« Leurs yeux toujours purs » par Paul Éluard

Caresse des Yeux

Leurs yeux toujours purs

Jours de lenteur, jours de pluie,
Jours de miroirs brisés et d’aiguilles perdues
Jours de paupières closes à l’horizon des mers,
D’heures toutes semblables, jours de captivité.

Mon esprit qui brillait encore sur les feuilles
Et les fleurs, mon esprit est nu comme l’amour,
L’aurore qu’il oublie lui fait baisser la tête
Et contempler son corps obéissant et vain. Continuer la lecture de « « Leurs yeux toujours purs » par Paul Éluard »

« Gordes, que Du Bellay aime plus que ses yeux » de Joachim du Bellay

Ses Yeux

Gordes, que Du Bellay aime plus que ses yeux

Ses Yeux
L’ENCRE DE SES YEUX … Par gmayster01 on & off …

Gordes, que Du Bellay aime plus que ses yeux,
Vois comme la nature, ainsi que du visage,
Nous a faits différents de moeurs et de courage,
Et ce qui plaît à l’un, à l’autre est odieux.

Tu dis : je ne puis voir un sot audacieux
Qui un moindre que lui brave à son avantage,
Qui s’écoute parler, qui farde son langage,
Et fait croire de lui qu’il est mignon des dieux.

Je suis tout au contraire, et ma raison est telle :
Celui dont la douleur courtoisement m’appelle,
Me fait outre mon gré courtisan devenir :

Mais de tel entretien le brave me dispense :
Car n’étant obligé vers lui de récompense,
Je le laisse tout seul lui-même entretenir.

Joachim du Bellay

Les Regrets

« À la plus belle de mes yeux : Gilon » de Germain-Colin Bucher

À la plus belle de mes yeux : Gilon

Devant les dieux de clémence et concorde
Et devant toi, fille non comparable,
De qui mon âme attend miséricorde,
Je fais un voeu solennel et durable.
Que la grand’ grâce en ton corps admirable
Ne me fait point poursuivre ta merci,
Non ta beauté sur Hélène exemplable,
Non ta maison, non ta richesse aussi ;  Continuer la lecture de « « À la plus belle de mes yeux : Gilon » de Germain-Colin Bucher »

“Juin” de Marc Dupuy

Juin

Poème original disponible sur les poèmes de Marc DUPUY

Le garçon des amours
Apprivoise son cœur.

Ses mains, déjà si proches,
se défont dans la pénombre.

Pourquoi voles-tu de ces lèvres
des poignées de lumière à brûler ?

L’éclipse se rapproche et submerge
l’émail de mes yeux.

Et je te laisse, transpercé et âpre,
le Harpon au poing, jusqu’au bout.

Marc Dupuy

Juin de Marc DUPUY
into the wild Par hippolyte photography

« Je me Souviens » de Cypora Sebagh

Je me Souviens

Je me souviens de soirs où, sous la lune rousse,
Dans l’étang familier, ricochaient mes cailloux,
Quand au jardin fleuri, s’écorchaient mes genoux,
Elle séchait mes pleurs, quand je suçais mon pouce.

Je me souviens, aussi, qu’en la forêt profonde,
Le chant des oisillons me paraissait si doux,
Sous les gouttes de pluie, piétinant la gadoue,
Elle attendait, transie, guettant chaque seconde.

Ô comme j’aimerais redevenir enfant !
Redevenir petite en ses bras accueillants !
Je suis devenue grande et si elle est bien vieille,

Si nos mois, nos années ont fui, impétueux,
Sans jamais retenir la course du soleil,
Je vois toujours briller tant d’amour en ses yeux.

Cypora Sebagh

N is for je me souviens
N is for je me souviens Par urbanmkr

« Le ciel avoit decouvert ses beaux yeus » de Philibert Bugnyon

Jeune femme à forte poitrine : Stormy Daniels

Le ciel avoit decouvert ses beaux yeus

Le ciel avoit decouvert ses beaux yeus,
Pour eclairer la nuit sombre et obscure,
Quand j’apperceu la vive pourtraiture
De celle, ou git mon espoir gracieus.

Je fu trompé par l’espoir radieus
Que ses flambeaux jettoient à l’avanture,
Sur le plus haut de ma propre stature,
Qui luy servoit d’objet delicieus.

Si lustre étoit, et limpide sa veuë,
Si transparent et si tres-emouluë,
Qu’elle excedoit en lueur, les etoiles :

Je ne la peu jamais voir à plaisir,
Bien que tel fu mon envieus desir,
Tant s’opposoient devant mes yeus de voiles.

Philibert Bugnyon