« Aux Murs » de Nora Gaspard

Chateaux et Murs

Tu es là. Tu es toujours là. Je regarde par la fenêtre, et l’eau me raconte toi. Comment tu glisses sur ma peau, les nuits d’étoiles, comment tu rêves et tu oublies, comment le ciel te rend si belle quand il fait nuit.

Tu coules dans mes veines. Tu berces mes nuits. Tu es la maman, caressante au petit matin, et la putain magnifique que je piétine en tous sens, quand je glisse dans tes plis, marquant ton corps de la pointe du talon, insatiable et violente.

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Lettre VIII d’Abédiard à Héloïse

Lettre d’Abédiard à Héloïse

Lettre VIII

Envoi de la règle

J’ai déjà satisfait, dans la mesure du possible, à une partie de la requête que tu m’as adressée; il me faut maintenant, avec l’aide de Dieu, m’occuper de l’autre partie, pour répondre à ton attente comme à celle de tes filles spirituelles. Il me reste donc, pour suivre à la lettre votre demande, à rédiger et vous transmettre des statuts qui serviront de règle à votre vocation. Ainsi pourrez‑vous vous référer à un texte, plutôt que de vous en remettre à la coutume, quand vous chercherez à réglementer votre conduite. Continuer la lecture de « Lettre VIII d’Abédiard à Héloïse »

« Seconde lettre d'Érosie à Juliette » par Andrea de Nerciat

Seconde lettre d’Érosie à Juliette

Je venais, chère et tendre amie, d’envoyer à la poste le premier volume de mes sottises, quand une seconde missive, adressée pour le coup directement à moi, m’a fait savoir qu’encore deux jours se passeraient sans que je visse arriver M. de Roqueval ! Ainsi soit-il !

« Qu’ai-je besoin (me suis-je dit) de me trouver, même aussitôt, en face d’un homme à qui j’ai manqué (car il faut bien en convenir, à moins de prétendre à me mettre au-dessus de toutes les idées reçues)… avec un homme, enfin, devant lequel je ferai peut-être l’enfance (à vingt ans !) de rougir, comme si j’avais lieu de craindre qu’à son arrivée il ne lise sur ma physionomie que d’avance j’ai décoré son front… Cependant, Juliette, il faudra bien qu’il soit sorcier s’il devine tout… et je le donnerais en cent… à toi-même, qui sais déjà la bonne moitié de ma galante équipée. En vérité, mon coeur, si je n’avais qu’une turpitude abominable à te raconter, je te ferais grâce du reste de mon aventure, mais quelques détails, selon moi, si bons à savoir, se mêlent à ma propre scène, que, de nouveau, je vais victimer mon amour-propre en faveur de ce goût décidé que je te connais pour toute peinture lascive.

Après m’être volontairement et bien délicieusement donnée à mon petit séducteur, un retour vers la bégueulerie eût été quelque chose de fort ridicule ; l’éprouver ne m’était pas possible ; le feindre ?… à quoi, bon ! Cette plate fausseté m’aurait assez mal réussi sans doute. Heureuse, parfaitement heureuse ; pressant contre mon coeur l’être charmant avec lequel je venais de m’unir ; donnant, recevant mille et mille baisers, et tous deux inaccessibles au souvenir de notre porte pleinement ouverte, nous jasions avec l’abondance et l’ivresse du contentement absolu… Continuer la lecture de « « Seconde lettre d'Érosie à Juliette » par Andrea de Nerciat »

« Ce beau tableau » de Khalid EL Morabethi

Ce beau tableau

Coin de Tableau
Sourire en coin Par francois et fier de l’Être

Voyez-vous ce tableau ? Chaque couleur, imperméable, présente un mot banal, et chaque mot à un cœur paradoxal et chaque cœur parle facétieusement.

Voyez-Vous ce tableau ? Au fond, se trouve des quidams heureux, tout simplement heureux car la vie est une actrice et nous on est des vedettes, car la vie et une chanteuse avec une sublime voix d’ange, car la vie est une séduisante mère. J’aspire à la paix et à cette création prodigieuse.

Au fond se trouve des humains de toutes races, des Africains, des Arabes, des Américains, des Européens. Des noirs et des blancs, des musulmans, des juifs et des chrétiens, se mêlent ici sur ce tableau comme une seule famille. Quelle gracieuse joie ! Au fond ne se trouvent que des héros, des personnages forts et aucun d’entre eux n’est étreint par la peur de tomber dans l’avalanche, car c’est la fin de la guerre, des crimes, des morts, et pas de bombes nucléaires pour salir la beauté du vaste ciel bleu.

Tu sais ! Je n’aurais pas la raison de défigurer le sens de la vie. Personne n’aura le pouvoir de ne déchiqueter ce tableau, ni armée, ni soldat, ni police.

Regardez ce tableau, voyez-vous cet enfant qui trouve, le plaisir de vivre modestement.

Admirez ce tableau qui vous invite à venir.

Sentez-vous les couleurs qui se forment en un rayon du soleil.

Voyez-vous ce tableau ? Trouverez-vous-le pouvoir de rendre un rêve en une réalité ?

Khalid EL Morabethi