Poème érotique « SouS la DouchE » d'une poétesse amatrice

Sous la Douche

Je vous imagine sous la douche
Des goutelettes roulant sur votre bouche,
J’entends l’eau coulant sur votre peau
La déshabillant peu à peu de savon.
Que j’aimerais m’abeuvrer de cette eau
Sur vous en partant de vos épaules, le long,
Descendre par la colonne vertébrale, me perdre,
Suivre la rondeur ferme de votre fesse imberbe,
M’enfoncer au creux de vous, vous contourner. Continuer la lecture de « Poème érotique « SouS la DouchE » d'une poétesse amatrice »

« Une amoureuse flamme » de Gérard de Nerval

Une amoureuse flamme

Flamme
Flamme Par kari_bum

Une amoureuse flamme
Consume mes beaux jours ;
Ah ! la paix de mon âme
A donc fui pour toujours !

Son départ, son absence
Sont pour moi le cercueil ;
Et loin de sa présence
Tout me paraît en deuil.

Alors, ma pauvre tête
Se dérange bientôt ;
Mon faible esprit s’arrête,
Puis se glace aussitôt.

Une amoureuse flamme
Consume mes beaux jours ;
Ah ! la paix de mon âme
A donc fui pour toujours !

je suis à ma fenêtre,
Ou dehors, tout le jour,
C’est pour le voir paraître,
Ou hâter son retour.

Sa marche que j’admire,
Son port si gracieux,
Sa bouche au doux sourire,
Le charme de ses yeux ; Continuer la lecture de « « Une amoureuse flamme » de Gérard de Nerval »

« J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline » de Victor Hugo

J’ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline

J’ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline.
Dans l’âpre escarpement qui sur le flot s’incline,
Que l’aigle connaît seul et seul peut approcher,
Paisible, elle croissait aux fentes du rocher.
L’ombre baignait les flancs du morne promontoire ;
Je voyais, comme on dresse au lieu d’une victoire
Un grand arc de triomphe éclatant et vermeil,
À l’endroit où s’était englouti le soleil,
La sombre nuit bâtir un porche de nuées.
Des voiles s’enfuyaient, au loin diminuées ;
Quelques toits, s’éclairant au fond d’un entonnoir,
Semblaient craindre de luire et de se laisser voir.
J’ai cueilli cette fleur pour toi, ma bien-aimée. Continuer la lecture de « « J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline » de Victor Hugo »

« La tendresse de l'amour » de Jean-Marc Buttin

La tendresse de l'amour

(poésie amour)

Comment s'aimer sans se faire souffrir
Entrer dans l'intimité de l'autre
Et rester toujours à devoir séduire
Pour posséder dans un plaisir autre

Aimer d'amour et d'indifférence
Croire l'autre comme on le souhaite
Vouloir plus encore que la souffrance
Sublimer un lien en rut de bête

Le désir du désir de rencontre
Quand les corps se disent leurs faux secrets
Jouissant des caresses tout contre
Les abîmes se creusent à forts regrets

Solitude de la jouissance
Au visage de la mort annoncée
Aux teintes de la toute puissance
Donner des caresses aux mots voilés

Vouloir encore et toujours posséder
Jusqu'à perdre pour un meilleur retour
Toujours espéré d'un temps forcené
Culbutant le réel sur noir velours

Perdre pour retrouver sinistre jeu
D'une impuissance à aimer librement
Sous l'armure étriquée d'une peur bleue
Peinte aux violences d'un enfant errant

Savoir perdre est le signe de l'amour
A l'amour adressé pour tendresse
D'un jour égaré au loin désamour
Retrouvant le tendre des caresses.

Jean-Marc Buttin

Tendresse et Amour
Tendresse et Amour par Éole

« Poème secret » de Guillaume Apollinaire

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Poème secret

Voilà de quoi est fait le chant symphonique de l’amour
qui bruit dans la conque de Vénus
Il y a le chant de l’amour de jadis
Le bruit des baisers éperdus des amants illustres
Les cris d’amour des mortelles violées par les dieux
Les virilités des héros fabuleux érigées Continuer la lecture de « « Poème secret » de Guillaume Apollinaire »

« Épigramme » de François de Maucroix

Épigramme

— Mon Iris est une merveille !
Que son téton est blanc ! Que sa bouche est vermeille !
Bienheureux qui la touchera !
Bienheureux qui la baisera !
— Plus heureux encore qui la…
— Doucement, s’il vous plaît, hola !

