« Je ne refuse point qu'en si belle jeunesse » de Philippe Desportes

Je ne refuse point qu’en si belle jeunesse

Je ne refuse point qu’en si belle jeunesse 
De mille et mille amants vous soyez la maîtresse, 
Que vous n’aimiez partout, et que, sans perdre temps, 
Des plus douces faveurs ne les rendiez contents : 
La beauté florissante est trop soudain séchée 
Pour s’en ôter l’usage, et la tenir cachée.
Mais je crève de rage et supporte au-dedans 
Des glaçons trop serrés et des feux trop ardents, 
Quand en dépit de moi vous faites que je sache 
Le mal qui n’est point mal lorsque bien on le cache. Continuer la lecture de « « Je ne refuse point qu'en si belle jeunesse » de Philippe Desportes »

« Le Grenier » de Pierre-Jean de Béranger

Le grenier

Le Grenier
le grenier par Jérôme Terrier

Je viens revoir l’asile où ma jeunesse
De la misère a subi les leçons.
J’avais vingt-ans, une folle maîtresse,
De francs amis et l’amour des chansons.
Bravant le monde et les sots et les sages,
Sans avenir, riche de mon printemps,
Leste et joyeux je montais six étages.
Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans ! Continuer la lecture de « « Le Grenier » de Pierre-Jean de Béranger »

« Aurélie » par Yves Alba

Aurélie

Aurélie
Aurélie – Steve.© – par Steve C

Aurélie, Aurélie
La jeunesse est une fleur fragile
Elle enivre, elle enflamme, elle séduit
Puis, un jour, elle s’échappe sans bruit.
Son éclat s’estompe peu à peu
Mais toujours on en reste amoureux
Aurélie, Aurélie
Ton histoire tu la redis encore
Dans ce bar, bien minable décor,
Où tu pleures le printemps de ta vie.
Tu racontes, et ton cœur se souvient
D’une fille aux chaussons de satin…

Voilà le grand rideau qui se lève,
L’orchestre commence.
Irréelle, comme sortie d’un rêve,
Tu apparais, tu danses.
Ton corps qui s’élance comme une aile
Pour cueillir des fragments de ciel
Et, depuis les loges au parterre, ils sont venus pour te voi
Toi la danseuse étoile qui brillera dans leur cœur ce soir.
Ils sont debout, ils t’acclament
Tu donnes à la danse une âme

Aurélie, Aurélie
Il faut bien laisser faire la vie
Tes regrets rendent triste un souvenir joli.
L’automne a des couleurs
Que le printemps envie
Et s’il a moins de fleurs
Chacune est fort jolie.

Aurélie, Aurélie
Il est tard, mais tu vas boire encore
Quelques verres, car tu sais qu’à l’aurore
Le présent se sera endormi
C’est alors que tu retrouveras
Les lumières, la scène de l’Opéra.

Le temps ne peut plus te faire outrage
Car tu t’es enfuie de sa cage
Ton sommeil se rit bien de lui.

Aurélie, rêve !

Yves Alba