« À l'éclair violent de ta face divine » de Théodore Agrippa d’Aubigné

À l’éclair violent de ta face divine

A l’éclair violent de ta face divine,
N’étant qu’homme mortel, ta céleste beauté
Me fit goûter la mort, la mort et la ruine
Pour de nouveau venir à l’immortalité.

Ton feu divin brûla mon essence mortelle,
Ton céleste m’éprit et me ravit aux Cieux,
Ton âme était divine et la mienne fut telle :
Déesse, tu me mis au rang des autres dieux. Continuer la lecture de « « À l'éclair violent de ta face divine » de Théodore Agrippa d’Aubigné »

« Tout cela qui sent l'homme à mourir me convie » de Théodore Agrippa d’Aubigné

Tout cela qui sent l’homme à mourir me convie

L'Homme
Sans Titre Jessie par Romaneix Gosselin

… Tout cela qui sent l’homme à mourir me convie,
En ce qui est hideux je cherche mon confort :
Fuyez de moi, plaisirs, heurs, espérance et vie,
Venez, maux et malheurs et désespoir et mort !

Je cherche les déserts, les roches égarées,
Les forêts sans chemin, les chênes périssants,
Mais je hais les forêts de leurs feuilles parées,
Les séjours fréquentés, les chemins blanchissants.

Quel plaisir c’est de voir les vieilles haridelles
De qui les os mourants percent les vieilles peaux :
Je meurs des oiseaux gais volants à tire d’ailes,
Des courses de poulains et des sauts de chevreaux ! Continuer la lecture de « « Tout cela qui sent l'homme à mourir me convie » de Théodore Agrippa d’Aubigné »

« Pressé de désespoir, mes yeux flambants je dresse » de Théodore Agrippa d'Aubigné

Pressé de désespoir, mes yeux flambants je dresse

[singlepic id=138 w=240 h=320 mode=web20 float=right]Pressé de désespoir, mes yeux flambants je dresse
À ma beauté cruelle, et baisant par trois fois
Mon poignard nu, je l’offre aux mains de ma déesse,
Et lâchant mes soupirs en ma tremblante voix,
Ces mots coupés je presse :

 » Belle, pour étancher les flambeaux de ton ire,
Prends ce fer en tes mains pour m’en ouvrir le sein,
Puis mon coeur haletant hors de son lieu retire,
Et le pressant tout chaud, étouffe en l’autre main
Sa vie et son martyre. Continuer la lecture de « « Pressé de désespoir, mes yeux flambants je dresse » de Théodore Agrippa d'Aubigné »

« Nous ferons, ma Diane, un jardin fructueux » de Théodore Agrippa d’Aubigné

 Nous ferons, ma Diane, un jardin fructueux

Amour trouva Diane en la claire fontaine
Diane Kruger Par Siebbi

Nous ferons, ma Diane, un jardin fructueux :
J’en serai laboureur, vous dame et gardienne.
Vous donnerez le champ, je fournirai de peine,
Afin que son honneur soit commun à nous deux.

Les fleurs dont ce parterre éjouira nos yeux
Seront vers florissants, leurs sujets sont la graine,
Mes yeux l’arroseront et seront sa fontaine
Il aura pour zéphyrs mes soupirs amoureux. Continuer la lecture de « « Nous ferons, ma Diane, un jardin fructueux » de Théodore Agrippa d’Aubigné »

« Nos désirs sont d'amour la dévorante braise » de Théodore Agrippa d'Aubigné

Nos désirs sont d’amour la dévorante braise

Claudine
claudine (summer 06) Par xmarksmyhands

Nos désirs sont d’amour la dévorante braise,
Sa boutique nos corps, ses flammes nos douleurs,
Ses tenailles nos yeux, et la trempe nos pleurs,
Nos soupirs ses soufflets, et nos sens sa fournaise.

De courroux, ses marteaux, il tourmente notre aise
Et sur la dureté, il rabat nos malheurs,
Elle lui sert d’enclume et d’étoffe nos coeurs
Qu’au feu trop violent, de nos pleurs il apaise,

Afin que l’apaisant et mouillant peu à peu
Il brûle d’avantage et rengrège* son feu.
Mais l’abondance d’eau peut amortir la flamme.

Je tromperai l’enfant, car pensant m’embraser,
Tant de pleurs sortiront sur le feu qui m’enflamme
Qu’il noiera sa fournaise au lieu de l’arroser.

Théodore Agrippa d’Aubigné

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« Au tribunal d'amour, après mon dernier jour » de Théodore Agrippa d'Aubigné

Au tribunal d’amour, après mon dernier jour

Venus Anadyomené by Ödön Moriet, c. 1912. Hungarian National Gallery

Au tribunal d’amour, après mon dernier jour,
Mon coeur sera porté diffamé de brûlures,
Il sera exposé, on verra ses blessures,
Pour connaître qui fit un si étrange tour,

A la face et aux yeux de la Céleste Cour
Où se prennent les mains innocentes ou pures ;
Il saignera sur toi, et complaignant d’injures
Il demandera justice au juge aveugle Amour : Continuer la lecture de « « Au tribunal d'amour, après mon dernier jour » de Théodore Agrippa d'Aubigné »