« Pour une jalousie enragée dans un roman » de François Tristan L’Hermite

reflection of angry woman in mirror

Pour une jalousie enragée dans un roman

Pour une jalousie enragée dans un roman
Destins, faites-moi voir une ville allumée,
Toute pleine d’horreur, de carnage et de bruit,
Où l’inhumanité d’une orgueilleuse armée
Triomphe insolemment d’un empire détruit.

Faites-moi voir encore une flotte abîmée
Par le plus fâcheux temps que l’orage ait produit,
Où de cent mille voix, dans la plus noire nuit,
La clémence du Ciel soit en vain réclamée. Continuer la lecture de « « Pour une jalousie enragée dans un roman » de François Tristan L’Hermite »

« La Jalousie » de Jean Auvray

Jalousie

La Jalousie

Poètes, peintres parlants, que vous sert de nous feindre,
Peintres, poètes muets, que vous sert de nous peindre
Des feux, des fouets, des fers, des vaisseaux pleins de trous,
Des rages, des fureurs, des lieux épouvantables :
Pour exprimer l’horreur des enfers effroyables,
Est-il enfer semblable à celui des jaloux ?

L’aigle de Prométhée, les fouets des Euménides,
Les vaisseaux défoncés des folles Danaïdes,
D’Ixion abusé les roues et les clous,
Les peines de Tantal, de Sisyph, de Phlégie
Ne sont que jeux au prix de l’âpre jalousie,
Il n’est enfer semblable à celui des jaloux. Continuer la lecture de « « La Jalousie » de Jean Auvray »

« Une Dame tançoit sa Servante… » de Jean Auvray

Dame
Dame met hoed par Par Roel Wijnants

Une Dame tançoit sa Servante, accusée
D’avoir faict en joüant ce qu’on fait de là l’eau :
– « Vien-çà, nomme-le moy, pauvre fille abusée,
Le meschant qui oza chez nous faire un Bordeau !

— C’est vostre Mareschal, Madame. — Ô la rusée !
Combien as-tu de fois remmanché son marteau ?
— Il me le fit six coups en fillant ma fusée
Et si vouloit encor lever mon devanteau.

– Six coups ! ce dit la Dame, en extase ravie,
Une femme d’honneur en seroit bien servie…
Fuy d’icy, ta presence attise mon courroux !

La laide ! la soüillon ! la petite impudente !
C’est bien à telle gueuse à le faire six coups !
Je m’y passerois bien, moy qui suis presidente ! »

Jean Auvrey