fins et bruns…
Tes bas crissent encor
En des sanglots sans fin
Que j’en reperds le nord
Au début d’un matin… (suite…)

Lettre VIII d’Abédiard à Héloïse

Lettre VIII d’Abédiard à Héloïse

Lettre d’Abédiard à Héloïse

Lettre VIII

Envoi de la règle

J’ai déjà satisfait, dans la mesure du possible, à une partie de la requête que tu m’as adressée; il me faut maintenant, avec l’aide de Dieu, m’occuper de l’autre partie, pour répondre à ton attente comme à celle de tes filles spirituelles. Il me reste donc, pour suivre à la lettre votre demande, à rédiger et vous transmettre des statuts qui serviront de règle à votre vocation. Ainsi pourrez‑vous vous référer à un texte, plutôt que de vous en remettre à la coutume, quand vous chercherez à réglementer votre conduite. (suite…)

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