« Ô prompt à croire et tardif à savoir » de Marguerite de Navarre (Marie de France)

« Ô prompt à croire et tardif à savoir » de Marguerite de Navarre (Marie de France)

 

Ô prompt à croire et tardif à savoir

Ô prompt à croire et tardif à savoir 
Le vrai, qui tant clairement se peut voir, 
A votre coeur reçu telle pensée 
Qu’à tout jamais j’en demeure offensée ? 
Est-il entré dans votre entendement, 
Que dans mon coeur y ait un autre amant ? 
Hélas ! mon Dieu, avez-vous bien pu croire 
Qu’autre que vous puisse être en ma mémoire ? 
Est-il possible ? A mensonge crédit 
En votre endroit, ainsi que l’avez dit ?  (suite…)

« Ballade de bonne doctrine à ceux de mauvaise vie » de François Villon

« Ballade de bonne doctrine à ceux de mauvaise vie » de François Villon

 

Ballade de bonne doctrine à ceux de mauvaise vie

” Car ou soies porteur de bulles,
Pipeur ou hasardeur de dés,
Tailleur de faux coins et te brûles
Comme ceux qui sont échaudés,
Traîtres parjurs, de foi vidés ;
Soies larron, ravis ou pilles :
Où s’en va l’acquêt, que cuidez ?
Tout aux tavernes et aux filles.

(suite…)

Poème « Fenêtres ouvertes » de Victor Hugo

Poème « Fenêtres ouvertes » de Victor Hugo

 

Fenêtres ouvertes

Le matin – En dormant (suite…)

« La Montagne qui accouche » de Jean de la Fontaine

« La Montagne qui accouche » de Jean de la Fontaine

 

La Montagne qui accouche

Une Montagne en mal d’enfant
Jetait une clameur si haute,
Que chacun au bruit accourant
Crut qu’elle accoucherait, sans faute,
D’une Cité plus grosse que Paris :
Elle accoucha d’une Souris.

(suite…)

« Eve et Marie » de Pierre Corneille

« Eve et Marie » de Pierre Corneille

 

Eve et Marie

Homme, qui que tu sois, regarde Eve et Marie,
Et comparant ta mère à celle du Sauveur,
Vois laquelle des deux en est le plus chérie,
Et du Père Éternel gagne mieux la faveur. (suite…)

« La Mort de l’aigle » par José-Maria de Heredia

« La Mort de l’aigle » par José-Maria de Heredia

 

La mort de l’aigle

Quand l’aigle a dépassé les neiges éternelles, 
A ses larges poumons il veut chercher plus d’air 
Et le soleil plus proche en un azur plus clair 
Pour échauffer l’éclat de ses mornes prunelles. (suite…)

« Je ne refuse point qu’en si belle jeunesse » de Philippe Desportes

« Je ne refuse point qu’en si belle jeunesse » de Philippe Desportes

 

Je ne refuse point qu’en si belle jeunesse

Je ne refuse point qu’en si belle jeunesse 
De mille et mille amants vous soyez la maîtresse, 
Que vous n’aimiez partout, et que, sans perdre temps, 
Des plus douces faveurs ne les rendiez contents : 
La beauté florissante est trop soudain séchée 
Pour s’en ôter l’usage, et la tenir cachée.
Mais je crève de rage et supporte au-dedans 
Des glaçons trop serrés et des feux trop ardents, 
Quand en dépit de moi vous faites que je sache 
Le mal qui n’est point mal lorsque bien on le cache. (suite…)

« Voyant ces monts de veue ainsi loingtaine » de Mellin de Saint-Gelais

« Voyant ces monts de veue ainsi loingtaine » de Mellin de Saint-Gelais

 

Voyant ces monts de veue ainsi loingtaine

Voyant ces monts de veue ainsi lointaine
Je les compare à mon long desplaisir.
Haut est leur chef, et hault est mon desir,
Leur pied est ferme et ma foy est certaine. (suite…)

« Bien que par le pesché, dont nostre premier pere » de Guillaume de Salluste Du Bartas

« Bien que par le pesché, dont nostre premier pere » de Guillaume de Salluste Du Bartas

 

Bien que par le pesché, dont nostre premier pere

… Bien que par le pesché, dont nostre premier pere
Nous a bannis du ciel, la terre dégenere
De son lustre premier, portant de son seigneur
Sur le front engravé l’éternel deshonneur ;
Que son aage decline avec l’aage du monde ;
Que sa fecondité la rende moins feconde,
Semblable à celle-là dont le corps est cassé
Des tourmens de Lucine, et dont le front lassé
D’avoir de ses enfans peuplé presque une ville,
Espuisé de vertu, devient en fin sterile : (suite…)

« Éloge à la Lune » de Guillaume de Salluste Du Bartas

« Éloge à la Lune » de Guillaume de Salluste Du Bartas

 

Éloge à la lune

Ô le second honneur des celestes chandelles,
Asseuré calendrier des fastes eternelles,
Princesse de la mer, flambeau guide-passant,
Conduy-somme, aime-paix, que diray-je, ô croissant,
De ton front inconstant, qui fait que je balance
Tantost ça tantost là d’une vaine inconstance,
Si par l’oeil toutesfois l’humain entendement
De corps tant esloignez peut faire jugement,
J’estime que ton corps est rond comme une bale,
Dont la superficie en tous lieux presque égale
Comme un miroir poli, or dessus or dessous,
Rejette la clarté du soleil, ton espoux. (suite…)

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