« Au beau tétin » de Raoul Fornier

Au beau tétin

Femme aux Yeux Bleus
Stormy Daniels by Thomas Hawk

Plein de beautés, comme mon cœur t’adore !
C’est aussi la raison que ma plume t’honore.
Tetin, le vrai flacon où les souverains dieux
Cachent le cher trésor du nectar précieux ;
Tetin, tu es le pis de la blanche Inachide,
Que Juppin viola dans le bois Aemonide.
Es-tu pas l’entonnoir dont le dieu Cupidon
Fut servi, pour verser mainte perfection,
Au boucault 
de son corps en sa première enfance !
Tu es un mont de neige, un cornet d’abondance,
Que les dieux ont rempli de leur divinité
Autant qu’en eût jamais aucune autre beauté.
Car même ce n’est rien de l’antique Pandore,
Au prix d’un seul tetin qui la nôtre décore.
Au bout de ce cornet apparaît un bouton
Qui surpasse la rose en son beau vermillon.
Tu es le vrai soufflet du fourneau de mon âme,
Où l’amour respirant fait renaître ma flamme.
Tu es l’ambre vivant qui attire à toi
Par secrète vertu mes amours et ma foi.
Tu es le blanc carquois des flèches Paphiennes, 

Tu es le peloton qui dévide mes jours,
Tu es le globe rond, où un monde d’amours
Heureusement enclos, fait glisser en mon âme,
Par moyens inconnus une invisible flamme.
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« Le beau tétin » de Clément Marot

Le Beau Tétin

[singlepic id=102 w=320 h=240 mode=web20 float=right]Tétin refait, plus blanc qu’un œuf,

Tétin de satin blanc tout neuf,

Tétin qui fais honte à la Rose

Tétin plus beau que nulle chose

Tétin dur, non pas Tétin, voire,

Mais petite boule d’Ivoire,

Au milieu duquel est assise

Une Fraise, ou une Cerise

Que nul ne voit, ne touche aussi,

Mais je gage qu’il est ainsi:

Tétin donc au petit bout rouge,

Tétin qui jamais ne se bouge,

Soit pour venir, soit pour aller,

Soit pour courir, soit pour baller;

Tétin gauche, tétin mignon,

Toujours loin de son compagnon,

Tétin qui portes témoignage

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« La Négresse » – Stéphane Mallarmé

La Négresse

[singlepic id=131 w=320 h=240 mode=web20 float=right]Une négresse par le démon secouée
Veut goûter une enfant triste de fruits nouveaux
Et criminels aussi sous leurs robe trouvée,
Cette goinfre s’apprête à de rusés travaux :

À son ventre compare heureuse deux tétines
Et, si haut que se main ne le saura saisir.
Elle darde le choc obscur de ses bottines
Ainsi que quelque langue inhabile au plaisir. Continuer la lecture de « « La Négresse » – Stéphane Mallarmé »