« La naissance d'Aphrodité » de José-Maria de Heredia

La naissance d’Aphrodité

Aphrodité
Crouching Aphrodite, 1st–2nd century AD, from Sainte-Colombe, Isère (France), Louvre Museum par Carole Raddato

Avant tout, le Chaos enveloppait les mondes
Où roulaient sans mesure et l’Espace et le Temps ;
Puis Gaia, favorable à ses fils les Titans,
Leur prêta son grand sein aux mamelles fécondes.

Ils tombèrent. Le Styx les couvrit de ses ondes.
Et jamais, sous l’éther foudroyé, le Printemps
N’avait fait resplendir les soleils éclatants,
Ni l’Eté généreux mûri les moissons blondes. Continuer la lecture de « « La naissance d'Aphrodité » de José-Maria de Heredia »

« Nymphée » de José-Maria de Heredia

Nymphée

Nymphée, Bosra Par jacqueline.poggi
Nymphée, Bosra Par jacqueline.poggi

Le quadrige céleste à l’horizon descend,
Et, voyant fuir sous lui l’occidentale arène,
Le Dieu retient en vain de la quadruple rêne
Ses étalons cabrés dans l’or incandescent.

Le char plonge. La mer, de son soupir puissant,
Emplit le ciel sonore où la pourpre se traîne,
Tandis qu’à l’Est d’où vient la grande nuit sereine
Silencieusement s’argente le Croissant. Continuer la lecture de « « Nymphée » de José-Maria de Heredia »

« Bacchanale » de José-Maria de Heredia

Bacchanale

Bacchanale
Aux Bacchanales de andyket

Une brusque clameur épouvante le Gange.
Les tigres ont rompu leurs jougs et, miaulants,
Ils bondissent, et sous leurs bonds et leurs élans
Les Bacchantes en fuite écrasent la vendange.

Et le pampre que l’ongle ou la morsure effrange
Rougit d’un noir raisin les gorges et les flancs
Où près des reins rayés luisent des ventres blancs
De léopards roulés dans la pourpre et la fange. Continuer la lecture de « « Bacchanale » de José-Maria de Heredia »

« Sur le Livre des Amours de Pierre de Ronsard » de José-Maria de Heredia

Livre en cœur

Sur le Livre des Amours de Pierre de Ronsard

Statue de Pierre de Ronsard

Jadis plus d’un amant, aux jardins de Bourgueil,
A gravé plus d’un nom dans l’écorce qu’il ouvre,
Et plus d’un coeur, sous l’or des hauts plafonds du Louvre,
A l’éclair d’un sourire a tressailli d’orgueil.

Qu’importe ? Rien n’a dit leur ivresse ou leur deuil.
Ils gisent tout entiers entre quatre ais de rouvre
Et nul n’a disputé, sous l’herbe qui les couvre,
Leur inerte poussière à l’oubli du cercueil. Continuer la lecture de « « Sur le Livre des Amours de Pierre de Ronsard » de José-Maria de Heredia »