« Élégie » (1) de Jean Bertaut

Élégie

Comme alors que le jour c’est caché sous la terre,
Le soucy plus ouvert se referme et reserre,
Dedaigneux de laisser regarder à son oeil
D’autres flammes au Ciel que celles du Soleil :
Ainsi quand les malheurs qui traversent ma vie
M’ont de vostre bel oeil la presence ravie,
Le mien se fermeroit, dolent de ne voir rien
Qui ne semble exprimer la perte de son bien :
Et dédaigneux de suivre, en l’ombre où je chemine,
Une lumiere humaine apres une divine,
Fuiroit en quelque lieu de clarté dépourveu,
Cherchant de ne rien voir, et de n’estre point veu;
Si le poignant regret que me cause ma perte,
Ne tenoit ma paupiere incessamment ouverte
Aux pleurs dont le ruisseau coule sans s’estancher
De mon coeur misérable, ainsi que d’un rocher. Continuer la lecture de « « Élégie » (1) de Jean Bertaut »

« Stances » de Jean Bertaut

Stances

Ne vous offensez point, belle âme de mon âme,
De voir qu’en vous aymant j’ose plus qu’il ne faut :
C’est bien trop haut voller, mais estant tout de flame
Ce n’est rien de nouveau si je m’éleve en haut.

Comme l’on voit qu’au ciel le feu tend et s’élance,
Au ciel de vos beautez je tens pareillement :
Mais luy c’est par nature, et moy par cognoissance ;
Luy par nécessité, moy volontairement. Continuer la lecture de « « Stances » de Jean Bertaut »