« Hymne à Vénus » de Casimir Delavigne

Hymne à Vénus

Venus
Venus and Moon Par b-cline

Vénus, ô volupté des mortels et des dieux !
Ame de tout ce qui respire,
Tu gouvernes la terre, et les mers, et les cieux ;
Tout l’univers reconnaît ton empire !
Des êtres différens les germes précieux,
Qui dorment dispersés sous la terre ou dans l’onde,
Rassemblés à ta voix féconde,
Courent former les corps que tu veux enfanter.
Les mondes lumineux roulent d’un cours paisible,
L’un vers l’autre attirés, unis sans se heurter,
Par ton influence invisible !

Tu parais, ton aspect embellit l’univers :
Je vois fuir devant toi les vents et les tempètes ;
L’azur éclate sur nos têtes ;
Un jour pur et divin se répand dans les airs.

L’onde avec volupté caresse le rivage ;
Les oiseaux, palpitans sous leur toit de feuillage,
Célèbrent leurs plaisirs par de tendres concerts.
Des gouffres de Thétis tous les monstres informes
Font bouillonner les flots amers
Des élans amoureux de leurs masses énormes.
Les papillons légers se cherchent sous les fleurs,
Et par un doux hymen confondent leurs couleurs.
L’aigle suit dans les cieux sa compagne superbe :
Les serpens en sifflant s’entrelacent sous l’herbe :
Le tigre, dévoré d’une indomptable ardeur,
Terrible, l’œil sanglant et la gueule écumante,
Contemple, en rugissant d’amour et de fureur,
La sauvage beauté de son horrible amante. Continuer la lecture de « « Hymne à Vénus » de Casimir Delavigne »

« Jupe » par Ethan Street

Jupe

Jupe bleue
jupe chimere twinset Par Marie Labarelle

Faite d’étoffe et de volupté
sensible et légère
Une envie de la froisser
la prendre en bandoulière

Subir cette force animale
me résister comme une corde
Longiligne et pourtant sculpturale
avant qu’elle ne me saborde

Croire en cette passion, simple chimère,
en ôtant de son corps cette soie incongrue
De ma belle chiffonnière
je n’en reviendrai plus

Ethan Street

« J'aimais » de Daniel Sers

J’aimais

J’aimais tant ce regard posé sur les lointains,
En accueil au matin ce sourire complice,
D’une beauté qui s’offre à son miroir marin,
Ces reflets que les flots brouillaient avec malice.

J’aimais ce teint de fruit que la pluie a lavé,
Ces traits transfigurés par une aurore brève,
Dans la chaleur de jours au temps inachevé,
Les courbes de ce corps allongé sur la grève.

J’aimais cette indolence et ce parfum de fleurs,
Et d’un troublant sommeil cet abandon charmeur,
Cette voix tour à tour discrète ou volubile.

J’aimais et tu n’es plus pour moi qu’un souvenir !
Nous ne vivrons jamais à deux notre avenir,
Toi seule à qui je rêve, Alger ma blanche ville.

Daniel Sers

Doux Souvenir
En Doux Souvenirs .... In quiet memory ... Ray charles " ... " Sorry seems to be the hardest word " Par gmayster01 on & off ...

« La Bouche » de Marie Nizet

La Bouche

Poème La Bouche, de Marie Nizet
Lips Par MyNameHere
Ni sa pensée, en vol vers moi par tant de lieues,
Ni le rayon qui court sur son front de lumière,
Ni sa beauté de jeune dieu qui la première
Me tenta, ni ses yeux – ces deux caresses bleues ;

Ni son cou ni ses bras, ni rien de ce qu’on touche,
Ni rien de ce qu’on voit de lui ne vaut sa bouche
Où l’on meurt de plaisir et qui s’acharne à mordre,

Sa bouche de fraîcheur, de délices, de flamme,
Fleur de volupté, de luxure et de désordre,
Qui vous vide le cœur et vous boit jusqu’à l’âme…

Marie Nizet

« Pour Axel de Missie »

« Voluptueusement berçons notre faiblesse » – Catulle Mendès

Voluptueusement berçons notre faiblesse

Reste. N’allume pas la lampe. Que nos yeux
S’emplissent pour longtemps de ténèbres, et laisse
Tes bruns cheveux verser la pesante mollesse
De leurs ondes sur nos baisers silencieux.

Nous sommes las l’un autant que l’autre. Les cieux
Pleins de soleil nous ont trompés. Le jour nous blesse.
Voluptueusement berçons notre faiblesse
Dans l’océan du soir morne et silencieux.

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« L'invitation au voyage » – Charles Baudelaire

L’invitation au voyage

Portrait de Baudelaire
« Charles Baudelaire painted portrait » – par Abode of Chaos

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

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