« Ah la belle Hélène! » de Guy Rancourt

Ah la belle Hélène!

[singlepic id=65 w=240 h=320 mode=web20 float=right]Ah la belle Hélène !
Fille du cygne et de Léda
Diront les férus de mythologie
Ah la belle Hélène!
Sœur des jumeaux Castor et Pollux
Diront les amateurs d’astrologie
Ah la belle Hélène!
épouse de Ménélas et de Pâris
Diront les amoureux de l’histoire

Ah la belle Hélène!
Fille de Normandie
Diront les gens de la France
Ah la belle Hélène!
Fille du Roy
Diront les colons de la Nouvelle-France
Ah la belle Hélène!
Femme-enfant de Sieur Samuel de Champlain
Diront les habitants de Stadaconé Continuer la lecture de « « Ah la belle Hélène! » de Guy Rancourt »

« La Cousine » de Gérard de Nerval

La Cousine

L’hiver a ses plaisirs ; et souvent, le dimanche,
Quand un peu de soleil jaunit la terre blanche,
Avec une cousine on sort se promener…
– Et ne vous faites pas attendre pour dîner,

Dit la mère. Et quand on a bien, aux Tuileries,
Vu sous les arbres noirs les toilettes fleuries,
La jeune fille a froid… et vous fait observer
Que le brouillard du soir commence à se lever.

Et l’on revient, parlant du beau jour qu’on regrette,
Qui s’est passé si vite… et de flamme discrète :
Et l’on sent en rentrant, avec grand appétit,
Du bas de l’escalier, – le dindon qui rôtit.

Gérard de Nerval
« Odelettes »

Incognito...
Incognito... Par Raïssa B.

« À la découverte de la femme » par Alfred Jarry

À la découverte de la femme

Une forme nue et qui tend les bras,
Qui désire et qui dit : Est-ce possible ?
Yeux illuminés de joie indicible,
— Qui peut, diamants, nombrer vos carats !

Bras si las quand les étreintes les rompent.
Chair d’un autre corps pliée à mon gré,
Et grands yeux si francs, surtout quand ils trompent,
— Salez moins vos pleurs, car je les boirai.

Au frisson debout elle est, endormie,
Un cher oreiller en qui bat un cœur ;
Mais rien n’est plus doux que sa bouche amie,
Que sa bouche amie, et c’est le meilleur.

Nos bouches, formez une seule alcôve,
Comme on unit deux cages par leurs bouts
Pour célébrer un mariage fauve
Où nos langues sont l’épouse et l’époux.

Tel Adam qu’animé une double haleine
A son réveil trouve Ève à son côté,
Mes sommeils enfuis, je découvre Hélène,
Vieux mais éternel nom de la beauté.
Au fond des temps par un cor chevroté :

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