« Pourquoi mon âme est-elle triste ? » par Alphonse de Lamartine

Pourquoi mon âme est-elle triste ?

Pourquoi gémis-tu sans cesse,
O mon âme ? réponds-moi !
D’où vient ce poids de tristesse
Qui pèse aujourd’hui sur toi ?
Au tombeau qui nous dévore,
Pleurant, tu n’as pas encore
Conduit tes derniers amis !
L’astre serein de ta vie
S’élève encore; et l’envie
Cherche pourquoi tu gémis !

La terre encore a des plages,
Le ciel encore a des jours,
La gloire encor des orages,
Le coeur encor des amours ;
La nature offre à tes veilles
Des mystères, des merveilles,
Qu’aucun oeil n’a profané,
Et flétrissant tout d’avance
Dans les champs de l’espérance
Ta main n’a pas tout glané !

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Crédit Photo : L’attente – The waiting Par Monch_18
Et qu’est-ce que la terre? Une prison flottante,
Une demeure étroite, un navire, une tente
Que son Dieu dans l’espace a dressé pour un jour,
Et dont le vent du ciel en trois pas fait le tour !
Des plaines, des vallons, des mers et des collines
Où tout sort de la poudre et retourne en ruines,
Et dont la masse à peine est à l’immensité
Ce que l’heure qui sonne est à l’éternité!
Fange en palais pétrie, hélas ! mais toujours fange,
Où tout est monotone et cependant tout change !

Et qu’est-ce que la vie ? Un réveil d’un moment !
De naître et de mourir un court étonnement !
Un mot qu’avec mépris l’Être éternel prononce !
Labyrinthe sans clef ! question sans réponse,
Songe qui s’évapore, étincelle qui fuit !
Éclair qui sort de l’ombre et rentre dans la nuit,
Minute que le temps prête et retire à l’homme,
Chose qui ne vaut pas le mot dont on la nomme ! Continuer la lecture de « « Pourquoi mon âme est-elle triste ? » par Alphonse de Lamartine »

« Je me Souviens » de Cypora Sebagh

Je me Souviens

Je me souviens de soirs où, sous la lune rousse,
Dans l’étang familier, ricochaient mes cailloux,
Quand au jardin fleuri, s’écorchaient mes genoux,
Elle séchait mes pleurs, quand je suçais mon pouce.

Je me souviens, aussi, qu’en la forêt profonde,
Le chant des oisillons me paraissait si doux,
Sous les gouttes de pluie, piétinant la gadoue,
Elle attendait, transie, guettant chaque seconde.

Ô comme j’aimerais redevenir enfant !
Redevenir petite en ses bras accueillants !
Je suis devenue grande et si elle est bien vieille,

Si nos mois, nos années ont fui, impétueux,
Sans jamais retenir la course du soleil,
Je vois toujours briller tant d’amour en ses yeux.

Cypora Sebagh

N is for je me souviens

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