« Chambre d'amour » de Pierre Quillard

Chambre d’amour

Chambre d'amour
el espejo-sin retoque3 Par Poesía verde-

La nuit tiède est clémente à la ville qui dort ;
Des lys impérieux triomphent dans la chambre
Et cependant nos coeurs sont froids comme Décembre
Et nos baisers d’amour amers comme la mort.

Ta douce bouche s’ouvre à des chansons mièvres
Et tes seins bienveillants accueillent mon front las ;
Mais, ô ma douloureuse enfant, je ne sais pas
Pourquoi les dieux mauvais empoisonnent nos lèvres.

Qu’importe ? viens vers moi, triste soeur ; aimons-nous,
Sans craindre la saveur glorieuse des larmes,
Tels des héros blessés avec leurs propres armes
Et dont le glaive d’or a rompu les genoux.

Viens ! nous aurons l’orgueil des âmes taciturnes
En cette chambre morne et veuve de flambeaux,
Où, semblable à l’odeur des antiques tombeaux,
Un parfum sépulcral monte des lys nocturnes.

Pierre Quillard

La lyre héroïque et dolente

 

Un poème érotique d'un poète amateur : « P.P.C »

P.P.C

Connin, bijou sans prix finement ciselé,
Un soir, par quelque fée experte japonaise,
Fleur de vie ou de mort pour l’homme ensorcelé
À ses fraîcheurs d’aurore, à ses feux de fournaise.

Fruit de chair, pulpe exquise et dont l’accent amer
(Ce rappel de l’arôme étonnant où la brise
Pimente son haleine en passant sur la mer)
Vaut tous les poivres-longs sous le duvet qui frise.

Calice aux vins puissants et magiques dont nous
Ne devons approcher qu’en extase, à genoux,
Sans en faire rougir les roseurs d’aubépine.

Car la langue, elle seule, y doit servir d’amant,
Avec le doigt, sans ongle et mouillé prudemment.
Le cul n’est-il pas là pour y fourrer sa pine ?

Hannon

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Happy birthday, Rev! 2, B&W, red filter par Greenmonster

« Dans la terre torride… » de Rémy de Gourmont

Everlasting Love

Dans la terre torride…

Dans la terre torride, une plante exotique
Penchante, résignée : éclos hors de saison
Deux boutons fléchissaient, d’un air grave et mystique ;
La sève n’était plus pour elle qu’un poison.

Et je sentais pourtant de la fleur accablée
S’évaporer l’effluve âcre d’un parfum lourd,
Mes artères battaient, ma poitrine troublée
Haletait, mon regard se voilait, j’étais sourd.

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