« Journée de printemps » de Maurice Rollinat

Journée de printemps

Marguerite
Marguerites (Lente agonie… Vivre encore un peu…) Par Louis Engival

Ici, le rocher, l’arbre et l’eau
Font pour mon oeil ce qu’il convoite.
Tout ce qui luit, tremble ou miroite,
Forme un miraculeux tableau.

Sur le murmure qui se ouate
Le rossignol file un solo :
L’écorce blanche du bouleau
Met du mystique dans l’air moite. Continuer la lecture de « « Journée de printemps » de Maurice Rollinat »

« Sur la lyre tissant mes douces mélodies » de Zoé Fleurentin

Sur la lyre tissant mes douces mélodies

Sur la lyre tissant mes douces mélodies,
Tantôt j’ai fait gronder un hymne à la vertu ;
Et tantôt, soupirant, mes lèvres moins hardies
Ont tout bas murmuré :  » Printemps, que me veux-tu ?  »

Restant toujours fidèle à l’essaim de mes rêves,
Jamais je n’ai maudit l’extase de l’amour,
Ni condamné ceux qui, dans des heures trop brèves,
Prononcent des serments qu’ils oublieront un jour.

Zoé Fleurentin

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Lyre Par Jeff Tabaco

« Premier Mai » de Victor Hugo

Premier Mai

Tout conjugue le verbe aimer. Voici les roses.
Je ne suis pas en train de parler d’autres choses.
Premier mai ! l’amour gai, triste, brûlant, jaloux,
Fait soupirer les bois, les nids, les fleurs, les loups ;
L’arbre où j’ai, l’autre automne, écrit une devise,
La redit pour son compte et croit qu’il l’improvise ;
Les vieux antres pensifs, dont rit le geai moqueur,
Clignent leurs gros sourcils et font la bouche en coeur ;
L’atmosphère, embaumée et tendre, semble pleine
Des déclarations qu’au Printemps fait la plaine,
Et que l’herbe amoureuse adresse au ciel charmant. Continuer la lecture de « « Premier Mai » de Victor Hugo »

« Renoncement » de François Mauriac

Renoncement

Au clair de la lune...
Au clair de la lune…

Mon corps était léger au jour naissant des rues,
Berger de sa douleur dans ce Paris dormant.
Il restait pur après la pureté perdue :
Qui souille le printemps ?

Qui souille le printemps ? Mais tout souille l’automne,
Et mes jeunes péchés ne furent-ils plus purs
Que ce renoncement du vieux pauvre au cœur dur,
Qui refuse l’aumône ?

Je t’ai dit non, à toi, plaintive, qui m’aimas,
Qui ne voulus sourire et ne me fis pas signe,
Mais dans la nuit, à son odeur de réséda
Je connaissais ma vigne.

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