« L’amour et la mort » de Louise-Victorine Ackermann

Amour à mort

L’amour et la mort

À M. Louis de Ronchaud

I

Regardez-les passer, ces couples éphémères !
Dans les bras l’un de l’autre enlacés un moment,
Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières,
Font le même serment :

Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent
Avec étonnement entendent prononcer,
Et qu’osent répéter des lèvres qui pâlissent
Et qui vont se glacer.

Vous qui vivez si peu, pourquoi cette promesse
Qu’un élan d’espérance arrache à votre coeur,
Vain défi qu’au néant vous jetez, dans l’ivresse
D’un instant de bonheur ?

Amants, autour de vous une voix inflexible
Crie à tout ce qui naît : « Aime et meurs ici-bas !  »
La mort est implacable et le ciel insensible ;
Vous n’échapperez pas.

Eh bien ! puisqu’il le faut, sans trouble et sans murmure,
Forts de ce même amour dont vous vous enivrez
Et perdus dans le sein de l’immense Nature,
Aimez donc, et mourez !
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« L'Amour » de Paul Éluard et d'André Breton

L’Amour

Extrait

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Lorsque la femme est sur le dos et que l’homme est couché sur elle, c’est la cédille.

Lorsque l’homme est sur le dos et que sa maîtresse est couchée sur lui, c’est le c.

Lorsque l’homme et sa maîtresse sont couchés sur le flanc et s’observent, c’est le pare-brise.

Lorsque l’homme et la femme sont couchés sur le flanc, seul le dos de la femme se laissant observer, c’est la Mare-au-Diable.

Lorsque l’homme et sa maîtresse sont couchés sur le flanc, s’observant, et qu’elle enlace de ses jambes les jambes de l’homme, la fenêtre grande ouverte, c’est l’oasis.

Lorsque l’homme et la femme sont couchés sur le dos et qu’une jambe de la femme est en travers du ventre de l’homme, c’est le miroir brisé.

Lorsque l’homme est couché sur sa maîtresse qui l’enlace de ses jambes, c’est la vigne-vierge.

Lorsque l’homme et la femme sont sur le dos, la femme sur l’homme et tête-bêche, les jambes de la femme glissées sous les bras de l’homme, c’est le sifflet du train.

Lorsque la femme est assise, les jambes étendues sur l’homme couché lui faisant face, et qu’elle prend appui sur les mains, c’est la lecture.

Lorsque la femme est assise, les genoux pliés, sur l’homme couché, lui faisant face, le buste renversé ou non, c’est l’éventail.

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