« Stances » – Antoinette Deshoulières

Stances

Rupture
(tristesse) Par hugo b♪rth♪→photostream

Agréables transports qu’un tendre amour inspire,
Désirs impatients, qu’êtes-vous devenus ?
Dans le cœur du berger pour qui le mien soupire
Je vous cherche, je vous désire,
Et je ne vous retrouve plus.

Son rival est absent, et la nuit qui s’avance
Pour la troisième fois a triomphé du jour,
Sans qu’il ait profité de cette heureuse absence ;
Avec si peu d’impatience,
Hélas! on a guère d’amour.

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« Stances Galantes » – Molière

Stances Galantes

[singlepic id=132 w=320 h=240 float=right]Souffrez qu’Amour cette nuit vous réveille ;
Par mes soupirs laissez-vous enflammer ;
Vous dormez trop, adorable merveille,
Car c’est dormir que de ne point aimer.

Ne craignez rien ; dans l’amoureux empire
Le mal n’est pas si grand que l’on le fait
Et, lorsqu’on aime et que le cœur soupire,
Son propre mal souvent le satisfait.

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« La mort, l'amour, la vie » – Paul Éluard

La Mort

La Mort, l’Amour, la Vie

J’ai cru pouvoir briser la profondeur de l’immensité
Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho
Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges
Comme un mort raisonnable qui a su mourir
Un mort non couronné sinon de son néant
Je me suis étendu sur les vagues absurdes
Du poison absorbé par amour de la cendre
La solitude m’a semblé plus vive que le sang Continuer la lecture de « « La mort, l'amour, la vie » – Paul Éluard »

« Une Jeune fille » – Victor Hugo

Une jeune fille

Une Jeune Fille
Jeune fille vert amande Par Fabienne Félix

J’aime. Ô vents, chassez l’hiver.
Les plaines sont embaumées.
L’oiseau semble, aux bois d’Aser,
Une âme dans les ramées.

L’amante court vers l’amant ;
Il me chante et je le chante.
Oh ! comme on dort mollement
Sous une branche penchante !

Je m’éveille en le chantant ;
En me chantant il s’éveille ;
L’aurore croit qu’elle entend
Deux bourdonnements d’abeille.

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« Comme la licorne » – Thibault de Champagne

Je suis comme la licorne

[singlepic id=128 w=320 h=240 mode=web20 float=right]Je suis comme la licorne
En extase devant la jeune fille
Dont elle ne détache pas ses regards.
Elle éprouve un si doux malaise
Qu’elle tombe sans connaissance en son giron.
Alors on la met à mort par traîtrise.
De même Amour et ma dame
M’ont blessé à mort, en vérité :
Ils ont mon cœur et je ne puis le reprendre.

Dame, quand je fus devant vous
Et que je vous vis pour la première fois,
Mon cœur tressaillit tant
Qu’il vous resta à mon départ.
Je fus alors emmené sans demande de rançon,
Captif dans la douce prison
Dont les piliers sont faits de désir,
Les portes de beaux regards
Et les anneaux de bon espoir.

Amour a la clé de la prison
Et il y a placé trois portiers.
Le premier s’appelle Beau Semblant
Et Amour a fait de Beauté leur maîtresse.
Il a mis Danger devant la porte,
Un vilain, affreux, traître, dégoûtant,
Un gueux, un scélérat.
Ces trois-là sont rusés et hardis,
Ils se saisissent vite d’un homme.

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« Quand en songeant ma folâtre j'acolle » – Pierre de Ronsard

Délicate Cambrure

Quand en songeant ma folâtre j’acolle

Quand en songeant ma folâtre j’acolle
Laissant mes flancs sur les siens s’allonger,
Et que, d’un branle habilement léger,
En sa moitié ma moitié je recolle !
Amour, adonc si follement m’affole,
Qu’un tel abus je ne voudroi changer,
Non au butin d’un rivage étranger,
Non au sablon qui jaunoie en Pactole. Continuer la lecture de « « Quand en songeant ma folâtre j'acolle » – Pierre de Ronsard »