« Confession » de Charles Baudelaire

« Confession » de Charles Baudelaire

 

Confession

Une fois, une seule, aimable et douce femme,
A mon bras votre bras poli
S’appuya (sur le fond ténébreux de mon âme
Ce souvenir n’est point pâli) ;

Il était tard ; ainsi qu’une médaille neuve
La pleine lune s’étalait,
Et la solennité de la nuit, comme un fleuve,
Sur Paris dormant ruisselait. (suite…)

« Débâcle magique » par Michel Allowin

« Débâcle magique » par Michel Allowin

 

Débâcle magique

Notre première fois
C’est parti de guingois,
En compote de glaouis. (suite…)

« Le regard libertin » par Lunastrelle

« Le regard libertin » par Lunastrelle

 

Le regard libertin

J’aurai toujours pour vous Mesdames
Un regard pénétrant
Jusque dans les moindres recoins
De vos jardins secrets
Non pour en violer l’intimité
Mais en jardinier attentionné
Faisant venir à maturité
Les fruits à la chair tendre et sucrée
Des désirs ardents dormant au fond de vos cœurs. (suite…)

« Mai » par Guillaume Apollinaire

« Mai » par Guillaume Apollinaire

 

Mai

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
Les pétales fleuris sont comme ses paupières

(suite…)

« L’Art » par Théophile Gauthier

« L’Art » par Théophile Gauthier

 

L’art

Oui, l’œuvre sort plus belle
D’une forme au travail
Rebelle,
Vers, marbre, onyx, émail.

Point de contraintes fausses !
Mais que pour marcher droit
Tu chausses,
Muse, un cothurne étroit.

Fi du rythme commode,
Comme un soulier trop grand,
Du mode
Que tout pied quitte et prend !

Statuaire, repousse
L’argile que pétrit
Le pouce,
Quand flotte ailleurs l’esprit ;

Lutte avec le carrare,
Avec le paros dur
Et rare,
Gardiens du contour pur ;

Emprunte à Syracuse
Son bronze où fermement
S’accuse
Le trait fier et charmant ;

D’une main délicate
Poursuis dans un filon
D’agate
Le profil d’Apollon.

Peintre, fuis l’aquarelle,
Et fixe la couleur
Trop frêle
Au four de l’émailleur.

Fais les sirènes bleues,
Tordant de cent façons
Leurs queues,
Les monstres des blasons ;

Dans son nimbe trilobe
La Vierge et son Jésus,
Le globe
Avec la croix dessus.

Tout passe. – L’art robuste
Seul a l’éternité.
Le buste
Survit à la cité.

(suite…)

« L’automne et l’écho » de Guillaume Apollinaire

« L’automne et l’écho » de Guillaume Apollinaire

 

L’automne et l’écho

Je suis soumis au chef du signe de l’automne
Partant j’aime les fruits je déteste les fleurs
Je regrette chacun des baisers que je donne
Et je vis anxieux dans un concert d’odeurs (suite…)

« Bains » par CYR

« Bains » par CYR

 

Bains

Sa peau 
sent le savon
et l’eau
en mousson
coule
sur ses poils blonds,
moule
son ventre rond.

Ses doigts de bulle
glissent
sur ses seins lisses.
Ses doigts de bulle
s’immiscent
dans l’orifice.

(suite…)

« Musée Secret » de Théophile Gautier

« Musée Secret » de Théophile Gautier

 

Musée secret

Des déesses et des mortelles
Quand ils font voir les charmes nus
Les sculpteurs grecs plument les ailes
De la colombe de Vénus.

Sous leur ciseau s’envole et tombe
Le doux manteau qui la revêt
Et sur son nid froid la colombe
Tremble sans plume et sans duvet.

Ô grands païens, je vous pardonne !
Les Grecs enlevant au contour
Le fin coton que Dieu lui donne
Otaient son mystère à l’amour ;

Mais nos peintres tondant leurs toiles
Comme des marbres de Paros,
Fauchent sur les beaux corps sans voiles
Le gazon où s’assied Éros.

(suite…)

« Ô prompt à croire et tardif à savoir » de Marguerite de Navarre (Marie de France)

« Ô prompt à croire et tardif à savoir » de Marguerite de Navarre (Marie de France)

 

Ô prompt à croire et tardif à savoir

Ô prompt à croire et tardif à savoir 
Le vrai, qui tant clairement se peut voir, 
A votre coeur reçu telle pensée 
Qu’à tout jamais j’en demeure offensée ? 
Est-il entré dans votre entendement, 
Que dans mon coeur y ait un autre amant ? 
Hélas ! mon Dieu, avez-vous bien pu croire 
Qu’autre que vous puisse être en ma mémoire ? 
Est-il possible ? A mensonge crédit 
En votre endroit, ainsi que l’avez dit ?  (suite…)

« Ballade de bonne doctrine à ceux de mauvaise vie » de François Villon

« Ballade de bonne doctrine à ceux de mauvaise vie » de François Villon

 

Ballade de bonne doctrine à ceux de mauvaise vie

” Car ou soies porteur de bulles,
Pipeur ou hasardeur de dés,
Tailleur de faux coins et te brûles
Comme ceux qui sont échaudés,
Traîtres parjurs, de foi vidés ;
Soies larron, ravis ou pilles :
Où s’en va l’acquêt, que cuidez ?
Tout aux tavernes et aux filles.

(suite…)

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