« Nuit Blanche » de Jacques Hiers

Nuit Blanche

Nuit blanche dans tes draps
Où ton corps se déhanche,
Nuit blanche dans tes bras
Avec nos avalanches
De baisers en flocons,
La lune sur tes hanches
Fait comme un gros ballon
Qui, tout en moi déclenche
Des hordes de frissons…
Nuit blanche entre Toi et moi,
Les crissis de tes soies
En nos étreintes franches,
Et ton souffle et ta voix
Mourant sur mon épaule,
Tes cheveux blonds me frôlent
En filaments de joie,
Quand sur moi tu te penches
Et voiles mes regards,
Ton cri au fond du soir
Quand ta chair s’est donnée,
Nos âmes sont miroirs
En vibrantes Psychés ;
Il se fait tôt ou tard,
Personne ne le sait,
La nuit ou le matin
Cernent là nos regards
Aux cernes fins et bruns…
Tes bas crissent encor
En des sanglots sans fin
Que j’en reperds le nord
Au début d’un matin… Continuer la lecture de « « Nuit Blanche » de Jacques Hiers »

« Une nuit à Bruxelles » de Victor Hugo

Une nuit à Bruxelles

Reflets Royaux
Reflets Royaux, par Marc Dupuy

Aux petits incidents il faut s’habituer.
Hier on est venu chez moi pour me tuer.
Mon tort dans ce pays c’est de croire aux asiles.
On ne sait quel ramas de pauvres imbéciles
S’est rué tout à coup la nuit sur ma maison.
Les arbres de la place en eurent le frisson,
Mais pas un habitant ne bougea. L’escalade
Fut longue, ardente, horrible, et Jeanne était malade.
Je conviens que j’avais pour elle un peu d’effroi.  Continuer la lecture de « « Une nuit à Bruxelles » de Victor Hugo »

« Hinne à la Nuit » de Pierre de Ronsard

Hinne à la Nuit

Nuit d'août toute noire
DemiLune Par dmachillot

Nuit, des amours ministre et sergente fidele
Des arrests de Venus, et des saintes lois d’elle,
Qui secrete acompaignes
L’impatient ami de l’heure acoutumée,
Ô l’aimée des Dieus, mais plus encore aimée
Des étoiles compaignes,

Nature de tes dons adore l’excellence,
Tu caches lés plaisirs desous muet silence
Que l’amour jouissante
Donne, quand ton obscur étroitement assemble
Les amans embrassés, et qu’ils tumbent ensemble
Sous l’ardeur languissante. Continuer la lecture de « « Hinne à la Nuit » de Pierre de Ronsard »

« Quel calme nocturne, quel calme » de Rainer Maria Rilke

Quel calme nocturne, quel calme

Quel calme nocturne, quel calme
nous pénètre du ciel.
On dirait qu’il refait dans la palme
de vos mains le dessin essentiel.

La petite cascade chante
pour cacher sa nymphe émue …
On sent la présence absente
que l’espace a bue.

Rainer Maria Rilke
« Les quatrains valaisans »

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Poème érotique d'un poète amateur : Omar

Solitude Nocturne

Tu es une puritaine qui baisse les paupières
Tu es une statue que l’on taille sur la pierre
Tes seins sont très durs avec des bouts si fiers
Couverts par tes cheveux cette longue crinière

Tu es de bronze faite, une sirène mythique
Une forme nostalgique aux histoires antiques
Les odeurs de ta peau remplissent la chambre
Quand sous la fine toile, tu frémis et te cambre

Un bras impatient ou les duvets frémissent
Descend avec douceur au niveau de tes cuisses
Le doigt effervescent, dans ces espaces ou vivent
Les tendances coutumières, d’aménité s’active.

Tu prospectes dans les eaux de ce fleuve austère
Chaud, humide, ourlé, battant entre deux rives
Affolé vivant et frémissant, il ouvre son mystère
Aux mouvements des doigts humectés de salive

Omar

Miniature Photo par ImAges ImprObables

« Au-delà de l'Amour » d'André de Richaud

Au-delà de l’Amour

L’amour près du sommeil c’est l’ombre auprès de l’ombre
sacrifice des nuits les étoiles longtemps
ont neigé sur ton corps endormi parmi les roches brûlantes
Du ciel écroulé sur ton sourire secret

ton sommeil sous tes bras en mousses scintillantes
ton sommeil dans ta maison où tourne un astre familier
qui distille du songe au bord de l’oreiller Continuer la lecture de « « Au-delà de l'Amour » d'André de Richaud »

« La Nuit d'Octobre » : La Muse par Alfred de Musset

La Nuit d’Octobre

Extrait

LA MUSE

Muse
 » Your silent eyes convince me i’m marooned … We are safe inside this azure blue lagoon  » Par gmayster01 on & off …

