« Le Saule » de Paul Valéry

Saule pleureur

 Le Saule

Tremble, Tombe légère… Un souffle t’aime, Saule,
Qui fait sur toi frémir le songe d’une épaule…
Brise ?…  ou mon seul soupir si simple et si soudain
Que j’exhale d’amour pour ce flottant jardin.
Sur ses fleurs, mon regard trompe le mal d’attendre
Le pas, la voix, la main, et puis, tout l’être tendre,
Cette Toi toute à moi que je sens devenir,
À qui l’heure qui meurt peut tout à coup m’unir
Et qui vient !… Je le sens… Continuer la lecture de « « Le Saule » de Paul Valéry »

« Je porte au cœur une maison secrète » de Paul Valéry

Abbaye du Mont Saint Michel, le cloître.

Je porte au cœur une maison secrète

Maison secrète
Maison par Chesnot Jérôme

Je porte au cœur une maison secrète,
Un temps, un lieu, quelque tiède retraite
Où vous et moi, la nuit comme le jour,
Tout ne serait qu’entreprises d’amour,
Mais d’un amour de qui l’esprit travaille
Car sans génie il n’est d’amour qui vaille. Continuer la lecture de « « Je porte au cœur une maison secrète » de Paul Valéry »

« Aurore » de Paul Valéry

Aurore: jeune femme blonde

Aurore.

À Paul Poujaud.

La confusion morose
Qui me servait de sommeil,
Se dissipe dès la rose
Apparence du soleil.
Dans mon âme je m’avance,
Tout ailé de confiance:
C’est la première oraison !
À peine sorti des sables,
Je fais des pas admirables
Dans les pas de ma raison.

Salut! encore endormies
À vos sourires jumeaux,
Similitudes amies
Qui brillez parmi les mots !
Au vacarme des abeilles
Je vous aurai par corbeilles,
Et sur l’échelon tremblant
De mon échelle dorée,
Ma prudence évaporée
Déjà pose son pied blanc. Continuer la lecture de « « Aurore » de Paul Valéry »

« Épisode » de Paul Valéry

Épisode

Bouche Sensuelle
 » Kiss & Tell  » Par gmayster01 on & off …

Un soir favorisé de colombes sublimes,
La pucelle doucement se peigne au soleil.
Aux nénuphars de l’onde elle donne un orteil
Ultime, et pour tiédir ses froides mains errantes
Parfois trempe au couchant leurs roses transparentes.
Tantôt, si d’une ondée innocente, sa peau
Frissonne, c’est le dire absurde d’un pipeau,
Flûte dont le coupable aux dents de pierrerie
Tire un futile vent d’ombre et de rêverie
Par l’occulte baiser qu’il risque sous les fleurs. Continuer la lecture de « « Épisode » de Paul Valéry »