« Dans la fièvre du ciel nocturne, l’aube passe » de Renée Vivien

photo of thunderstorm

Dans la fièvre du ciel nocturne, l’aube passe,
Les mains fraîches, riant dans le ciel argentin,
Et, comme les débris d’un somptueux festin,
Les nuages fanés s’effeuillent dans l’espace.

Tes yeux ont le reflet des eaux mortes ; ta grâce
D’amoureuse blêmit au souffle du matin ;
De tes lèvres s’exhale un soupir enfantin ;
Lentement s’alanguit ta forme ardente et lasse.

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« Valse » de Marie Krysinska

Valse

[singlepic id=103 w=320 h=240 mode=web20 float=right]Ah! pourquoi de vos yeux
Tant appeler mes yeux,
Et pourquoi d’une folle étreinte me dire
Que tout est puéril
Hors élan de nos cœurs
Éperdus l’un vers l’autre.
Ces lampes claires et ces girandoles
Dévoileraient mon trouble sans doute,
Si je laissais vos yeux
Tant parler à mes yeux.
Vois l’enchantement de cette nuit complice
Et ces roses
Amoureuses
Aux corsages des Amoureuses.
Respirons les arômes charmants
Qui montent de ces fleurs,
Parées comme des femmes,
Et des ces femmes parées
Comme des fleurs.
Enivrons-nous du doux vin
Cher à Cythérée,
Tandis que les violons
Traînent des notes pâmées
Et que les violoncelles sont
Des voix humaines extasiées.
Ne fuyez pas, chers yeux, tes yeux
Abandonnez-vous vaincus et vainqueurs,
Abandonnez-vous, tes yeux à mes yeux.

Marie Krysinska

Rythmes pittoresques

« Mes yeux… » de François de Malherbe

Mes yeux…

Mes yeux, vous m’êtes superflus ;
Cette beauté qui m’est ravie,
Fut seule ma vue et ma vie,
Je ne vois plus, ni ne vis plus.
Qui me croit absent, il a tort,
Je ne le suis point, je suis mort.

O qu’en ce triste éloignement,
Où la nécessité me traîne,
Les dieux me témoignent de haine,
Et m’affligent indignement.
Qui me croit absent, il a tort,
Je ne le suis point, je suis mort. Continuer la lecture de « « Mes yeux… » de François de Malherbe »

« A deux beaux yeux » de Théophile Gautier

À deux beaux yeux

Beaux yeux de Chloé
chloe 4 Par phgaillard2001

Vous avez un regard singulier et charmant ;
Comme la lune au fond du lac qui la reflète,
Votre prunelle, où brille une humide paillette,
Au coin de vos doux yeux roule languissamment ;
Ils semblent avoir pris ses feux au diamant ;
Ils sont de plus belle eau qu’une perle parfaite,
Et vos grands cils émus, de leur aile inquiète,
Ne voilent qu’à demi leur vif rayonnement.
Mille petits amours, à leur miroir de flamme,
Se viennent regarder et s’y trouvent plus beaux,
Et les désirs y vont rallumer leurs flambeaux. Continuer la lecture de « « A deux beaux yeux » de Théophile Gautier »