« L'Ange » de Max Elskamp

L’Ange

Pleine d'heures
Alsace, Bas-Rhin :  » Strasbourg, cathédrale Notre-Dame, horloge astronomique  » Par (vincent desjardins)
Et puis après, voici un ange,
Un ange en blanc, un ange en bleu,
Avec sa bouche et ses deux yeux,
Et puis après voici un ange,

Avec sa longue robe à manches,
Son réseau d’or pour ses cheveux,
Et ses ailes pliées en deux,
Et puis ainsi voici un ange,

Et puis aussi étant dimanche,
Voici d’abord que doucement
Il marche dans le ciel en long
Et puis aussi étant dimanche,

Voici qu’avec ses mains il prie
Pour les enfants dans les prairies,
Et qu’avec ses yeux il regarde
Ceux de plus près qu’il faut qu’il garde ;

Et tout alors étant en paix
Chez les hommes et dans la vie,
Au monde ainsi de son souhait,
Voici qu’avec sa bouche il rit.

Max Elskamp

« Et voile à nul souffle bercée » de Max Elskamp

Et voile à nul souffle bercée

Et voile à nul souffle bercée,
S’enguidonne d’un beau ciel d’or
Le dimanche très en décor
Pour les femmes de mes pensées :

Et les femmes ont dépensé
Leur cœur tout devant les fenêtres
Et creusent, d’amour enlisées,
Jusqu’au pleur ce ciel des fenêtres.

Vierges d’attente et de martyre,
Au gril vert des persiennes lasses,
Dans les jardins des croisées basses,
Les femmes, jusqu’à se mourir,

Cristallisent rouge aux fenêtres
– Appeau naïvement enfant –
Leur coeur sous les tabliers blancs
Et tels des rideaux aux fenêtres.

Or, en vain, les femmes, amantes
D’aimer, se sentent infinies,
Leurs besognes sont définies,
Et, pauvre, leur coeur de servantes

Froidit, pour que se fassent blanches
Leurs mains, en très naïves grèves,
Dans la comédie bleue du rêve.
Or passent ainsi les dimanches.

Max Elskamp

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« Voile » par Turkinator