Vas unguentatum de Paul Verlaine

Vas unguentatum

Paul Verlaine

Admire la brèche moirée
Et le ton rose-blanc qu’y met
La trace encor de mon entrée
Au paradis de Mahomet.

Vois, avec un plaisir d’artiste,
Ô mon vieux regard fatigué
D’ordinaire à bon droit si triste,
Ce spectacle opulent et gai,

Dans un mol écrin de peluche
Noire aux reflets de cuivre roux
Qui serpente comme une ruche,
D’un bijou, le dieu des bijoux,

Continuer la lecture de « Vas unguentatum de Paul Verlaine »

« Les libertins », par Cyr

Les libertins

À une étoile filante,

Baiser
Lesbian & Gay Pride (006) – 25Jun11, Paris (France) Par philippe leroyer

Elle l’a vu sur Internet
Il a l’air sympa, une bonne tête,
Et surtout, pour être honnête,
Il a, wow !, entre les jambes
Une sâcrée bête !

Lui, il en a marre des cam to cam
Le sexe virtuel c’est pas ad vitam eternam,
Toutes ces femmes qu’il a excité
Il voudrait bien les toucher.

Elle lui demande son adresse
Tout en lui montrant ses fesses
Ca tombe bien, elle habite tout près
Et, hum… putain ce qu’elle lui plait ! Continuer la lecture de « « Les libertins », par Cyr »

« La passion : la poésie » de Miguel Oscar Menassa

La passion : la poésie

Désirs
désir / desire Par Ferran.

Entre la vie
qui ne m’appartient pas
l’amour
et la vie que je suis
La poésie
peut remplir
tout ce vide.

Il parlait
toujours en silence
sans rien dire.
Elle, elle pensait au futur.

Nous étions ainsi,
assis l’un en face de l’autre
depuis des siècles.

Ma voix sonnait creuse
entre les parfums violents
de ses fesses
ouvertes comme des ruisseaux
comme des versants cristallins
de rosée s’ouvrant
au petit soleil du matin.
Ma voix se perdait
entre l’acoustique marée. Continuer la lecture de « « La passion : la poésie » de Miguel Oscar Menassa »

« Ouvre » de Sire de Chambley

Ouvre

[singlepic id=89 w=295 h=320 mode=web20 float=right]Ouvre les yeux, reveille-toi;
Ouvre l’oreille, ouvre la porte:
C’est l’amour qui sonne et c’est moi
Qui te l’apporte.

Ouvre la fenêtre à tes sein;
Ouvre ton corsage de soie;
Ouvre ta robe sur tes reins;
Ouvre qu’on voie !
Ouvre à mon coeur ton coeur trop plein:
J’irai le boire sur ta bouche !
Ouvre ta chemise de lin :
Ouvre qu’on touche !

Ouvre les plis de tes rideaux;
Ouvre ton lit que je t’y traîne :
Il va s’échauffer sous ton dos.
Ouvre l’arène.

Ouvre tes bras pour m’enlacer;
Ouvre tes seins que je m’y pose;
Ouvre aux fureurs de mon baiser
Ta lèvre rose !

Ouvre tes jambes; prends mes flancs
Dans ces rondeurs blanches et lisses;
Ouvre tes genoux tremblants…
Ouvre tes cuisses !

Ouvre tout ce qu’on peut ouvrir:
Dans les chauds trésors de ton ventre
J’inonderai sans me tarir
L’abîme où j’entre.

Sire de Chambley

Crédit Photo : Ouvre les Yeux Par amysphere

« Caresses Érotiques » de Rémi Levraut

Caresses Érotiques

 

 Caresses,
Longues et tendres,
Insistant sur les parties,
Torrides de ton corps chaud,
Oh de mes mains de ma bouche,
Reine je te ferai enfin mienne,
Instant maintenant suprême,
Sentir vibrer ton plaisir.

Rémi Levraut

 

Intimités
La tentation d'Adam... par ImAges ImprObables

 

La Tentation d’Adam… Par ImAges ImprObables est aussi disponible sur Flickr

Texte érotique de Marcel Béalu

Que disait-elle, jalouse, la Dame oiseau du damoiseau ?
— Méfie-toi de son sourire !
Méfie-toi de son corps lisse !

Mais le huchet (1) du freluquet clamait au vent :
— L’oiseau fou nommé Délire
Est niché entre ses cuisses.

Applaudissez, palombes ! Dans ce silence qui n’est plus le silence, seul votre roucoulement peut se substituer au langage. Ma Rose Trémière, tes seins sont des roses, les boutons de tes seins des fraises inusables. Femme enfant, fruit, chatte, fleur, ma douce petite femelle nue ! Ma mouette, mon cabri blond, mon crottin, mon chèvre chou ! Si ma bouche quitte ton visage c’est pour trouver asile au creux de tes aisselles, buissons vénéneux où poussent la digitale pourpre et la jusquiame noire.

Marcel Béalu

(1) Cor de Chasse

[singlepic id=59 w=320 h=240 mode=web20 float=center]

Femme Nue Par Claude Robillard

« Épigramme » de François de Maucroix

Épigramme

— Mon Iris est une merveille !
Que son téton est blanc ! Que sa bouche est vermeille !
Bienheureux qui la touchera !
Bienheureux qui la baisera !
— Plus heureux encore qui la…
— Doucement, s’il vous plaît, hola !

François de Maucroix
[singlepic id=43 w=320 h=320 mode=web20 float=center]

the anatomy of imperfection Par sternenrauschen

« Épigramme » de François de Maynard

Épigramme

Lors qu’Anthoinette eut veu que, malgré son désir,
Son drolle à [fo]utre en cul prenoit tout son plaisir,
Et que son c[on] vivoit oysif et solitaire :
– Que fais-tu, luy dit-elle, ô perfide assassin !
J’ay plus besoin d’un V[it] que non point d’un clistere ;
Je demande un [fou]teur, non pas un Medecin.

François de Maynard
1610

[singlepic id=31 w=320 h=240 mode=web20 float=center]

Medieval Scene with Scooter Par ~Oryctes~

« La Jongleuse » de Pierre Louÿs

La Jongleuse

Quand la première aube se mêla aux lueurs affaiblies des flambeaux, je fis entrer dans l’orgie une joueuse de flûte vicieuse et agile, qui tremblait un peu, ayant froid.

Louez la petite fille aux paupières bleues, aux cheveux courts, aux seins aigus, vêtue seulement d’une ceinture, d’où pendaient des rubans jaunes et des tiges d’iris noirs.

Louez-la ! car elle fut adroite et fit des tours difficiles. Elle jonglait avec des cerceaux, sans rien casser dans la salle, et se glissait au travers comme une sauterelle.

Parfois elle faisait la roue sur les mains et sur les pieds. Ou bien les deux bras en l’air et les genoux écartés elle se courbait à la renverse et touchait la terre en riant.

Pierre Louÿs

 

La Jongleuse
PhotonQ-Aura de Feu Par PhOtOnQuAnTiQuE