Poète, c’est assez. Auprès d’une infidèle,
Quand ton illusion n’aurait duré qu’un jour,
N’outrage pas ce jour lorsque tu parles d’elle ;
Si tu veux être aimé, respecte ton amour.
Si l’effort est trop grand pour la faiblesse humaine
De pardonner les maux qui nous viennent d’autrui,
Épargne-toi du moins le tourment de la haine ;
À défaut du pardon, laisse venir l’oubli.
Les morts dorment en paix dans le sein de la terre :
Ainsi doivent dormir nos sentiments éteints.
Ces reliques du cœur ont aussi leur poussière ;
Sur leurs restes sacrés ne portons pas les mains.
Pourquoi, dans ce récit d’une vive souffrance,
Ne veux-tu voir qu’un rêve et qu’un amour trompé ?
Est-ce donc sans motif qu’agit la Providence
Et crois-tu donc distrait le Dieu qui t’a frappé ?
Le coup dont tu te plains t’a préservé peut-être,
Enfant ; car c’est par là que ton cœur s’est ouvert.
L’homme est un apprenti, la douleur est son maître,
Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert.
C’est une dure loi, mais une loi suprême,
Vieille comme le monde et la fatalité,
Qu’il nous faut du malheur recevoir le baptême,
Et qu’à ce triste prix tout doit être acheté.
Les moissons pour mûrir ont besoin de rosée ;
Pour vivre et pour sentir l’homme a besoin des pleurs ;
La joie a pour symbole une plante brisée,
Humide encor de pluie et couverte de fleurs.
Ne te disais-tu pas guéri de ta folie ?
N’es-tu pas jeune, heureux, partout le bienvenu ?
Et ces plaisirs légers qui font aimer la vie,
Si tu n’avais pleuré, quel cas en ferais-tu ?
Lorsqu’au déclin du jour, assis sur la bruyère,
Avec un vieil ami tu bois en liberté,
Dis-moi, d’aussi bon cœur lèverais-tu ton verre,
Si tu n’avais senti le prix de la gaîté ?
Aimerais-tu les fleurs, les prés et la verdure,
Les sonnets de Pétrarque et le chant des oiseaux,
Michel-Ange et les arts, Shakspeare et la nature,
Si tu n’y retrouvais quelques anciens sanglots ?
Comprendrais-tu des cieux l’ineffable harmonie,
Le silence des nuits, le murmure des flots,
Si quelque part là-bas la fièvre et l’insomnie
Ne t’avaient fait songer à l’éternel repos ?
N’as-tu pas maintenant une belle maîtresse ?
Continuer la lecture de « « La Nuit d'Octobre » : La Muse par Alfred de Musset »

« La Nuit d'Octobre » : Le Poète – Alfred de Musset

La Nuit d’Octobre

Extrait

LE POÈTE

Poète
Le Jour ni l’Heure 8760 : le poète Attilio Bertolucci, 1911-2000, photographie d’un panneau à son effigie dans le village de Casarola, commune de Monchio delle Corti, dans l’Appenin de Parme, Émilie-Romagne, lundi 31 octobre 2011, 16:46:46 Par Renaud Camus

Honte à toi qui la première
M’as appris la trahison,
Et d’horreur et de colère
M’as fait perdre la raison !
Honte à toi, femme à l’oeil sombre,
Dont les funestes amours
Ont enseveli dans l’ombre
Mon printemps et mes beaux jours !
C’est ta voix, c’est ton sourire,
C’est ton regard corrupteur,
Qui m’ont appris à maudire
Jusqu’au semblant du bonheur ;
C’est ta jeunesse et tes charmes
Qui m’ont fait désespérer,
Et si je doute des larmes,
C’est que je t’ai vu pleurer.
Honte à toi, j’étais encore
Aussi simple qu’un enfant ;
Comme une fleur à l’aurore,
Mon cœur s’ouvrait en t’aimant.
Certes, ce coeur sans défense
Put sans peine être abusé ;
Mais lui laisser l’innocence
Était encor plus aisé. Continuer la lecture de « « La Nuit d'Octobre » : Le Poète – Alfred de Musset »

« Pour que rien de nous deux n'échappe à notre étreinte » par Émile Verhaeren

Pour que rien de nous deux n’échappe à notre étreinte

[singlepic id=135 w=240 h=320 mode=web20 float=right]Pour que rien de nous deux n’échappe à notre étreinte,
Si profonde qu’elle en est sainte
Et qu’à travers le corps même, l’amour soit clair ;
Nous descendons ensemble au jardin de la chair.

Tes seins sont là ainsi que des offrandes,
Et tes deux mains me sont tendues;
Et rien ne vaut la naïve provende
Des paroles dites et entendues. Continuer la lecture de « « Pour que rien de nous deux n'échappe à notre étreinte » par Émile Verhaeren »