« Helas, si tu me vois constant en inconstance » de Jean-Antoine de Baïf

loving couple standing close in room

Helas, si tu me vois constant en inconstance

Helas, si tu me vois constant en inconstance
Et changer de propos et muer de visage,
Comme le flot d’amour me reculle ou m’avance ;

Helas, si tu me vois varier d’heure en heure,
De moment en moment entre raison et rage,
Sans qu’un rien en un point un mesme je demeure : Continuer la lecture de « « Helas, si tu me vois constant en inconstance » de Jean-Antoine de Baïf »

« À Claudine » de Jean-Antoine de Baïf

Jeune femme attablée

 À Claudine

Extrait

Claudine, vieille harangere,
Je veux bien au vif, te pourtrere,
Et tes beautés, avec tes fleurs,
Peindre de toutes leurs couleurs.
Tu as le corps comme un conchon ;
Tu as le nez comme une guenon ;
Les yeux comme uncrapaud, la joue
Comme un singe qui fait la moue ;
La bouche comme un cul de poule,
Et le monton comme une boule
(Si la poule était effondrée
Et la boule mal rabotée) ; Continuer la lecture de « « À Claudine » de Jean-Antoine de Baïf »

« Francine a si bonne grace » de Jean-Antoine de Baïf

Francine a si bonne grace

Francine
Francine Par SportsAngle.com

Francine a si bonne grace,
Elle a si belle la face,
Elle a les sourcis tant beaux,
Et dessous, deux beaux flambeaux,
De qui la clarté seréne
Tout heur ou m’oste ou m’améne.
La belle n’a rien de fiel,
Elle est tout sucre et tout miel,
Et l’aleine qu’elle tire
Rien que parfuns ne respire.
Son baiser delicieux
C’est un vray nectar des dieux :
Elle est tant propre et tant nette,
Elle est en tout si parfette,
Elle devise tant bien,
Elle ne se coupe en rien.
Ce n’est qu’amours et blandices,
Mignardises et delices :
Elle sçait pour m’enchanter
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« Ô ma belle rebelle » de Jean-Antoine de Baïf

Marie

Ô ma belle rebelle

Ô ma belle rebelle,
Las, que tu m’es cruelle !
Ou quand d’un doux souris,
Larron de mes espris,
Ou quand d’une parolle
Mignardetement molle,
Ou quand d’un regard d’yeux
Fierement gracieux,
Ou quand d’un petit geste
Tout divin, tout celeste,
En amoureuse ardeur
Tu plonges tout mon coeur.
O ma belle rebelle,
Las, que tu m’es cruelle !
Quand la cuisante ardeur,
Qui me brusle le coeur,
Fait que je te demande
A sa bruslure grande
Un rafraichissement
D’un baiser seulement.
O ma belle rebelle
Las, que tu m’es cruelle !
Quand d’un petit baiser
Tu ne veux m’apaiser,
Mais par tes fines ruses
Tousjours tu m’en refuses,
Au lieu d’allegement
Acroissant mon tourment.

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