« Larme de Cristal » de Rémi Levraut

Larme de Cristal

En ce matin pluvieux,
J’espère que tu vas mieux,
Rien ne sera jamais plus précieux,
Qu’une larme sur ton visage gracieux,
Sourire se dessiner doucement je le veux,
Le beau reflet du cristal éblouir ces yeux,
Sur ta joue danser un instant harmonieux,
Couler sur tes lèvres en ce jour délicieux,
Pleurer n’est des fois pas si douloureux,
Le cœur gros on en appelle aux dieux,
Une nuit il viendra voir en ce lieu,
Aimer tu verras est contagieux,
Bien avant qu’il ne soit vieux,
D’un pas silencieux,
Porter aux cieux,
Nous deux
!

Rémi Levraut

Larme de Cristal
De la solitude ordinaire... par ImAges ImprObables

« Visage dans les yeux » de Victor Segalen

Doux rêve

Visage dans les yeux

Puisant je ne sais quoi ; au fond de ses yeux jetant
le panier tressé de mon désir, je n’ai pas obtenu le
jappement de l’eau pure et profonde.

Main sur main, pesant la corde écailleuse, me
déchirant les paumes, je n’ai levé pas même une
goutte de l’eau pure et profonde :

Ou que le panier fut lâchement tressé, ou la corde
brève ; ou s’il n’y avait rien au fond. Continuer la lecture de « « Visage dans les yeux » de Victor Segalen »

« Je t'envoie un Rêve » de Jasmine Robinson

Je t’envoie un Rêve

Je t’envoie un rêve
Fais un souhait,
Quand tu vois une étoile scintiller,
Ton désir sera réalisé,
Les rêves sont faits de bonheur,
Je t’accorde ton souhait.
Sens ton corps flotter, Doucement dans le ciel,
La lune et les étoiles se heurtent,
Lors de ton passage Le ciel est rempli de merveilles,
À toi d’apprendre à les voir,
Les rêves ne s’effacent jamais,
Ils sont éternels.
Le cœur est rempli de beauté,
L’âme est rempli d’amour,
Regarde ton étoile briller,
Sens la douce chaleur s’immiscer en toi.
Sens cette brise tomber en cascade,
Qui suit tes mouvements,
Tes rêves de demain,
Aujourd’hui sont réalités.
Repose-toi devant toute cette beauté,
Et quand tu sortiras de ton sommeil,
Le soleil aura un tel éclat,

 Tes yeux seront remplis d’étoiles.

Jasmine Robinson

« Blessé d'une plaie inhumaine » de Philippe Desportes

Blessé d’une plaie inhumaine

Personnel of the Royal Canadian Army Medical Corps checking the condition of a wounded Canadian soldier being evacuated to a Field Surgical Unit. / Le personnel du Corps de santé royal canadien examine un soldat canadien blessé que l'on transporte à une U Par BiblioArchives / LibraryArchives
Personnel of the Royal Canadian Army Medical Corps checking the condition of a wounded Canadian soldier being evacuated to a Field Surgical Unit. / Le personnel du Corps de santé royal canadien examine un soldat canadien blessé que l’on transporte à une U Par BiblioArchives / LibraryArchives

Blessé d’une plaie inhumaine,
Loin de tout espoir de secours,
Je m’avance à ma mort prochaine,
Plus chargé d’ennuis que de jours.

Celle qui me brûle en sa glace,
Mon doux fiel, mon mal et mon bien,
Voyant ma mort peinte en ma face,
Feint hélas ! n’y connaître rien.

