« Aux Murs » de Nora Gaspard

Chateaux et Murs

Tu es là. Tu es toujours là. Je regarde par la fenêtre, et l’eau me raconte toi. Comment tu glisses sur ma peau, les nuits d’étoiles, comment tu rêves et tu oublies, comment le ciel te rend si belle quand il fait nuit.

Tu coules dans mes veines. Tu berces mes nuits. Tu es la maman, caressante au petit matin, et la putain magnifique que je piétine en tous sens, quand je glisse dans tes plis, marquant ton corps de la pointe du talon, insatiable et violente.

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« Anne » de Paul Valéry

Anne

[singlepic id=123 w=320 h=240 mode=web20 float=right]Anne qui se mélange au drap pâle et délaisse
Des cheveux endormis sur ses yeux mal ouverts
Mire ses bras lointains tournés avec mollesse
Sur la peau sans couleur du ventre découvert.

Elle vide, elle enfle d’ombre sa gorge lente,
Et comme un souvenir pressant ses propres chairs,
Une bouche brisée et pleine d’eau brûlante
Roule le goût immense et le reflet des mers. Continuer la lecture de « « Anne » de Paul Valéry »

« Ouvre » de Sire de Chambley

Ouvre

[singlepic id=89 w=295 h=320 mode=web20 float=right]Ouvre les yeux, reveille-toi;
Ouvre l’oreille, ouvre la porte:
C’est l’amour qui sonne et c’est moi
Qui te l’apporte.

Ouvre la fenêtre à tes sein;
Ouvre ton corsage de soie;
Ouvre ta robe sur tes reins;
Ouvre qu’on voie !
Ouvre à mon coeur ton coeur trop plein:
J’irai le boire sur ta bouche !
Ouvre ta chemise de lin :
Ouvre qu’on touche !

Ouvre les plis de tes rideaux;
Ouvre ton lit que je t’y traîne :
Il va s’échauffer sous ton dos.
Ouvre l’arène.

Ouvre tes bras pour m’enlacer;
Ouvre tes seins que je m’y pose;
Ouvre aux fureurs de mon baiser
Ta lèvre rose !

Ouvre tes jambes; prends mes flancs
Dans ces rondeurs blanches et lisses;
Ouvre tes genoux tremblants…
Ouvre tes cuisses !

Ouvre tout ce qu’on peut ouvrir:
Dans les chauds trésors de ton ventre
J’inonderai sans me tarir
L’abîme où j’entre.

Sire de Chambley

Crédit Photo : Ouvre les Yeux Par amysphere

« Sixain » – Anonyme

Sixain

De trois deux en sont morts des mignons de la cour,
Pour avoir trop gousté des plaisir de l’amour,
Leur vigueur s’escoula par le vit goutte à goutte.
Passant, au lieu de pleurs que  l’on verse aux humains,
Verse sur leur tombeau du foutre à pleines mains,
Autrement je dirai : — Passant, l’aze te foute.

Anonyme

[singlepic id=40 w=320 h=240 mode=web20 float=center]

Ceci n’est pas une Érection, par Marc Dupuy