« Till the end » par Nora Gaspard

Boudoir

Till the End

J’aime regarder ton corps nu, ton sexe timide parfois. J’aime le reflet de la lumière sur ta peau, la fragilité qu’on devine sous la carcasse d’acier, j’aime le doux de tes reins et ta pudeur, qui affleure entre deux audaces. 

Par-dessus tout, j’aime jouir de toi. De ta bouche entre mes lèvres, et langue délicate qui sillonne ma chair. De tes doigts qui s’agitent au velours de mon ventre. 

J’aime attendre. Comme maintenant. J’attends. Je te lis des histoires, des fantaisies érotiques, de belles lettres ou de putrides pamphlets, j’y mets toute mon âme, l’emphase de l’amante, la tendresse de la vierge, la folie de l’épouse. Je te murmure les mots crus au creux de l’oreille. Bande, mon amour, bande.  Et je regarde ta chair grandir comme une fleur s’ouvre. Le sang qui afflue, gonfle ta queue, redresse la hampe. Le gland qui rougit, entre la peau fine et plissée de ton sexe entier. Il prend son temps, le bougre, et cela m’émeut chaque jour un peu plus. Te souviens-tu de notre folie dévorante, les débuts de l’amour, et la vie pour décor ? Rien ne nous arrêtait. Ta vigueur douce, mon appétit de plaisir, le vin, la bonne chère, la certitude. Chaque jouissance était une évidence, un ballet joyeux dans la forêt, un tango enflammé sous la lune. 

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« Tes mains d’horloger » par Clémence Crozet

Mains

Tes mains d’horloger

Longues et fines, intensément suggestives.
Je les regarde avec envie, les désire avec force.
J’écoute leurs mouvements,
les épie dans le moindre détail.

J’imagine les caresses qu’elles pourraient me faire,
le plaisir qu’elles pourraient me donner.
C’est affreux le supplice que tes mains me font subir,
à rester sages, presque à m’ignorer.

Je rêve de toucher, sucer chacune de tes phalanges.
De les soumettre à mon plaisir,
de les guider sur mon corps,
les perdre dans mon écrin. Continuer la lecture de « « Tes mains d’horloger » par Clémence Crozet »