« Nina » d'Émile Zola

girl in gray knit sweater

Nina

Ami, te souviens-tu de la tombe noircie,
Tout au bord d’une allée, à demi sous les fleurs,
Qui nous retint longtemps et nous laissa rêveurs.
Le marbre en est rongé par les vents et la pluie.
Elle songe dans l’herbe et, discrète, se tait,
Souriante et sereine au blond soleil de mai.

Elle songe dans l’herbe, et, de sa rêverie,
La tombe chastement, à ceux qui passent là,
Ne livre que le nom effacé de Nina.

Ah! garde ton secret, pauvre petite pierre,
Et laisse se vanter tes orgueilleuses sœurs
De couvrir de leur marbre une illustre poussière:
Ton silence en dit plus que leurs regrets menteurs.
Je suis las de ces morts vivant au cimetière
Et pleurés en public par de bruyants sanglots.
J’aime à trouver en toi la pudeur des tombeaux. Continuer la lecture de « « Nina » d'Émile Zola »

« Sixain » – Anonyme

Sixain

De trois deux en sont morts des mignons de la cour,
Pour avoir trop gousté des plaisir de l’amour,
Leur vigueur s’escoula par le vit goutte à goutte.
Passant, au lieu de pleurs que  l’on verse aux humains,
Verse sur leur tombeau du foutre à pleines mains,
Autrement je dirai : — Passant, l’aze te foute.

Anonyme

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Ceci n’est pas une Érection, par Marc Dupuy