Comme un roc à l’onde marine
Elle est dure aux flots de mes pleurs :
Et clôt, de peur d’être bénine,
L’oreille au son de mes douleurs

D’autant qu’elle poursuit ma vie,
D’ennuis mon service payant,
Je la dirai mon ennemie,
Mais je l’adore en me hayant.
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« Le jet d'eau » de Charles Baudelaire

Jet d'eau fait par un enfant

Le jet d’eau

Tes beaux yeux sont las, pauvre amante !
Reste longtemps, sans les rouvrir,
Dans cette pose nonchalante
Où t’a surprise le plaisir.
Dans la cour le jet d’eau qui jase
Et ne se tait ni nuit ni jour,
Entretient doucement l’extase
Où ce soir m’a plongé l’amour.

La gerbe épanouie
En mille fleurs,
Où Phoebé réjouie
Met ses couleurs,
Tombe comme une pluie
De larges pleurs.

Ainsi ton âme qu’incendie
L’éclair brûlant des voluptés
S’élance, rapide et hardie,
Vers les vastes cieux enchantés.
Puis, elle s’épanche, mourante,
En un flot de triste langueur,
Qui par une invisible pente
Descend jusqu’au fond de mon cœur.

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« Chant d'amour (II) » d'Alphonse de Lamartine

Chant d’amour (II)

Feuille de Tremble
Poplar leaf – Feuille de tremble Par monteregina

Un de ses bras fléchit sous son cou qui le presse,
L’autre sur son beau front retombe avec mollesse,
Et le couvre à demi :
Telle, pour sommeiller, la blanche tourterelle
Courbe son cou d’albâtre et ramène son aile
Sur son œil endormi !

Le doux gémissement de son sein qui respire
Se mêle au bruit plaintif de l’onde qui soupire
À flots harmonieux ;
Et l’ombre de ses cils, que le zéphyr soulève,
Flotte légèrement comme l’ombre d’un rêve
Qui passe sur ses yeux ! Continuer la lecture de « « Chant d'amour (II) » d'Alphonse de Lamartine »

« Ton Souvenir est comme un livre… » – Albert Samain

Ton Souvenir est comme un livre…

Doux Souvenir
En Doux Souvenirs …. In quiet memory … Ray charles  » …  » Sorry seems to be the hardest word  » Par gmayster01 on & off …

Ton Souvenir est comme un livre bien aimé,
Qu’on lit sans cesse, et qui jamais n’est refermé,
Un livre où l’on vit mieux sa vie, et qui vous hante
D’un rêve nostalgique, où l’âme se tourmente.

Je voudrais, convoitant l’impossible en mes vœux,
Enfermer dans un vers l’odeur de tes cheveux ;
Ciseler avec l’art patient des orfèvres
Une phrase infléchie au contour de tes lèvres ;

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« Les yeux qui me surent prendre » de Mellin de Saint-Gelais

Ses Yeux

Les yeux qui me surent prendre

Chanson

Ses Yeux
L’ENCRE DE SES YEUX … Par gmayster01 on & off …

Les yeux qui me surent prendre
Sont si doux et rigoureux
Que mon cœur n’ose entreprendre
De s’en montrer langoureux.
Il se sent mourir pour eux
Et feint d’être sans douleur.
Ô que celui est heureux
Qui peut dire son malheur ! Continuer la lecture de « « Les yeux qui me surent prendre » de Mellin de Saint-Gelais »

« Le Lendemain » – Évariste de Forges de Parny

Eleonore

Le Lendemain

À Éléonore

Enfin, ma chère Éléonore,
Tu l’ as connu ce péché si charmant
Que tu craignais, même en le désirant;
En le goûtant, tu le craignais encore.
Eh bien, dis-moi ; qu’ a-t-il donc d’ effrayant ?
Que laisse-t-il après lui dans ton âme ?
Un léger trouble, un tendre souvenir,
L’étonnement de sa nouvelle flamme,
Un doux regret, et surtout un désir.
Déjà la rose aux lis de ton visage
Mêle ses brillantes couleurs;
Dans tes beaux yeux, à la pudeur sauvage
Succèdent les molles langueurs,
Qui de nos plaisirs enchanteurs
Sont à la fois la suite et le présage.
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