« Jalousie » de François Tristan L'Hermite

Jalousie

Telle qu’était Diane, alors qu’imprudemment
L’infortuné chasseur la voyait toute nue,
Telle dedans un bain Clorinde s’est tenue,
N’ayant le corps vêtu que d’un moite élément.

Quelque dieu dans ces eaux caché secrètement
A vu tous les appas dont la belle est pourvue,
Mais s’il n’en avait eu seulement que la vue,
Je serais moins jaloux de son contentement.

Le traître, l’insolent, n’étant qu’une eau versée,
L’a baisée en tous lieux, l’a toujours embrassée ;
J’enrage de colère à m’en ressouvenir.

Cependant cet objet dont je suis idolâtre
Après tous ces excès n’a fait pour le punir
Que donner à son onde une couleur d’albâtre.

François Tristan L’Hermite
« Plaintes d’Acante »

D-Day Monday Feb 15 1971 par Par brizzle born and bred

« Pour une jalousie enragée dans un roman » de François Tristan L'Hermite

Pour une jalousie enragée dans un roman

Pour une jalousie enragée dans un roman
Destins, faites-moi voir une ville allumée,
Toute pleine d’horreur, de carnage et de bruit,
Où l’inhumanité d’une orgueilleuse armée
Triomphe insolemment d’un empire détruit.

Faites-moi voir encore une flotte abîmée
Par le plus fâcheux temps que l’orage ait produit,
Où de cent mille voix, dans la plus noire nuit,
La clémence du Ciel soit en vain réclamée. Continuer la lecture de « « Pour une jalousie enragée dans un roman » de François Tristan L'Hermite »

« La Jalousie » de Jean Auvray

La Jalousie

Poètes, peintres parlants, que vous sert de nous feindre,
Peintres, poètes muets, que vous sert de nous peindre
Des feux, des fouets, des fers, des vaisseaux pleins de trous,
Des rages, des fureurs, des lieux épouvantables :
Pour exprimer l’horreur des enfers effroyables,
Est-il enfer semblable à celui des jaloux ?

L’aigle de Prométhée, les fouets des Euménides,
Les vaisseaux défoncés des folles Danaïdes,
D’Ixion abusé les roues et les clous,
Les peines de Tantal, de Sisyph, de Phlégie
Ne sont que jeux au prix de l’âpre jalousie,
Il n’est enfer semblable à celui des jaloux.

Si la nuit le jaloux tient sa femme embrassée,
Il croit tenant le corps qu’un autre a sa pensée ;
Fût-elle à prier Dieu dans l’église à genoux,
Si du temps qu’il lui donne elle passe les bornes,
Ce Vulcain pense avoir le front tout plein de cornes
Et se plonge insensé dans l’enfer des jaloux.

Une rare beauté, un accoutrement brave,
Une charmante voix, une démarche grave,
Un oeil rempli d’attraits, un sourire trop doux,
Une gaillarde humeur, une larme aperçue,
Un doux accord de luth, une oeillade conçue,
Sont les plus grands tourments de l’enfer des jaloux.

Ils sont pâles, chagrins, songeards, mélancoliques,
Noisifs, capricieux, maussades, fantastiques,
Difficiles, hargneux, sauvages, loups-garous,
L’esprit toujours porté à quelque horrible songe,
Un vautour sans cesser les entrailles leur ronge,
Bref, il n’est tel enfer que celui des jaloux.

Donc vieillards refroidis, cherchez quelques Médées
Pour faire rajeunir vos vieillesses ridées,
Et au tripot d’amour mieux assener vos coups,
Ou bien, dagues de plomb, votre horoscope preuve
Que vous serez bientôt des cocus à l’épreuve
Et que vous entrerez dans l’enfer des jaloux.

Et vous cabas moisis, vieilles tapissières,
Tétins mous, fronds ridés, culs plats, fesses flétries,
Yeux pleureux, cheveux gras, pourquoi épousez-vous
Ces volages poulains qu’un jeune amour enflamme ?
Vous n’êtes que de glace, ils ne sont que de flamme.
Entrez, vieilles, entrez dans l’enfer des jaloux.

Jean Auvray

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Que tes Chemises Par I .. C .. U

« Sonnet de Philis » d'Honoré d'Urfé

Sonnet de Philis

L’amour ne brûle plus, ou bien il brûle en vain ;
Son carquois est perdu, ses flèches sont froissées,
Il a ses dards rompus, leurs pointes émoussées,
Et son arc sans vertu demeure dans sa main.

Ou, sans plus être Archer d’un métier incertain,
Il se laisse emporter à plus hautes pensées,
Ou ses flèches ne sont en nos cœurs adressées,
Ou bien, au lieu d’amour, nous blessent de dédain.

Ou bien, s’il fait aimer, aimer c’est autre chose
Que ce n’était jadis, et les lois qu’il propose
Sont contraires aux lois qu’il nous donnait à tous.

Car aimer et haïr, c’est maintenant le même,
Puisque pour bien aimer il faut être jaloux.
Que si l’on aime ainsi, je ne veux plus qu’on m’aime.

Honoré d’Urfé

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Poème d'Yves Broussard

Mon infini amour
ta robe aujourd’hui
m’est apparue de fête

Ce souffle qui te frôle
vient-il de moi
qui la rend transparente
à mon regard exigeant

ou bien de cet autre
entr’aperçu dans la pénombre
des souvenirs ?

Tu semblais bien lasse
quand je te pris
et te reconstituais
au plus fort de ta jeunesse

Te souviens-tu
de ce verre blanc
que nous avions brisé ?

pour le pire
et le meilleur

Yves Broussard

La Volupte est une consequence de l amour

« Une Dame tançoit sa Servante… » de Jean Auvray

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