« La Complaînte du désespéré » de Joachim du Bellay

La Complaînte du désespéré

Qui prêtera la parole
A la douleur qui m’affole ?
Qui donnera les accents
A la plainte qui me guide :
Et qui lâchera la bride
A la fureur que je sens ?

Qui baillera double force
A mon âme, qui s’efforce
De soupirer mes douleurs ? 
Et qui fera sur ma face
D’une larmoyante trace
Couler deux ruisseaux de pleurs ?… Continuer la lecture de « « La Complaînte du désespéré » de Joachim du Bellay »

« Muse, qui autrefois chantas la verte Olive » de Joachim du Bellay

Muse, qui autrefois chantas la verte Olive

Muse, qui autrefois chantas la verte Olive,
Empenne tes deux flancs d’une plume nouvelle,
Et te guidant au ciel avecques plus haute aile,
Vole où est d’Apollon la belle plante vive.

Laisse, mon cher souci, la paternelle rive,
Et portant dsormais une charge plus belle,
Adore ce haut nom dont la gloire immortelle
De notre pôle arctique à l’autre pôle arrive. Continuer la lecture de « « Muse, qui autrefois chantas la verte Olive » de Joachim du Bellay »

« Finalement sur le point que Morphée » de Joachim du Bellay

Finalement sur le point que Morphée

Morphée
Morphée Par GoldenEye1990

Finalement sur le point que Morphée
Plus véritable apparaît à nos yeux,
Fâché de voir l’inconstance des cieux,
Je vois venir la soeur du grand Typhée :

Qui bravement d’un morion coiffée
En majesté semblait égale aux dieux,
Et sur le bord d’un fleuve audacieux
De tout le monde érigeait un trophée. Continuer la lecture de « « Finalement sur le point que Morphée » de Joachim du Bellay »

« De quelque autre sujet que j'écrive, Jodelle » de Joachim Du Bellay

De quelque autre sujet que j’écrive, Jodelle

Eglise de Saint Victor
Saint Victor, c’est le Buisson Ardent de Dieu par Marc DUPUY

De quelque autre sujet que j’écrive, Jodelle,
Je sens mon coeur transi d’une morne froideur,
Et ne sens plus en moi cette divine ardeur
Qui t’enflamme l’esprit de sa vive étincelle.

Seulement quand je veux toucher le los de celle
Qui est de notre siècle et la perle et la fleur,
Je sens revivre en moi cette antique chaleur,
Et mon esprit lassé prendre force nouvelle. Continuer la lecture de « « De quelque autre sujet que j'écrive, Jodelle » de Joachim Du Bellay »

« A Madame Marguerite, d'écrire en sa langue » de Joachim du Bellay

À Madame Marguerite, d’écrire en sa langue

Marguerite
Marguerite Par AlanYe

Quiconque soit qui s’étudie
En leur langue imiter les vieux,
D’une entreprise trop hardie
II tente la voie des cieux,
Croyant en des ailes de cire,
Dont Phébus le peut déplumer
Et semble, à le voir, qu’il désire
Donner nouveaux noms à la mer.
Il y met de l’eau, ce me semble,
Et pareil peut être encore est
A celui qui du bois assemble
Pour le porter en la forêt.
Qui suivra la divine Muse
Qui tant sut Achille extoller ?  Continuer la lecture de « « A Madame Marguerite, d'écrire en sa langue » de Joachim du Bellay »

« Ô beaux cheveux d'argent mignonnement retors » de Joachim Du Bellay

Ô beaux cheveux d’argent mignonnement retors

Cheveux blonds
elle avait des cheveux blondes Par Gerard Stolk (vers le Carême)

Ô beaux cheveux d’argent mignonnement retors !
Ô front crêpe et serein ! et vous, face dorée !
Ô beaux yeux de cristal ! ô grand bouche honorée,
Qui d’un large repli retrousses tes deux bords ! Continuer la lecture de « « Ô beaux cheveux d'argent mignonnement retors » de Joachim Du Bellay »