François de Maucroix
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the anatomy of imperfection Par sternenrauschen

« Dernière soirée passée avec ma maîtresse » de Guy de Maupassant

Dernière soirée passée avec ma maîtresse

Il fallait la quitter, et pour ne plus me voir
Elle partait, mon Dieu, c’était le dernier soir.
Elle me laissait seul ; cette femme cruelle
Emportait mon amour et ma vie avec elle.
Moi je voulus encore errer comme autrefois
Dans les champs et l’aimer une dernière fois.
La nuit nous apportait et l’ombre et le silence,
Et pourtant j’entendais comme une voix immense,
Tout semblait animé par un souffle divin.
La nature tremblait, j’écoutais et soudain
Un étrange frisson troubla toute mon âme.
Haletant, un moment j’oubliai cette femme
Que j’aimais plus que moi. Le vent nous apportait
Mille sons doux et clairs que l’écho répétait.
Ce n’était plus de l’air le calme et frais murmure,
Mais c’était comme un souffle étreignant la nature,
Un souffle, un souffle immense, errant, animant tout,
Qui planait et passait, me rendant presque fou,
Un son mystérieux et qui, sur son passage,
Réveillait et frappait les échos du bocage.
Tout vivait, tout tremblait, tout parlait dans les bois,
Comme si, pour fêter le plus puissant des rois,
Et l’insecte et l’oiseau et l’arbre et le feuillage
Parlaient, quand tout dormait, un sublime langage.
Je restai frémissant : ce bruit mystérieux,
C’était Dieu descendu des cieux.

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C’était ce Dieu puissant si grand et solitaire
Qui venait oublier sa grandeur sur la terre.
Dieu las et fatigué de sa divinité,
Las d’honneur, de puissance et d’immortalité,
Des éternels ennuis où sa grandeur l’enchaîne,
Qui venait partager notre nature humaine.
Il avait choisi l’heure où tout dort et se tait,
Où l’homme, indifférent à tout ce que Dieu fait,
Attaché seulement à ses soins mercenaires,
Prend un peu de repos qu’il dérobe aux affaires.
Car c’était aussi l’heure où ce Dieu généreux
Peut bénir et donner la main aux malheureux,
L’heure où celui qui souffre et gémit en silence,
Qui craint pour son malheur la froide indifférence,
Délivré du fardeau de l’égoïsme humain,
Sans craindre la pitié peut planer libre enfin.
Dieu vient le consoler, il soutient sa misère,
Il rend ses pleurs plus doux, sa douleur moins amère,
Il verse sur sa plaie un baume bienfaisant.
D’autres craignent encore un oeil indifférent,
Et les regards de l’homme et les bruits de la terre.
Ils cherchent aussi l’heure où tout est solitaire,
Dieu les voit, il bénit le bonheur des amants.
Invisible témoin, il entend leurs serments.
Il aime cet amour qu’il ne goûtera pas
Et dans les bois, la nuit, il protège leurs pas.
Il était là, son souffle errait sur la nature,
Paraissait éveiller comme un vaste murmure,
Tout ce qu’il a formé s’animait et, tremblant,
S’agitait au contact de ce Dieu tout-puissant,
Et tout parlait de lui, le vent sous le feuillage,
Et l’arbuste, et le flot caressait le rivage,
Et tous ces bruits divers ne formaient qu’une voix :
C’était Dieu qui parlait au milieu des grands bois.
Tous deux nous l’écoutions et nous versions des larmes ;
Quand on va se quitter, l’amour a tant de charmes !
Et nos pleurs, qui tombaient comme des diamants,
Goutte à goutte brillaient sur les herbes des champs.
Mais de cette belle soirée
Et de ma maîtresse adorée
Que restait-il le lendemain ?
Seul le pâtre de grand matin,
En conduisant au pâturage
Son gras troupeau, vit sur l’herbage
Les quelques gouttes de nos pleurs,
Seule marque de nos douleurs ;
Mais il les prit pour la rosée.
« L’herbe n’est point encor séchée »,
Se dit-il en pressant le pas.
Hélas ! il ne soupçonna pas
Que de chagrins et de misères
Cachait cette eau sur les bruyères.
Et ses brebis qui le suivaient
Broutaient les herbes et buvaient
Nos pleurs sans arrêter leur course,
Mais rien n’en a trahi la source.

Guy de Maupassant

« Épitaphe » de François de Maynard

Épitaphe

Cy gist un ennemy des lois de la Nature
Un bougre des plus grands qui jamais ayst vescu
Passant, esloigne toy de cette sepulture
Ou mets un cadenat sur le trou de ton cu.

François de Maynard

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Cimetière du Père Lachaise par mayanais

« Une beauté de quinze ans enfantine » de Pierre de Ronsard

Une beauté de quinze ans enfantine

Une beauté de quinze ans enfantine,
Un or frisé de maint crêpe anelet,
Un front de rose, un teint damoiselet,
Un ris qui l’âme aux Astres achemine ;

Une vertu de telles beautés digne,
Un col de neige, une gorge de lait,
Un coeur jà mûr en un sein verdelet,
En Dame humaine une beauté divine ;

Un œil puissant de faire jours les nuits,
Une main douce à forcer les ennuis,
Qui tient ma vie en ses doigts enfermée

Avec un chant découpé doucement
Ore d’un ris, or’ d’un gémissement,
De tels sorciers ma raison fut charmée.

Pierre de Ronsard

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« Épigramme » de Laus de Boissy

Épigramme

Un Florentin auprès de sa maîtresse,
Un certain jour, par goût de changement,
Pour attaquer la forteresse,
S’apprêtait à poser le mineur par devant.

La donzelle surprise, arrête court mon homme ;
Quoi ! (dit-elle) par-là ! mon cher, y pensez-vous ?
Ah ! (reprit-il) rassurez-vous ;
Plus d’un chemin conduit à Rome.

Laus de Boissy

Épigramme d'agneau, par @rgs