« Ballet de madame, de petites nymphes qui mènent l’amour prisonnier. Au roi » de François de Malherbe

Ballet de madame, de petites nymphes qui mènent l’amour prisonnier. Au roi

Dame Helen Mirren
Dame Helen Mirren Par Sougata Ghosh

A la fin tant d’amants dont les âmes blessées
Languissent nuit et jour,
Verront sur leur auteur leurs peines renversées,
Et seront consolés aux dépens de l’Amour.

Ce public ennemi, cette peste du monde,
Que l’erreur des humains
Fait le maître absolu de la terre et de l’onde,
Se treuve à la merci de nos petites mains.

Nous le vous amenons dépouillé de ses armes
O roi, l’astre des rois,
Quittez votre bonté, moquez-vous de ses larmes,
Et lui faites sentir la rigueur de vos lois. Continuer la lecture de « « Ballet de madame, de petites nymphes qui mènent l’amour prisonnier. Au roi » de François de Malherbe »

« À Madame G. » par Alfred de Musset

Précilia

À Madame G. (Sonnet)

Bonjour Madame
Bonjour Madame Par originalgrammatique

C’est mon avis qu’en route on s’expose à la pluie,
Au vent, à la poussière, et qu’on peut, le matin,
S’éveiller chiffonnée avec un mauvais teint,
Et qu’à la longue, en poste, un tête-à-tête ennuie.

C’est mon avis qu’au monde il n’est pire folie
Que d’embarquer l’amour pour un pays lointain.
Quoi qu’en dise Héloïse ou madame Cottin,
Dans un miroir d’auberge on n’est jamais jolie. Continuer la lecture de « « À Madame G. » par Alfred de Musset »

« Madame, ce matin je vous offre une fleur » de Siméon-Guillaume de la Roque

reflection of angry woman in mirror

Madame, ce matin je vous offre une fleur

Madame, ce matin je vous offre une fleur
Qui du sang de Narcis a pris son origine :
Pour vous y comparer Amour vous la destine,
Et vous vient consacrer son tige et sa couleur.

Vous semblez un Narcis de grâce et de rigueur,
Il avait comme vous l’apparence divine,
De sa vive beauté l’onde fut la ruine,
Et je crains qu’un miroir cause votre malheur ! Continuer la lecture de « « Madame, ce matin je vous offre une fleur » de Siméon-Guillaume de la Roque »

VIII de Vincent Muselli

VIII

Combien de fois j’ai subi vos courroux,
Combien de fois bravé vos regards sombres,
Mais, en marchant, Madame, auprès de vous,
Combien de fois j’ai mêlé nos deux ombres !

Vincent Muselli
« Épigrammes »

 

« À l'éternel Madame » de Tristan Corbière

À l’éternel Madame

Mannequin idéal, tête-de-turc du leurre,
Eternel Féminin ! … repasse tes fichus ;
Et viens sur mes genoux, quand je marquerai l’heure,
Me montrer comme on fait chez vous, anges déchus.

Sois pire, et fais pour nous la joie à la malheure,
Piaffe d’un pied léger dans les sentiers ardus.
Damne-toi, pure idole ! et ris ! et chante ! et pleure,
Amante ! Et meurs d’amour !… à nos moments perdus.

Fille de marbre ! en rut ! sois folâtre !… et pensive.
Maîtresse, chair de moi ! fais-toi vierge et lascive…
Féroce, sainte, et bête, en me cherchant un cœur…

Sois femelle de l’homme, et sers de Muse, ô femme,
Quand le poète brame en Ame, en Lame, en Flamme !
Puis – quand il ronflera – viens baiser ton vainqueur !

Tristan Corbière
« Les Amours jaunes »

Madame de Montbazon
Madame de Montbazon