Lettre VIII d’Abédiard à Héloïse

Lettre d’Abédiard à Héloïse

Lettre VIII

Envoi de la règle

J’ai déjà satisfait, dans la mesure du possible, à une partie de la requête que tu m’as adressée; il me faut maintenant, avec l’aide de Dieu, m’occuper de l’autre partie, pour répondre à ton attente comme à celle de tes filles spirituelles. Il me reste donc, pour suivre à la lettre votre demande, à rédiger et vous transmettre des statuts qui serviront de règle à votre vocation. Ainsi pourrez‑vous vous référer à un texte, plutôt que de vous en remettre à la coutume, quand vous chercherez à réglementer votre conduite. Continuer la lecture de « Lettre VIII d’Abédiard à Héloïse »

« Seconde lettre d'Érosie à Juliette » par Andrea de Nerciat

Seconde lettre d’Érosie à Juliette

Je venais, chère et tendre amie, d’envoyer à la poste le premier volume de mes sottises, quand une seconde missive, adressée pour le coup directement à moi, m’a fait savoir qu’encore deux jours se passeraient sans que je visse arriver M. de Roqueval ! Ainsi soit-il !

« Qu’ai-je besoin (me suis-je dit) de me trouver, même aussitôt, en face d’un homme à qui j’ai manqué (car il faut bien en convenir, à moins de prétendre à me mettre au-dessus de toutes les idées reçues)… avec un homme, enfin, devant lequel je ferai peut-être l’enfance (à vingt ans !) de rougir, comme si j’avais lieu de craindre qu’à son arrivée il ne lise sur ma physionomie que d’avance j’ai décoré son front… Cependant, Juliette, il faudra bien qu’il soit sorcier s’il devine tout… et je le donnerais en cent… à toi-même, qui sais déjà la bonne moitié de ma galante équipée. En vérité, mon coeur, si je n’avais qu’une turpitude abominable à te raconter, je te ferais grâce du reste de mon aventure, mais quelques détails, selon moi, si bons à savoir, se mêlent à ma propre scène, que, de nouveau, je vais victimer mon amour-propre en faveur de ce goût décidé que je te connais pour toute peinture lascive.

Après m’être volontairement et bien délicieusement donnée à mon petit séducteur, un retour vers la bégueulerie eût été quelque chose de fort ridicule ; l’éprouver ne m’était pas possible ; le feindre ?… à quoi, bon ! Cette plate fausseté m’aurait assez mal réussi sans doute. Heureuse, parfaitement heureuse ; pressant contre mon coeur l’être charmant avec lequel je venais de m’unir ; donnant, recevant mille et mille baisers, et tous deux inaccessibles au souvenir de notre porte pleinement ouverte, nous jasions avec l’abondance et l’ivresse du contentement absolu… Continuer la lecture de « « Seconde lettre d'Érosie à Juliette » par Andrea de Nerciat »

Lettre de George Sand à Alfred de Musset

Goût de toi

Lettre de George Sand

à Alfred de Musset

Je suis très émue de vous dire que j’ai
bien compris l’autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
Continuer la lecture de « Lettre de George Sand à Alfred de Musset »

Première Lettre de Saint-Paul aux Corinthiens

Quand je parlerais les langues des hommes et des Anges, si je n’ai pas l’amour, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit.

Et quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. Continuer la lecture de « Première Lettre de Saint-Paul aux Corinthiens »

Lettre de Victor Hugo à Léonie Biard

Samedi – trois heures du matin.

[singlepic id=113 w=240 h=320 mode=web20 float=right]Je rentre. J’ai ta lettre. Cette douce lettre, je l’avais lue aujourd’hui dans tes yeux. Que tu étais belle tantôt aux Tuileries sous ce ciel de printemps, sous ces arbres verts, avec ces lilas en fleurs au-dessus de ta tête. Toute cette nature semblait faire une fête autour de toi. Vois-tu, mon ange, les arbres et les fleurs te connaissent et te saluent. Tu es reine dans ce monde charmant des choses qui embaument et qui s’épanouissent comme tu es reine dans mon cœur. Continuer la lecture de « Lettre de Victor Hugo à Léonie Biard »